L’étranger l’Albert Camus

Présentation de l’éditeur : Condamné à mort, Meursault. Sur une plage algérienne, il a tué un Arabe. À cause du soleil, dira-t-il, parce qu’il faisait chaud. On n’en tirera rien d’autre. Rien ne le fera plus réagir : ni l’annonce de sa condamnation, ni la mort de sa mère, ni les paroles du prêtre avant la fin. Comme si, sur cette plage, il avait soudain eu la révélation de l’universelle équivalence du tout et du rien. La conscience de n’être sur la terre qu’en sursis, d’une mort qui, quoi qu’il arrive, arrivera, sans espoir de salut. Et comment être autre chose qu’indifférent à tout après ça ? Étranger sur la terre, étranger à lui-même, Meursault le bien nommé pose les questions qui deviendront un leitmotiv dans l’œuvre de Camus. De La Peste à La Chute, mais aussi dans ses pièces et dans ses essais, celui qui allait devenir Prix Nobel de littérature en 1957 ne cessera de s’interroger sur le sens de l’existence. Sa mort violente en 1960 contribua quelque peu à rendre mythique ce maître à penser de toute une génération.

 Rien que par son style d’écriture, Albert Camus nous fait comprendre de suite le titre de son œuvre

Je vous le dis de suite, je ne suis pas du tout à la première lecture de l’Etranger. Ma première fois, j’avais 14 ans (et j’étais jeune). Je n’avais pas tout compris parce que Camus, parce que l’absurde, parce que plein de choses. Mais il y a quelques petites choses qui n’ont pas changé après plus de 15 ans de lecture de ce roman (oui, je me le refais régulièrement en plus), c’est ce style ! Tout le long de l’Etranger, il y est une chose incroyable c’est que l’auteur vous empêche littéralement par le style employé de vous attacher à Meursault, le personnage principal. Et pourtant, c’est un roman à la première personne !

Et comment peut-il faire cela ! Tout simplement, il nous trompe. Il utilise un langage populaire, simple et direct, nous montrant que nous suivons le monsieur tout le monde. On se dit de suite que nous allons nous sentir assez proche de Mersault, surtout qu’il traverse quelque chose de terrible : le décès de sa mère. Mais petit à petit, on se rend compte que l’auteur a littéralement supprimé toute émotion de son héros pour nous laisser qu’un seul sentiment : l’incertitude. L’incertitude face à ses sentiments, face à sa vie, face à sa mort. C’est littéralement une vie commune au point qu’elle n’a pas de sens pour nous.

Meursault, ou la quête échouée d’un sens à la vie.

Oui, si l’on veut réfléchir un petit peu, on se dit qu’il ne faut pas lire ce roman en pleine déprime. Et pourtant, il y en a de magnifiques descriptions là dedans. Mais revenons au sujet principal. Un homme tue un autre homme sans motif aucun. Nous suivons tous les actes qui vont être repris par la suite dans son procès : le décès de sa mère, l’enterrement de celui-ci, sa liaison avec Marie, son amitié avec un de ses voisins et l’acte en lui même. Tout du point de vue de Mersault. Ensuite, nous reprenons les différents points de son procès.

Ce que l’on reproche le plus au personnage principal, ce n’est pas tant son acte (le meurtre d’une personne pourrait à la limite être excusable, ce qui nous en dit grandement sur le prix de la vie en règle général). Ce qui nous frappe, c’est que tous les protagonistes cherchent un sens à cet acte. Et comme Mersault n’a pas la réponse, ils vont décortiquer tous ses faits et gestes depuis la mort de sa mère. Ainsi, par le jugement d’autres personnes, la vie banale d’un homme lambda devient la vie d’un monstre qui assassine à tour de bras (une personne mais selon la vindicte populaire, finalement…). Ainsi, on se rend compte qu’une personne au comportement étranger devient rejetée de la société. Si vous n’avez pas les réactions adéquates, la société vous écartera, quitte à vous tuer ensuite.

Voici très en substance ce que j’en ai retiré de cette énième lecture. Peut être que lorsque je la relirai d’ici quelques mois ou quelques années, j’en retirerai d’autres choses, d’autres sentiments. Et c’est aussi pour cela que Camus, je l’aime. Car chaque lecture reste une nouvelle découverte.

