La nuit des temps de René Barjavel

Présentation de l’éditeur : Dans l’immense paysage gelé, les membres des Expéditions Polaires françaises font un relevé sous-glaciaire. Un incroyable phénomène se produit : les appareils sondeurs enregistrent un signal. Il y a un émetteur sous la glace

Un bilan extrêmement lourd de l’humanité

On découvre sous la glace une autre civilisation totalement figée. Que s’est il passé ? Dans un oeuf géant en or, on trouve un homme et une femme dans un sommeil profond. Les scientifiques des Expéditions Polaires Françaises vont tout faire pour les réveiller, ce que fera la femme : Eléa. Elle nous racontera comment était son monde, il y a des millions d’années, comment sa civilisation a chuté et nous ferons le bilan de cette période antique en comparaison avec notre situation mondiale actuelle. C’est un vrai mythe de l’Atlantide glaciaire que René Barjavel s’approprie ici et avec beaucoup de délicatesse

Cette comparaison est effrayante car la civilisation d’Eléa était plus développée que la nôtre. Elle a l’air plus innocente. Deux personnes appartiennent l’une à l’autre. Il n’y  a pas de chômage, que de la prospérité, pas de famine, une harmonie bien visible. En somme, cette civilisation a trouvé la solution à tous nos problèmes sauf la guerre. En effet, il y a des guerres atomiques qui menacent le genre humain. Pour toute personne éclairée, on peut penser à notre monde politique et à la situation politique au temps de l’écriture de La nuit des temps. Et c’est surtout en cela que le bilan de René Barjavel est lourd. En effet, l’homme peut résoudre tous ses problèmes mais ne peut s’empêcher de se détruire constamment.


Au milieu de tous ces enjeux mondiaux, l’histoire la plus vieille du monde.

En effet, ce que l’on peut retenir de cette ancienne civilisation, c’est l’amour passionné entre Eléa et Palikan. Ce n’est pas un amour impossible entre deux camps rivaux comme on a l’habitude de voir, d’ailleurs, c’est un amour profond, qui dure, qui est en place depuis longtemps et qui est partagé. C’est l’amour le plus innocent. Mais au milieu, il y a la guerre et la fin du monde. Et Eléa ne peut vivre sans Palikan et Palikan ne peut vivre sans Eléa.

Cet amour sera gâché par la guerre, gâché par ceux qui ne le comprennent pas. Cette magnifique innocence sera brisée par les hommes deux fois. Et lorsque les hommes modernes se regardent au travers de l’histoire d’Eléa et de Palikan, ils ne voient que de la tristesse, du regret, un manque. On n’y voit que la perte de l’innocence de l’humanité.

Ce livre a été lu dans le cadre du Baby Challenge Science Fiction 2013

Chroniques de la fin du monde de Susan Beth Pfeiffer


Tome 1 : Au commencement

Présentation de l’éditeur : Enfin c’est le grand soir : l’astéroïde dont tout le monde parle va percuter la Lune ! Familles, voisins, amis, tous se rassemblent pour observer le phénomène. Mais les choses ne se passent pas comme prévu. L’impact a été si violent que la Lune a dévié de son orbite et s’est rapprochée de la Terre. Peu à peu tout se dérègle… L’électricité puis l’eau sont coupées et les vivres commencent à manquer. Miranda et sa famille vont devoir accepter que la vie telle qu’ils la connaissaient a disparu à jamais.

Dans la peau d’une adolescente, à la veille de la fin du monde

Ce livre vous attache dès le début, avec le titre. C’est très étrange de le tenir dans la main, car nous avons l’impression que nous allons ouvrir des récits sur la fin du monde. Et le tome 1 n’est pas en reste. Voulez vous réellement connaître le début de la fin du monde? Oui? Alors, prenez le temps de le lire. Nous sommes ici dans le journal intime de Miranda, une jeune adolescente qui a une vie bien remplie au lycée : elle a deux amies, suit des cours, adore lire – d’ailleurs, sa mère est écrivain – et elle aime le sport. Entrant dans ce journal, en ayant l’impression d’être un véritable voyeur, vous aurez le compte rendu d’une journée d’une adolescente américaine classique. Sauf qu’un astéroïde va percuter la Lune et qu’il paraît que cela va être d’enfer de regarder tout cela. Mais où sont les informations ? C’est un journal intime rappelez vous !

Aussi, vous commencez la fin du monde d’une manière totalement immersive avec ce format là, avec les informations dont dispose la personne qui écrit ce journal. Je n’ai qu’une chose à vous dire : c’est très prenant. Vous vous attachez à Miranda dès le début et vous vous dites que c’est une bonne petite, que vous aimeriez l’avoir comme enfant. Surtout, vous voyez comment elle évolue en période d’incertitude, de stress, d’urgence… Face à une vie plus dure, elle fait face à ses responsabilités. Mais attention, elle n’en est pas parfaite pour autant et garde aussi ses réactions d’adolescente. Vous verrez au travers de ce livre ses coups de cœur, ses joies, ses peines, ses peurs et c’est à travers ce panel d’émotions si riche que vous vous surprendrez à vérifier où en est votre réserve de nourriture, comment se porte vos installations.


