La Cité du futur de Robert Charles Wilson

Auteur : Robert Charles Wilson

Traducteur : Henri-Luc Planchat

Maison d’édition : Editions Denoël

Titre original : Last year

Obtenu le : 17 Mai 2015 (un jour avant la sortie, trop la classe)

Lu le : 25 Mai 2015

Dans le cadre de mon partenariat chéri avec les Editions Denoël. Car cette maison sait me trouver des livres que j’aime (et c’est vrai)

 

En un mot :

  • En général, si j’associe Denoël et Robert Charles Wilson, c’est que c’est de la bonne
  • Comme toujours, le côté humaniste de la SF
  • Mais qu’il est doué cet auteur !

robert_charles_wilsonPrésentation de l’éditeur : Pour cinq ans seulement, jusqu’en 1877, la cité de Futurity dresse ses immenses tours jumelles au-dessus des grandes plaines de l’Illinois. Depuis Futurity, des hommes du futur viennent visiter le XIXe siècle. Et, contre une fortune en métaux précieux, les autochtones peuvent dormir dans la tour n° 1, véritable vitrine technologique d’un incompréhensible XXIe siècle.
C’est dans cette cité, construite à partir d’un futur parallèle, que travaille, comme agent de sécurité, Jesse Cullum, un autochtone. Parce qu’il a sauvé le président Ulysse Grant d’une tentative d’assassinat, Jesse se voit proposer une promotion : assisté d’une femme du XXIe siècle, il va devoir mener l’enquête.
Mais que va-t-il réellement découvrir? Un complot pour tuer le président… ou les inavouables secrets de Futurity?

 

De la Science-fiction humaniste ?

Lorsqu’un auteur de Science-Fiction vous pond un livre, il est plus ou moins sous entendu qu’il va vous donner de la technologie à gogo, qu’il va vous expliquer le sens de la vie et que vous allez en prendre plein les mirettes. Surtout si on cause de voyage dans le temps, on a en même temps un beau tremplin sur l’effet papillon, les moments fixes dans le temps (genre qui veut assassiner Hitler ou empêcher l’assassinat de JFK), les paradoxes temporels, du coup, on peut déboucher tranquillement sur des mondes parallèles ou des uchronies. C’est le pack de base d’un auteur et on retrouve ceci dans 22/11/63 de Stephen King, les Colmateurs de Michel Jeury que j’ai chroniqué il n’y a pas très longtemps.

 

Robert Charles Wilson, ça l’ennuie ces détails. Et on peut le comprendre. C’est ennuyeux ou d’inventer une nouvelle théories que des vulgaristes scientifiques vont démolir (et puis clairement son job, c’est d’inventer une histoire et non le voyage dans le temps), ou de repêcher une ancienne théorie ce qu’on vous reprochera parce que bon. Il faut quand pas toucher aux anciennes théories toussa toussa. Ce qui l’intéresse, c’est l’aspect humain du voyage dans le temps, la rencontre avec nos ancêtres. Donc tout ce qui est aspect technique, il te l’envoie balader en trois phrase et demi en précisant bien que tous les personnages ne sont pas forcément des acharnés de technologie (par analogie, tout le monde se sert d’un micro ondes mais personne ne sait vraiment comment cela fonctionne). Ce qui nous laisse du temps pour explorer la rencontre de nos deux univers, sans non plus de paradoxe temporel puisque bon. Ce sont des mondes parallèles et cela évitera ainsi des assassinats de nos ancêtres et tout et tout.

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Alors nos ancêtres du XVIII° siècle ? Comment les considérerait-on ?

 

C’est bien là tout l’intérêt de l’histoire. Nous avons un duo de choc d’enquêteurs : un homme du passé qui a attéri  là un peu par hasard en se faisant jeter du train. Les hommes du futur l’ont soigné et il a trouvé un job qui l’amène à enquêter par la suite sur des problèmes. Nous avons aussi une nana du futur qui est une ancienne de l’armée, mère célibataire qui se bat pour nourrir sa gamine convenablement et qui fait son job. Et nous avons donc le choc des générations. Les conditions de la femme, les conditions d’hygiènes, les modes de vie, la technologie, tout y passe. Et puis la condescendance des hommes du futur qui sont là en vacances et qui font tout de même des bêtises, faisant grandement penser aux colonisateurs avec les peuples natifs.

 

Et puis, il y a ceux du XVIII° qui sont émerveillés de la technologie et de ces hommes si sages. Et puis, au fur et à mesure que l’année passée, le vernis craque et ils se rendent compte que si la technologie a progressé et les moeurs aussi, les gens du futur ne sont pas si évolués que cela. Des femmes sont encore en position d’inégalité par rapport aux hommes. La société est loin d’être une utopie. Bref, par cet exercice de style absolument magistral, l’auteur nous force à poser un regard critique sur notre société actuelle que nous avons tendance à glorifier en nous montrant que nous n’avons peut être pas si bien évolué que cela !

 

En bref, si vous n’aimez pas la Science fiction mais que vous aimez l’humanisme (et vice et versa), allez le lire. Un grand merci aux Editions Denoël parce qu’ils font un boulot de folie pour nous trouver ce genre de petites pépites à lire.

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