White fragility : Why it’s so hard for white people to talk about racism

Auteur Robin Di Angelo
Saga  
Numéro de tome  
Genre Essai
Maison d’édition Editions Beacon Press
Nombre de pages 169
Obtenu le 5 Mars 2019
Lu le 30 Mai 2019
Dans le cadre de Lire une recommandation d’une amie
En un mot Une révélation
Qui peut faire du mal car dur à encaisser
Mais nécessaire (déso pas déso quoi)

Résumé : Ouvrage révolutionnaire explorant les réactions contreproductives des Blancs lorsqu’ils discutent de racisme, ce qui sert à protéger leurs positions et à maintenir l’inégalité sociale. Se référant aux mouvements défensifs que font les Blancs face aux défis raciaux, la fragilité des Blancs est caractérisée par des émotions telles que la colère, la peur et la culpabilité ainsi que par des comportements tels que l’argumentation et le silence. Ces comportements, à leur tour, ont pour fonction de rétablir l’équilibre racial selon les Blancs et d’empêcher tout dialogue transracial et significatif.

Quand une discussion avec une amie t’amène à te questionner

C’était sur Instagram et une discussion s’était lancée sur le racisme avec comme point d emire l’absence de représentaiton des minorités dans les magasines et autres supports. C’était en Janvier et je n’avais pas vraiment participé au débat non pas parce que j ene me sentais pas concernée mais c’est que j’ai toujours peur de l’ouvrir et qu’en disant une maladresse, je blesse quelqu’un. Parce que voilà, discuter de racisme avec des gens bienveillants peut t’amener à faire avancer les choses mais lorsque tu n’as pas les bonnes personnes devant toi, pour ne rien vous cacher, et bien des fois je ne suis pas sur tous les fronts et j’avais eu plétores de mauvais dialogues sur le sexisme au boulot. J’étais fatiguée et vidée moralement.

Et puis mon fils a chanté sous la douche. Je ne vous cache pas que le ciel s’est ouvert tellement il chante faux ! C’est surtout les paroles qui m’ont fait tilter. Il chantait une chanson de Black M qui disait qu’il avait du mal à se sentir français à cause du regard des autres. Je lui ai donc suggéré avec tout l’amour du monde qu’un blond aux yeux verts ne devrait pas trop avoir ce genre de problèmes et là du haut de ses 10 ans, mon adorable fils m’a dit une vérité cinglante : « Mais maman, c’est justement cela le problème ! » Et mon fils a bien raison parce que naturellement, je n’ai pas pensé à mon fils en terme de race ou d’ethnie alors que Black M si (sans aucune méchanceté et avec beaucoup de compassion, Black M, si tu passes par là) (ou toute autre personne d’ailleurs). Alors on va remettre les pendules à l’heure deux secondes pour faire le lien avec cette pépite littéraire car raconter ma vie n’est pas entièrement le but du blog : je suis blanche et j’ai parfois du mal à parler de racisme car je ne me considère pas comme blanche et c’est bien ça le problème. Parce que naturellement, je vais bien voir la couleur des autres. Et c’est quand on prend conscience de cela, ce que mon fils a fait naturellement (il est fort mon fils, je vous avais déjà dit à quel point il était beau ?) et bien on peut commencer à avancer.

Donc, quand je dis que je ne suis pas raciste, c’est faux ?

Déjà, je ne le dis pas parce que cela fait quelques années que je me rends bien compte que je suis conditionnée par les préjugés de ma race et de mon milieu social. Et c’est pas facile, croyez moi, de destructurer toutes ses réactions. Cela dit, une fois que vous commencez, c’est dur de revenir en arrière. C’est éprouvant aussi mais c’est comme lever un voile devant vos yeux. Et le plus dur, c’est comment mettre des mots dessus et c’est bien cela dont on cause : c’est la fragilité blanche dans toute sa splendeur !

Parce que, lorsqu’on regarde son propre quartier, on ne voit que des Blancs. Idem dans l’école de mes enfants. Je ne te parle pas du boulot où il y a quelques personnes noires ou asiatiques. Et on le sait car tous mes collègues m’en ont parlé. Pas de la compétence du nouveau venu mais de sa couleur. Et parfois, je me dis que je remettrai bien mes œillères parce que c’est fatiguant pour moi de voir tout cela. Voire de reprendre mes collègues, amis ou famille d’ailleurs. Mais voilà, je suis blanche et j’ai la possibilité d’appuyer sur le bouton off. Et beaucoup de personnes n’ont pas cette possibilité là . Alors j’essaie justement de ne pas utiliser ce bouton magique parce que c’est comme faire partie du bon club et de ne même pas s’en apercevoir et même si tu le fais remarquer, et bien les gens vont te manifester de l’incompréhension, voire du rejet. Ou alors t’encenser alors que je ne fais rien de formidable non plus. Et quand je vois l’immensité du boulot à accomplir, je me dis que l’auteur a bien eu du courage d’écrire ce livre.

Alors que peut on faire ?

Déjà lis ce livre si tu l’oses, j’ai envie de te dire. Peu importe ta couleur, peu importe ton milieu ou tes opinions, ce livre est là pour t’ouvrir l’esprit. Prends conscience que notre société est conditionnée par la représentation des races. Je ne dis pas ça méchamment, agressivement mais bien pacifiquement. Prendre conscience que parfois, n’importe qui avec la meilleure volonté du monde peut être raciste sans même sans rendre compte. Et j’ai envie de vous dire : dans l’absolu ce n’est pas dramatique. Ne vous flagellez pas. On vous a élevé comme ça. Reconnaissez le, c’est tout. Maintenant que vous en avez conscience et que vous avez noté les comportements et les préjugés qui sont racistes, et bien changez moi tout cela. Faites le maximum pour ne pas reproduire ce comportement. Si vous voyez un de vos petits camarades le faire, amenez le à réfléchir sur cette question. Et si déjà pour notre propre génération on arrive à semer cette graine de personnes qui se démarquent de leur conditionnement, et bien on aura déjà fait un pas énorme dans un monde plus égalitaire. Et mieux encore, on fera souffrir moins de personnes.

Je ne vais pas vous dire que lire the White Fragility était un plaisir : j’en suis ressortie comme après un combat de boxe. Ce livre m’a retournée comme une chaussette. Et je ne vous cacherai pas que je ne tremble pas d’avoir écrit cette chronique. J’ai peur d’avoir fait du mal dans mes propos. J’ai peur de me prendre des commentaires agressifs. J’ai peur d’avoir écrit sans filtre. J’ai peur de me faire juger. Mais vous savez quoi ? Ceci n’est rien par rapport à ce que ressent quelqu’un victime de racisme. Parce que j’ai pu définir ce qui clochait chez moi. La prochaine étape sera bien entendu d’avouer à mon fils qu’il chante comme une casserole mais je n’en suis encore malheureusement pas là. J’espère un jour vivre dans un monde où être blanc voudra seulement donner une indication physique sur ma couleur de peau et que ce soit pareil pour les autres couleurs. J’espère un jour que toutes les couleurs de peau ne conditionne pas l’avis des gens. J’espère être dans un monde où je sais d’avance que mes gamins risquent d’être privilégiés à un moment donné de leur vie parce qu’ils sont Blancs et c’est pas juste. J’espère que leurs copains de couleurs auront les mêmes chances qu’eux. Et ce sera déjà pas mal si un jour seulement on pourrait discuter franchement de racisme sans blesser qui que ce soit. Parce que vous pensez que je suis mal et pourquoi pas. Mais pensez y deux secondes. C’est pas moi qui souffre dans cette histoire.

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