Un récit qui vous prend aux tripes

Au travers des émotions de Miranda, au jour le jour, vous vous dites qu’elle vit le pire mais que tout ira mieux. Mais vous êtes comme elle, avec ses informations : vous ne savez pas tout. Vous n’avez plus aucun moyen de communication, vous ne savez donc pas ce que le Gouvernement peut faire pour vous. Votre cercle de connaissances se restreint au fur et à mesures. Plus question d’appeler les copines pour une soirée pyjama : il faut marcher des kilomètres pour simplement espérer faire une visite de courtoisie.

Vous vivez aussi dans l’incertitude totale. En effet, il y a des mouvements religieux et extrémistes qui se développent. Il y a des rapts de femmes. Il y a des vols. Vous vous surprendrez à regarder votre voisin différemment en temps de survie, surtout lorsqu’il peut vous braquer et que vous n’avez aucune idée des réserves de nourriture à votre disposition.

En somme, ce premier tome pose un bilan très lourd sur les Hommes, sans omettre, bien entendu les belles choses comme la solidarité, la débrouillardise, le dépassement de soi, le sacrifice pour la famille.

En somme, c’est un coup de cœur pour ce roman jeunesse. Il est juste parfait !

Ce livre a été lu dans le cadre du Baby Challenge Science Fiction 2013

Delirium de Lauren Olivier

Tome 1 

Présentation de l’éditeur : Lena vit dans un monde où l’amour est considéré comme le plus grand des maux. Un monde où tous les adultes de 18 ans subissent une opération du cerveau pour en être guéris. A quelques mois de subir à son tour « la Procédure », Lena fait une rencontre inattendue… Peu à peu elle découvre l’amour et comprend, comme sa mère avant elle, qu’il n’y a pas de plus grande liberté que laisser parler ses sentiments. Même si cela implique de quitter ses certitudes… « Ils prétendent qu’en guérissant de l’amour nous serons heureux et à l’abri du danger éternellement. Je les ai toujours crus. Jusqu’à maintenant. Maintenant, tout a changé. Maintenant, je préférerais être contaminée par l’amour ne serait-ce qu’une seconde plutôt que vivre un siècle étouffée par ce mensonge. »

Lena, un personnage plus complexe qu’on ne le croit.

Lena est en quelques sortes une fille hors normes pour sa famille. En effet, sa mère était malade : elle était atteinte du Deliria, cette maladie qu’ont tous ces gens qui aiment, qui ressentent. Pour la soigner, il y a la Procédure qui permet d’annihiler ces émotions. Lena sent bien que tout le monde l’observe car si sa mère a eu le Deliria, elle aussi pourrait l’avoir. Elle attends la Procédure avec impatience, afin de se fondre dans la foule. Les conséquences de cet environnement familial sont très importantes car Lena a toujours eu l’impression d’être différente, malade, voire handicapée. Elle tente d’avoir constamment le contrôle de soi, et je ne sais pas vous, mais moi je trouve que c’est un exercice épuisant d’avoir continuellement un masque. Enfin, on a l’impression d’être en temps de guerre, car elle a toujours l’impression d’être espionnée, épiée.

Lena, c’est aussi la métaphore de l’adolescente. Sans personnalité apparente car elle est totalement conditionnée par l’éducation qu’elle a reçue de sa famille, ici son oncle et sa tante. Elle ne connaît que l’amour filial, ou du moins une forme apparente, et découvre le premier amour. Elle va aussi développer son jardin secret et va se rebeller. Ainsi, Lena va prendre conscience des injustices de la société dans laquelle elle vit, elle va ainsi braver des interdits, faire des choix pour son avenir et ainsi prendre ses premières grandes décision. Enfin, elle va découvrir qu’on lui a caché des choses, qu’il y a des secrets et elle va partir en quête de vérité. Le point majeur dans ce livre et la qualité de Lauren Olivier c’est que Lena n’est pas non plus une caricature d’adolescente : en effet, elle n’est pas futile à l’extrême et se pose sommes toutes des questions d’adulte.



La Société dans Délirium : une récurrence dans les dystopies du moment

La tendance est nettement là depuis quelques années. Souvenez vous, lecteurs de livres Young Adult : Sentiment 27, Birth Marked, Divergent, Spark, Glitch… Tous ces livres parlent d’une société complètement aseptisée et où le remède universel serait de transformer les gens en une espèce de robot : des personnes sans personnalité, sans passion… Evidemment, nous nous rendons compte que ce n’est pas la bonne solution et l’émergence d’une personnalité forte va bouleverser l’ordre établi et permettre aux gens de développer leurs propres dons.

