Rose de Tatiana de Rosnay

Auteur : Tatiana De Rosnay

Genre : Historique

Maison d’édition : Le livre de Poche

Nombre de pages : 248

Obtenu en 2012

Lu le : 11 Juin 2012

Dans le cadre vouloir relire du Tatiana

 

En un mot :

  • J’adore lire cette auteure
  • Et ce fut une belle page de lecture

 

021-tatiana-de-rosnay-c2a9-david-ignaszewski-koboyRésumé : Paris, sous le Second Empire. Des centaines de maisons sont rasées et des quartiers réduits en cendres. Alors que le vieux Paris s’effondre sous les ambitions du baron Haussmann, de nombreux Parisiens protestent sans parvenir à infléchir les ordres d’expropriation. Dans sa maison de la rue
Childebert, à l’ombre de l’église Saint-Germain-des-Prés, Rose Bazelet mène une vie paisible, rythmée par la lecture du Petit Journal, les visites à Alexandrine, sa locataire et amie fleuriste du rez-de-chaussée, les soins de Germaine et Mariette ses domestiques dévouées. Jusqu’au jour où elle reçoit une lettre de la préfecture, la sentence tombe : le tracé du boulevard St Germain passe par chez elle, rue Childebert. Liée par une promesse faite à son défunt mari, Armand, Rose ne peut envisager de quitter la demeure familiale. Déterminée à résister jusqu’à son dernier souffle, elle confie à Armand, son amour disparu, son combat quotidien. De lettres en lettres, elle replonge dans
son passé et dévoile peu à peu un secret qu’elle a gardé pendant plus de trente ans. Dans ce roman épistolaire, Tatiana de Rosnay nous entraîne au coeur d’un monde où les petits métiers, herboriste, relieur, chiffonnier fleurissaient, et dont il ne reste que les vestiges. Tandis qu’une page de l’Histoire se tourne, Rose devient le témoin d’une époque et raconte le traumatisme suscité par ces grands travaux d’embellissement. Entre introspection et rédemption, ces lettres rendent hommage au combat d’une femme seule contre tous. Dans cette ode à la capitale, les maisons regorgent de secrets et les murs sont imprégnés de souvenirs.

 

La vision de grands évènements à travers une vie anonyme

 

La particularité de ce roman épistolaire et historique, c’est que vous pouvez vous immiscer dans les évènements  historiques – la destruction par l’Empereur de certains quartiers de Paris pour procéder à son assainissement – vu par une femme totalement anonyme. Et vous verrez aussi les principales œuvres du point de vue de l’époque. Je pense notamment à Madame de Bovary lue et critiquée par l’héroïne, avec des interrogations sur le contexte de l’époque.  C’est une manière assez immersive de connaître une époque qui peut désarçonner plus d’un, mais avec quelques notions d’Histoire, vous vous en sortez très bien, et cela donne un autre point de vue sur une époque.

 

Le côté épistolaire du roman est aussi assez intéressant car il nous permet de ne pas avoir beaucoup de pauses. Certes, vous aurez des descriptions (sinon on ne comprend rien) mais on a surtout cette impression d’accessibilité, de promiscuité avec cette vieille dame qui nous écrit ses secrets jusqu’à la fin. On a cette impression de fouiller dans des cartons, de discuter avec une personne d’un autre temps, c’est une espèce de roman à lire en coin de feu de cheminée, et j’avoue que j’aime beaucoup ce style, même si je ne lis pas beaucoup dans le genre. Pourquoi ? Parce que c’est un style très difficile à doser, qui plus est, c’est souvent un style qui paraît suranné car souvent, on utilise des siècles précédents pour l’utiliser. Ainsi, je prends toujours ce style de roman avec des pincettes.

 

 

Rose, une histoire poignante et triste

 

Nous entrons donc dans la vie de cette femme. Vous dire si j’ai aimé ou pas, je ne peux vous répondre. C’est une histoire touchante, bouleversante, mais tellement triste que j’ai eu du mal à m’identifier à cette vieille dame. En effet, elle a deux enfants, dont un qui meurt de maladie (plutôt courant à l’époque). Sa fille aînée est un pur bébé de l’amour mais elle se sent de suite rejetée par elle. Par contre, son fils lui est très aimé, mais il meurt et elle voit cela comme une punition de Dieu. J’ai du mal avec ces anciennes culpabilités puisque ces questions ne se posent plus maintenant. De plus, il faut avouer qu’elle a eu une vie pas passionnante mais tout de même assez dure. A la fin du roman, je vous jure, on souhaite sa mort pour qu’elle puisse enfin trouver la paix ! Mais arrêtez de vous acharner sur cette pauvre Rose  à qui on va tout enlever ! Voyons !

 

Plaisanterie à part, ce roman se lit vite, voire très vite pour les yeux entraînés, et vous vous poserez tout de même quelques questions sur le modernisme, la politique, et quelques petits problèmes psychologiques dont je ne vous dirai rien pour ne pas vous spolier. C’est un bon poche de voyage. Et qui m’a servi en effet pour un déplacement.

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