La Peste d’Albert Camus

Présentation de l’éditeur : Oran est victime de la peste. Les autorités de la ville décident de fermer ses portes pour éviter la propagation de l’épidémie. Dès lors, la population s’organise pour faire face au fléau, qui de jour en jour prend des proportions monstrueuses. Six personnages vont agir, chacun à leur manière, face à la peste. Le docteur Rieux et Tarrou vont s’investir pleinement dans l’organisation sanitaire de la ville. Rambert, un journaliste de passage à Oran, voudra d’abord quitter la ville par tous les moyens, puis pris de compassion rejoindra Rieux et Tarrou dans leur lutte. Grand, employé à la mairie, participera également à cet effort. Cottard quant à lui profitera de la détresse de la ville pour mettre sur pied un marché noir.Après près de dix mois de quarantaine, la ville d’Oran ouvre à nouveau ses portes. Rieux apprend par télégramme la mort de son épouse, Rambert retrouve la sienne, et Cottard sera arrêté par la police.

Nous sommes ici dans un véritable journal intime de la Peste

Oui, je sais, avec mon phrasé habituel, on se demande un peu ce que je voulais dire. Mais l’intention est là. Ce livre parle d’une épidémie de Peste qui s’est déroulée à Oran dans les années 40. Elle a duré quelques mois, presque un an. Au début, on pense que l’on va suivre l’année de quelques protagonistes pendant la Peste mais pas que. La maladie, ici, est personnifiée à l’extrême, par le jeu de style de l’auteur, ce qui fait qu’on a l’impression qu’elle est là, telle une présence malfaisante qui a ses réactions propres face aux réactions des habitants d’Oran et qui a un réel cycle de vie.

Ainsi, nous observerons les réactions de la maladie : lorsqu’elle s’étend, lorsqu’elle s’essouffle. On voit les différentes batailles que font les docteurs Rieux et Tarrou contre elle, mais aussi les différents stratagèmes politiques (je pense à la mairie) pour gérer ses effets. Enfin, certaines personnes vont agir « avec la Peste » et d’autres « contre la Peste ». Et pour finir, nous verrons les différents mouvements de la maladie tout d’abord au nombre de morts, mais aussi au mouvement des rats dans la ville.

Une véritable analogie avec la guerre

Camus ne s’en cache pas et d’ailleurs, tout le monde en parle, et surtout, c’est pour cela aussi qu’on lit ce roman. La maladie est la personnification de la guerre, ce qui nous est montré avec une multitude d’indices. Alors pourquoi en parler alors que tout le monde en parle ? Bien entendu, le fait de ne pas en parler dans une chronique, je me sentirai un peu… Voilà quoi. Je dois en être à ma cinquième lecture de la Peste, j’adore relire les Camus. Si je ne parle pas d’un de ses thèmes dans un livre, surtout un qui se voit gros comme une maison, et bien, je n’apprécierai pas ma chronique.

La force de cette analogie dans cette œuvre, selon moi, ce n’est pas tant les indices matériels donnés : l’année 1940, la quarantaine, le marché noir, le parcage des habitants dans certains lieux publics (rappelons que la rafle du Vel d’hiv est vraiment frais dans la mémoire de l’auteur) et le rationnement de la nourriture et des soins. C’est surtout cette véritable étude comportementale d’Albert Camus sur les gens en temps de guerre, transposée sur une épidémie de Peste.

Et bien, au bout de 5 lectures, j’en apprécie encore chaque mois et j’en reste surtout encore sous le choc. Là se trouve la force de cette auteur. Alors après, devez vous le lire ou non? J’ai envie de vous dire oui parce que c’est un de mes livres chouchous, que je tringballe depuis mon adolescence, il fait partie d’un des livres qui m’a fait aimer la littérature et les classiques. Alors, faites attention aussi que le vocabulaire a un tout petit peu vieilli. Mais en même temps, si vous lisez un classique, je me dis que vous vous y attendez aussi. Donc que vous dire à part qu’il est court et que donc, si vous ne l’aimez pas, ou vous me le posez dans un coin ou vous le finissez vite. Dans tous les cas, c’est une oeuvre incontournable à découvrir. De toute urgence.

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