Est ce une allusion à notre société de plus en plus consumériste ? De plus en plus normative ? De nos jours, si nous ne sommes pas dans la norme, nous sommes exclus. Et plus encore pour des adolescents qui subissent ces clivages à l’extrême dans leur lycée, parfois même dans leur FAC. J’ai subi cela moi aussi et je pense sincèrement que ce type de roman peut aider ces adultes en devenir non seulement à réfléchir sur leur avenir, sur l’avenir du monde, mais aussi sur ce qu’ils subissent.

Aussi, voilà mon bilan de Delirium : nous avons là une adolescente qui se rapproche le plus de la réalité. Et cette Ado, Lena, vit des choses, des dilemmes qui permettent une identification très aisée du lecteur. Ainsi, celui-ci peut prendre conscience de beaucoup d’évènements, de beaucoup de phénomènes qui régissent sa vie propre, sa société, son avenir. Ce sont des romans comme ceci qu’il faut offrir, qu’il faut faire lire. Ajoutez cela un style admirablement fluide, une gestion des évènements que possède Lauren Olivier, donnant à ce roman un je ne sais quoi de prenant, un je ne sais quoi de palpitant.

Ce livre a été lu dans le cadre du Baby Challenge Science Fiction 2013
Mais aussi dans le cadre du Challenge New Pal 2013 organisé par Yukarie

Tome 1.5 : Hana

Présentation de l’éditeur : Hana vit dans un monde où l’amour est considéré comme la pire des maladies. Un monde où un Protocole a été mis au point pour immuniser les jeunes contre le delirium. Alors que la date de son opération approche, Hana regrette l’absence de sa meilleure amie Lena. Elles sont devenues si différentes ! La très docile Lena refuse d’assister à des concerts clandestins, ta
ndis que Hana ne manque pas une occasion d’expérimenter l’interdit.
Pour elle, ce dernier été de sa vie d’avant devient synonyme de musique effrénée, de danse, et même d’amour.

Le personnage d’Hana, un catalyseur ?

Sans aucun doute !  SI on considère Lena comme l’actrice majeure de l’action du premier opus de Delirium, la nouvelle d’Hana permet de se rendre compte à quel point cette jeune fille va prendre de l’importance dans le premier opus, tout en descendant du pied d’estal où la laissée Lena. En effet, Lena idolâtre Hana dans le sens où pour elle c’est une espèce de modèle à devenir.
En effet, Lena considère Hana comme une rebelle, une fille bien dans sa peau. C’est un soleil pour la jeune fille alors qu’elle se met tellement de barrières qu’elle ne soupçonne pas les ressources qu’elle détient. Hana servira ainsi de support pour Lena, pour se dépasser dans un second temps.

Hana et Lena, deux amies qui ne se comprennent plus.

Hana sait très bien que c’est la meneuse du groupe mais elle ne comprend pas pourquoi Lena reste autant sur la défensive. De part le passé de ses parents, Lena reste très secrète. Hana, elle, va vouloir explorer des sentiments et désirera les partager avec sa meilleure amie, qui refuse. S’engage alors une grande incompréhension entre elles.
Hana vit son adolescence comme elle peut, à la découverte de sensations fortes, à la recherche d’interdits à braver sans aucune conscience du danger qui l’entoure. Comme toute adolescente, elle pense qu’elle est seule à vivre ces choses-là. Hana reste en fin de compte très égoïste et très puérile car à la différence de Lena, elle reste très tournée sur elle même, avec une absence d’empathie. Et lorsqu’elle trouve quelqu’un qui ne correspond pas à son schéma, elle l’écarte.
Une vision très différente de la personnalité de Hana, de ce que je m’étais imaginé à la lecture du tome 1. Une nouvelle qui enrichit vraiment la compréhension du premier opus.

Le Cycle Fondation d’Isaac Asimov

Tome 1 : Fondation

Présentation de l’éditeur : En ce début de treizième millénaire, l’Empire n’a jamais été aussi puissant, aussi étendu à travers toute la galaxie. C’est dans sa capitale, Trantor, que l’éminent savant Hari Seldon invente la psychohistoire, une science nouvelle permettant de prédire l’avenir. Grâce à elle, Seldon prévoit l’effondrement de l’Empire d’ici trois siècles, suivi d’une ère de ténèbres de trente mille ans. Réduire cette période à mille ans est peut-être possible, à condition de mener à terme son projet : la Fondation, chargée de rassembler toutes les connaissances humaines. Une entreprise visionnaire qui rencontre de nombreux et puissants détracteurs…

Fondation n’est pas l’histoire des hommes mais d’une civilisation

Fondation est un roman de science fiction qui va traiter d’une civilisation plutôt que sur des personnages, et c’est ce qui fait son originalité première. En effet, vous suivrez une galerie de différents personnages historiques mais selon différentes périodes clés appelées les Crise Seldon. Mais reprenons dans l’ordre. Le personnage principal est donc la Fondation.  Hari Seldon a fait des prédictions et toute une communauté de scientifiques vont se faire exiler dans une planète appelée Terminus. Et sur cette planète, ainsi que dans toute la galaxie, nous suivrons les différents moments historiques.

