Carrie de Stephen King

Auteur : Stephen King

Genre : Horreur

Maison d’édition : Le livre de Poche

Nombre  de pages : 282

Obtenu quand j’étais ado

Lu et relu un nombre incalculable de fois

Dans le cadre de il n’y a aucune raison de ne pas lire un Stephen King

 

En un mot :

  • Effrayant
  • Et tellement de choses à dire
  • Heureusement que je n’ai jamais été invitée au bal de fin d’année

avt_stephen-king_2149Résumé : A dix-sept ans, solitaire, timide et pas vraiment jolie, Carrie White vit un calvaire, victime du fanatisme religieux de sa mère et des moqueries incessantes de ses camarades de classe. Sans compter ce don, cet étrange pouvoir de déplacer les objets à distance, bien qu’elle le maîtrise encore avec difficulté…
Un jour, cependant, la chance paraît lui sourire. Tommy Ross, le seul garçon qui semble la comprendre et l’aimer, l’invite au bal de printemps de l’école. Une marque d’attention qu’elle n’aurait jamais espérée, et peut-être même le signe d’un renouveau ! Loin d’être la souillonne que tous fustigent, elle resplendit et se sent renaître à la vie. Mais c’est compter sans l’aigreur et la mesquinerie des autres élèves.
Cette invitation, trop belle pour être vraie, ne cache-t-elle pas un piège plus cruel encore que les autres ?

 

Carrie, ou le roman de l’émergence de la féminité

 

Avant d’être un livre d’horreur, Carrie est avant tout un roman où une toute jeune fille découvre qu’elle devient femme, par l’arrivée de ses règles. On perd très souvent ce point de vue de ce roman et c’est vraiment dommage. Qu’est ce qu’on a ? On a Carrie, qui a seize ans n’est pas encore une femme car sa mère, brisée par la rupture avec son mari, refuse tout attrait pour le genre masculin. Ainsi, elle devient complètement fanatique (religieusement) et refuse toute féminisation de sa fille. Elle lui récite les versets de la Bible, dont beaucoup viennent de la Genèse et du premier péché.

 

Carrie grandit dans l’idée qu’être une femme, c’est mal. Et elle se rend compte qu’elle ne devient une lorsqu’elle est au lycée. Les autres filles (adolescence quand tu nous tiens) ne comprennent pas sa détresse, surtout qu’elles ont accepté leur féminité depuis belle lurette et se moquent d’elle. En sort un épisode très traumatisant pour Carrie. Heureusement, la prof de sport vient l’aider et se substitue au rôle de mère en expliquant à Carrie qu’être une femme est naturel, qu’elle ne risque rien, et surtout elle l’aide à se tourner vers les autres. Carrie prendra alors du pouvoir, et se rebellera contre sa mère dans un épisode assez horrible je dois dire.

 

Carrie ou la cruauté des adolescents en groupe.

 

Carrie est un électron libre, totalement original et ne pouvant donc en aucun cas s’intégrer aux autres. Elle en a fait son malheur et s’est habituée à être seule. Pourtant, grâce à sa prof de sport, elle va se tourner vers les autres et goûter à l’impression d’être acceptée pour ce qu’elle est et qu’elle est intégrée. Mais cette illusion n’est que temporaire. Et  le retour du bâton sera terrible. Avec ce sentiment d’abandon et de rejet collectif, de tromperie, Carrie ne va plus pouvoir contenir sa fureur et va déployer des pouvoirs destructeurs.

 

Par cette métaphore, Stephen King nous montre aussi la pression que subissent les adolescents de son époque (et même encore de maintenant, il est très facile de s’identifier à Carrie) avec leur volonté maladive de se faire accepter, leur rejet de la différence, leur maltraitance morale et surtout cet énorme paradoxe de ressembler à la foule alors qu’on est censé se construire une personnalité.

 

Pour conclure sur Carrie, car il y a encore beaucoup de choses à dire dessus. C’est que c’est un grand, un énorme livre d’horreur. Et ceux qui l’ont lu me comprendront, des scènes vous donneront la chair de poule. Mais c’est aussi un grand livre psychologique, que ce soit par le code des couleurs utilisé dans les descriptions, les actions, les dialogues. Une grande démonstration du talent de Stephen King, un roman qui restera dans les classiques du genre

 

3 commentaires sur “Carrie de Stephen King

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  1. Super article 🙂
    C’est une thématique qu’on retrouve beaucoup chez Stephen King, l’émergence de la féminité (j’ai vu qu’il avait aussi écrit sur Salem il me semble) ? Et le fanatisme religieux ? Je n’ai lu de lui que Shining, rien d’autre, et ce sont des sujets qui m’intéressent.

    Aimé par 1 personne

    1. On sent que l’auteur aime disséquer toutes les parties de l’âme humaine. L’un des plus éprouvants est aussi Marche ou Crève (sous le nom de Richard Bachman) que je te conseille vivement si tu ne l’as pas encore lu. Tu m’en diras des nouvelles

      Aimé par 1 personne

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