Ces prédictions seront effectuées à partir d’une science appelée la psychohistoire qui est la science de prévoir l’histoire à partir de la psychologie humaine et des phénomènes sociaux en appliquant une analyse statistique à l’image de la termodynamique. Ainsi, Isaac Asimov prend le postulat que toutes les civilisations prennent des directions prévisibles, et ce peu important si cette civilisation possède des hommes au personnages si forts qu’ils peuvent changer le monde.

Vous aurez dans ce tome tous les mécanismes d’évolution des civilisations, chaque passage étant ponctué d’une crise Seldon. Le plus amusant, en dehors des sauts de puce dans le temps, c’est de repérer ces hommes forts que nous donne l’auteur et de voir que quoiqu’ils fassent, on arrive au résultat d’Hari Seldon, quasiment à la date prêt. D’où la question principale : sommes nous prédestinés ? Le monde est il voué à subir toujours les mêmes erreurs ?

Dans ce premier tome, nous suivrons 5 périodes

Tout d’abord, nous commençons avec les psychohistoriens. Gral Dornick arrive dans l’équipe de Hari Seldon. Celui ci fait sa prédiction et il se fait juger, condamnant son équipe à l’exil sur Terminus, ce qu’il avait prévu, bien évidemment. On instaure la Fondation pour regrouper les connaissances de l’humanité afin de limiter au mieux les conséquences des futurs troubles.

Nous poursuivons avec les encyclopédistes qui après avoir récolté le savoir des psychohistoriens vont publier des encyclopédies pour diffuser ce savoir. Nous en sommes au premier tome. Des royaumes commencent à s’y intéresser. Un hologramme de Salvor Hardin, un maire, intervient pour garder l’indépendance de Terminus. Seldon apparaît sous la forme d’un hologramme et leur annonce que non seulement l’encyclopédie est un canular, que le but de la Fondation est autre et que enfin, il continuera d’apparaître à chaque crise.

Vient l’aire des maires avec Salvor Hardin, plus vieux, qui garantit l’indépendance de Terminus grâce à l’énergie nucléaire. Pour protéger cette source d’énergie, on l’entoure de mysticisme et on crée une religion, afin de protéger le savoir.

Avec les Marchands, on commence à avoir une vente des articles de Terminus. L’énergie atomique et la religion provoquent l’ascendance de Fondation et de Terminus sur les autres royaumes.

La religion nous donnera donc les princes marchands. Hober Mallow se prend dans un complot organisé par le mouvement religieux. Le commerce se sépare de la religion et deviendra le symbole de l’expansion.

En bref : une saga qui pourrait être ennuyeuse si on n’avait pas la plume d’Isaac Asimov. Nous avons l’impression de suivre notre histoire future, nous demandant sans arrêt quand surviendra la prochaine crise Seldon, s’il arrivera à tout prédire. Une saga vraiment addictive que je continuerai avec plaisir

Ce livre a été lu dans le cadre du Baby Challenge Science Fiction 2013
Tome 2 : Fondation et Empire
Présentation de l’éditeur : Tandis que les crises qui secouent l’Empire redoublent de violence et annoncent son effondrement définitif, la Fondation créée par le psychohistorien Hari Seldon pour sauvegarder la civilisation devient de plus en plus puissante, suscitant naturellement convoitise et visées annexionnistes. En tout premier lieu, celles de Bel Riose, jeune général qui voit dans les secrets détenus par la Fondation le moyen de monter sur le trône. C’est alors qu’apparaît un mystérieux et invincible conquérant, surnommé le Mulet, que le plan de Seldon n’avait pas prévu…
Cette fois ci, la Fondation se mesure à l’Empire.
L’univers s’est bien entendu encore développé depuis l’inventi
on des solutions de Sheldon. Nous avons un Empire qui menace d’envahir l’espace entier. Et pour cela, Isaac Asimov nous compte cela en deux périodes. Tout d’abord, la période d’un aventurier, militaire de l’Empire, qui découvre la Fondation un peu par hasard et bien entendu, veut que l’Empereur l’envahisse (pour la fortune et la gloire bien entendu). Or, à Fondation, ils sont très confiants vu que les crises Sheldon montrent qu’envers et contre tout, Fondation gagne. Mais c’était sans compter la seconde période qui voit l’émergence du Mulet, une espèce de mutant qui peut influencer le psychique des gens.
Or, celui là va émousser la trop grande confiance en soit de la Fondation, la première, celle qu’on voit tout le temps. La résistance s’organise mais tout le monde passe régulièrement à l’ennemi sans comprendre pourquoi. Et c’est ce qui désarme tout le monde car l’apparition de Sheldon donne, certes une réponse, mais pas vraiment celle attendue.
Alors la question est : Le plan Sheldon fonctionne-t-il ?
Les membres de Fondation ont une confiance aveugle dans le plan Sheldon. En effet, dès qu’une crise apparaît, un hologramme explique tout et la Fondation sort victorieuse, quoiqu’il arrive. Aussi, les gens sont plutôt détendus à l’approche du Mulet. Comme ils étaient détendus lors de l’approche de l’Empereur. Jamais ils ne se doutent que leur toute puissance. Et Sheldon l’avait compris et l’avait intégré dans ses calculs. Aussi, rien dans la réponse qu’il a donné ne correspond à la situation actuelle pour la Fondation.
Privée de la confiance en son mentor, elle s’effondre littéralement, comme un château de cartes, et Asimov a le génie de nous décrire tout cela admirablement. Les rouages de sa science inventée pour l’occasion de cette saga sont merveilleusement bien huilés.
C’est pour cela que je vous dis à bientôt à la recherche de  Fondation

Birth Marked de Caragh M. O’Brian

Tome 1 : Rebelle

Présentation de l’éditeur : Ceux qui portent la marque sont la clé de l’avenir. Dans le monde de Gaia, il y a les privilégiés, qui habitent derrière le mur de l’Enclave, et ceux, comme elle, qui vivent à l’extérieur. Tous les mois, la jeune fille aide sa mère, sage-femme, à donner à l’Enclave trois nouveau-nés. Mais, un soir, les parents de Gaia sont brutalement arrêtés et conduits derrière le mur. A peine ont-ils le temps de lui confier un mystérieux ruban sur lequel est brodé un étrange code…

Un roman jeunesse qui coule de source

L’écriture de l’auteure est d’une fluidité impressionnante. J’ai mangé ce livre en deux soirées. Et si ce n’est la fatigue du moment, je l’aurai fini en une. L’histoire est très simple. Nous suivons Gaïa qui accouche son premier bébé. Elle est l’apprentie de sa mère et fait pour la première fois l’accouchement toute seule. La première surprise vient : elle prend le bébé à sa mère et va le porter à des soldats qui amène le rejeton dans l’Enclave, une espèce de ville dans la ville où vivent les personnes les plus favorisées.

Intéressant, me dis-je. Une espèce de don forcé. Cela présage une intrigue un peu plus compliquée que d’habitude. Ce ne fut pas le cas, car le style de l’auteure est tellement fluide, et le roman étant jeunesse, tout est vraiment venu à moi d’une facilité incroyable. Ne croyez surtout pas que j’en fais un défaut du livre, au contraire. Je sors de deux grosses sagas bien compliquées, aussi je n’avais plus cette facilité et je dois dire que cela m’a fait de belles vacances livresques !

Un univers bien construit et des personnages intéressants

Me concentrant sur le fait que ce soit un univers jeunesse, je poursuis ma lecture. Et je souffle d’aise car je vois qu’il n’y a pas de Triangle amoureux ! Enfin ! Enfin on ne tombe pas sur une saga où la donzelle hésite entre un riche et un pauvre (je caricature mais on voit beaucoup ce genre de choses ces derniers temps, avouez). La quête de la jeune fille est simple : retrouver ses parents qui sont enfermés on ne sait pas pourquoi au début. Elle croit au système de l’Enclave mais découvre petit à petit que cela n’est pas aussi joli joli qu’on pourrait le croire.

Gaïa prend conscience de l’ampleur de l’implication de ses parents, notamment dans une espèce d’énigme médical (je vous laisse là pour l’intrigue car il vous faudra découvrir la saga pour tout savoir). Elle avance petit à petit en découvrant ses alliés, en évoluant parmi ses ennemis pour découvrir le fin fond de l’histoire et surtout découvrir ce qui va l’animer pour les prochains tomes.

Sommes toutes, une saga classique mais vraiment agréable à lire

Oui, nous n’innovons pas des masses dans le cheminement de l’action. Mais la description des lieux est telle, les réactions des personnages sont assez simples, mais pas trop nunuches quand même (merci à Caragh M. O’Brian de ne pas prendre les adolescents pour tes bêtas, cela fait franchement du bien). Tout ceci, pour dire que même si pour l’instant je ne suis pas très Young Adult, l’auteure m’a fait passer un excellent moment de détente, voire de surprise car j’avoue que j’avais complètement oublié que c’était du jeunesse.

Je pense poursuivre la saga quand j’aurai besoin de me poser gentiment, d’évoluer dans un monde où l’aventure ne se résume pas à avoir des bleus au cerveau à la fin (même si j’avoue adorer cela). Une saga à suivre, un auteur à lire, un bon moment de détente, même s’il n’y a pas eu de véritable coup de cœur de ma part. Que demander de plus en prélude des vacances ?

Ce livre a été lu dans le cadre du Baby Challenge Science Fiction 2013

Le Cycle d’Ender d’Orson Scott Card

Tome 1 : Stratégie Ender

Présentation de l’éditeur : Il y a cinquante ans, la flotte terrienne a réussi à repousser l’attaque des doryphores… Aujourd’hui pourtant, une nouvelle invasion menace. Un programme militaire pour la formation des futurs commandants de la flotte est en cours, mais le temps est compté. Parmi les élèves-officiers — tous des surdoués —, Andrew Wiggin, dit Ender, focalise toutes les attentions. Appelé à devenir un puissant Stratège, il est le jouet des manipulations de ses supérieurs depuis sa naissance… et cela le dépasse. Car c’est entre ses mains que repose le sort de l’humanité. Et Ender n’a que six ans.

Un roman s’inspirant de nos erreurs passées

Lorsque j’ai regardé la situation géo politique de chez Stratégie Ender, les idéologies développées, la manière dont c’est traité et l’année de publication du livre, tout n’a soufflé en moi que : Guerre Froide, idéologie aryenne, entre deux Guerres, Japon, politique d’expansion… Cela vous fait froid dans le dos ? Moi aussi. Et pourtant, au milieu de tout cela, il y a des enfants en stratège. Au milieu de tout cela, il y a Ender, l’intelligence pure mêlée à l’innocence. Car pour lui, c’est un jeu. Juste un jeu vidéo où il doit gagner, où il doit manipuler des pions pour obtenir le droit de passer une porte.

Mais en fin de compte ? La stratégie, c’est cela. Lorsque nous jouons aux échecs ou aux dames, ou aux batailles navales. On fait tous cela. Le meilleur moyen de gagner, c’est de tester de nouvelles choses, de s’amuser, de bâtir un plan de bataille. Orson Scott Card a tenté de nous démontrer qu’entre de mauvaises ou de bonnes mains, le génie peut prendre une tournure salutaire ou effrayante. Mais enfin de compte, n’est-ce pas une question de point de vue ? Surtout en cas de guerre ? Qui sont les bons, et qui sont les méchants ? C’est à cette réflexion que nous tend l’auteur.

L’innocence est sans cesse pervertie par le monde d’adultes.

Quand je vois tout au long du livre tout ce qu’on fait subir à un enfant pour le bien commun… Cela me fait sortir les yeux de la tête ! Qu’est on prêt à faire pour le bien commun? Mais est-ce un bien, enfin de compte ?  Comment peut on manipuler l’esprit humain, et les relations qu’ont les personnes entre elles? Nous nous rendons compte dans ce tome à quel point la génération future est manipulée par les adultes, ou par le gouvernement. Et l’image du Big Brother pointe le bout de son nez à chaque page.

Ender, est loin d’être le héros parfait. Il est cerné par ses doutes et par ses peurs. On voit sa force de caractère, son génie poindre le bout de son nez à chaque action des adultes. Il sait qu’il est manipulé, même s’il ne sait pas à quel point, et il va tenter de jouer le jeu pour ne pas se faire détruire. Il se rend compte qu’il est obligé de jouer le jeu des adultes pour survivre. Et c’est cette réalité qui le bouffe littéralement, le poussant dans ses retranchements. Et quelque part, il arrive à garder intact une part de son intégrité. Certes, les humains gagneront peut être la bataille, ou la guerre. Mais c’est aussi Ender qui gagne, car il arrivera à dominer ses tortionnaires.

En bref, c’est un roman dur, qui rend totalement addictif. Car on se prend au jeu, jusqu’à se rendre compte à quel point il va. Et là, c’est l’horreur de la situation. C’est de se rendre compte jusqu’où on peut aller pour le jeu. C’est de se rendre compte de ce que l’on a fait à Ender. Va-t-il s’en sortir ? Telle est la question.

Ce livre a été lu dans le cadre du Baby Challenge Science Fiction
Mais aussi dans le cadre du Challenge New Pal 2013 organisé par Yukie

Tome 2 : La voix des morts


Présentation de l’éditeur : Trois mille ans se sont écoulés depuis l’extermination des Doryphores, et les hommes se croient désormais seuls dans l’univers. Or, sur la planète Lusitania, on découvre l’existence des Piggies, bipèdes mi-hommes mi-cochons doués d’intelligence.
Des scientifiques sont détachés pour les étudier mais, sans mobile apparent, ils sont assassinés.
L’humanité s’interroge: doit-on s’inquiéter de cette nouvelle menace, et la détruire ?
Afin de rendre hommage aux victimes, on convoque un porte-parole des morts.
Mais voilà, dans ses bagages se trouve un cocon où vit la dernière reine des Doryphores.
Car cette homme n’est autre qu’Ender, le Xenocide…

Un tome sur le devoir de mémoire…
Nous retrouvons avec surprise Ender quelques trois mille ans plus tard après les événements du premier tome. L’humanité a fait un bon en avant tout d’abord parce que le Guerre contre les doryphores l’exigeaient mais ensuite parce que les humains ont hérité de la technologie de leurs anciens ennemis. Et pour se cautionner de tout cela, ils ont démonifié l’image d’Ender, le transformant en seul responsable, en l’appelant le xénocide, celui qui a détruit toute une espèce.
A ma grande surprise, celui ci ne s’est pas défendu. Il a repris l’anonymat, a écrit un ouvrage philosophique appelé la Reine et l’Hégémon, permettant à l’humanité de comprendre ces peuples qu’on ne connâit pas et enfin d’éviter la guerre. Ainsi, avec ces données, les catastrophes pourraient être évitées. Mais Ender va plus loin : il invente une vocation appelée le Porte parole des morts. Cela consiste, lorsqu’une personne meurt, de faire le bilan de sa vie et de la raconter aux autres. Pour faire le deuil, pour ne pas oublier…
Evidemment, personne n’a pris la Parole sur la vie d’Ender. Sa sœur a refait sa vie dernièrement. Aussi s’est-il fabriqué une amie virtuelle, une intelligence artificielle qui va lui permettre d’avoir un témoin impartial sur ce qu’il fait, et d’avoir une approche différente des morts.
Pour se souvenir, il faut se tourner vers l’avenir et sur la confiance.
Ainsi donc, le thème principal est le deuil, et sur deux plans différents. La première est la mort d’une personne sur laquelle Ender devra parler. La mort de cette personne suscite énormément de questions aussi est-il obligé de fouiner pour dire ce qui s’est passé devant sa communauté. On se rend compte que Porte parole ne consiste pas à rendre hommage de manière classique, cela consiste à dire la vérité nue avec le bon comme le mauvais. Cela m’a d’ailleurs effrayée mais je me suis rendue compte que la vérité impartiale, plutôt que de blesser, libérait certains secrets et permettaient aux proches de faire leur deuil et d’avancer vers l’avenir.
Orson Scott Card ne s’sst pas arrêté là car il pose la même question pour les doryphores. A-t-on vraiment dit la vérité toute nue sur leur extermination ? Ou avons nous tout simplement fait un récit modifié pour épargner le plus grand nombre ? Et bien, la méthode Ender aurait peut être mieux fonctionné lorsqu’on prend exemple des Piggies, nouveau peuple dont les mœurs à apparence sanguinaire pourraient nous faire croire qu’ils sont hostiles.
Ender va enquêter en profondeur sur ce sujet là aussi. Et qui écouterons nous ? Notre peur de l’inconnu ? Ou accepter la différence d’un peuple et prenant l’exemple des doryphores, accepter cette différence et  et évoluer? On vous en dira plus sur les prochains tomes.
Juste un dernier mot sur l’inspiration de ce roman. Il fait beaucoup écho, selon mois, aux Guerres Mondiales et à la perception que nous avons eu des troupes anciennement ennemies après la fin des hostilités. Ce roman, quelque part, nous permet de voir dans quel état d’esprit on se trouvait juste après la Seconde Guerre Mondiale.
Tome 3 : Xénocide

Présentation de l’éditeur : Lusitania… enfin un havre de paix pour les doryphores ? Pour Ender ? E le croyait. Hélas ! rien ne se passe comme prévu.
Les Lusitaniens ont déjà du mal à accepter les piggies, ces drôles de petits cochons intelligents mais si différents d’eux. Et ils ne savent pas le pire le virus de la descolada, mortel pour les humains, est indispensable au cycle génétique des piggies. Ils ne peuvent donc pas le détruire, sous peine d’exterminer la race. Dilemme crucial pour les biologistes, car la descolada mute au fur et à mesure qu’ils découvrent de nouveaux traitements.
Mais un danger plus imminent menace la planète le Congrès Stellaire lui a envoyé une flotte équipée du « Petit Docteur », un désintégrateur capable de la réduire en poussière. Un nouveau xénocide ? Pas sûr, car Ender a encore quelques cartes dans sa manche…

Bon ! Me suis faite encore retournée !

Je pensais qu’on avait épuisé les thèmes de réflexion dans ce troisième opus, qu’on allait avoir juste un bon livre de SF d’action et puis basta. Malheureuse ! Franchement ! Il y a encore eu plus de thèmes développés et franchement, ma lecture fut plus lente parce qu’à chaque chapitre, je me suis mise à cogiter sur tout ce qui a été développé ici.

Tout d’abord, parlons de spiritualité. Orson Scott card va nous parler ici de prophètes, de dieux, de génétique et de TOC. Et en associant tout cela. Autrement dit : que se passe-t-il si un gouvernement insérait dans le code génétique d’un peuple des TOC pour leur faire croire que leur comportement un peu bizarre vienne d’ordres de dieux tout cela pour contrôler leur intelligence supérieure et les asservir comme ils peuvent. Bah voilà ! Ca c’est un seul des thèmes développé dans ce livre.

Autre réflexion, imaginez qu’un virus soit intelligent. Si on veut l’éradiquer, faisons nous de la médecine ou détruisons nous une civilisation ? Et bien là, j’en suis restée comme deux ronds de flanc ! Comment une personne sensée peut elle être amenée à avoir ce genre de questions ? Non mais je me doute qu’il faut se pencher ce genre de questions éthiques mais imaginez si on regarde un virus comme le HIV ? Qui s’adapte, qui tue de plus en plus de monde ? Ce virus est il intelligent par exemple ? Doit on dialoguer avec lui alors qu’il y a des millions de morts ? Je ne sais pas. Mais je n’avais jamais eu ces angles de réflexions. Et je serai curieuse de voir un scientifique se les poser.

Au milieu de tout cela, une réflexion sur l’humain encore et toujours.

On se concentre beaucoup sur Jane et sur Ender. Jane étant une entité informatique. Mais est elle plus que cela ? Car elle ressent des choses, on ne peut pas la débrancher ? Quelle est son origine réelle ? Pourquoi doit elle être toujours reliée à Ender ? De même, pourquoi les Doryphores ont ils réussi à communiquer avec Ender ? Et pourquoi le font ils toujours d’ailleurs ?

Enfin, autre chose, que représente Ender ? Comment est il réellement ? C’est vrai qu’il est tellement vieux, tellement universel en fin de compte qu’on a du mal à le voir en tant qu’homme fragile. Comment pourrait être son esprit ?

Voilà un tome qui a encore suscité plus de questions que de réponses. Mais cela promet un dernier tome réellement passionnant. 

Tome 4 : Les enfants de l’esprit

Présentation de l’éditeur : Les Pequeninos, la reine et les humains de Lusitania sont menacés par l’arrivée de la flotte stellaire qui compte utiliser le  » Petit Docteur « , un désintégrateur moléculaire, pour préserver la race humaine du terrible virus de la Descolada. Seule Jane, l’intelligence artificielle alliée d’Ender, est capable de les sauver, mais son action est menacée par le congrès stellaire.
Quant à Ender lui-même, il doit maintenir toute son attention pour que les enfants nés de son esprit – Peter et Val – puissent mener à bien leurs quêtes respectives : la recherche d’un puissant leader d’opinion susceptible d’influer sur la décision du congrès, et l’exploration de planètes colonisables pour préparer l’exode…

Une tome basé sur la vie et la mort…..

Comme vous l’avez deviné avec la présentation de l’éditeur, Lusitania est grandement menacée par le Petit Docteur, cette machine qui avait détruit la planète des Doryphores. Pourquoi sont- ils menacés ? Tout simplement à cause d’un virus nommé la Descolada. Plutôt que de trouver le moyen d’éradiquer le virus ou de trouver un traitement, ou tout simplement de comprendre comment ce virus a été implanté, les dirigeants interplanétaires se sont dit que de virer la planète et ses populations, ce serait plus sympa. Ces mêmes personnes avaient, bien entendu, fustigé Ender lorsqu’on l’a amené à faire le Xénocide contre les doryphores. Comme vous pouvez le voir, cela annonçait déjà l’ambiance du tome précédent. Autant vous dire que pour Les enfants de l’esprit, cela plombe carrément l’ambiance.

Car en plus de tout cela, ces fameux dirigeants ont coupé les ansibles qui maintiennent en vie Jane, l’entité informatique, alors qu’elle est âgée de milliers d’années et qu’elle pourrait être considérée non pas comme réelle personne mais au moins comme personnalité indépendante.

Enfin, d’un autre côté, on suit aussi les enfants nés de l’esprit de Ender : Val et Peter, qui ne sont pas tout à fait vivants car ils sont des morceaux de la personnalité d’Ender. Or, celui ci est en train de mourir, fatigué qu’il est de sa culpabilité de près de 3000 ans (on comprend sa lassitude).

Vous voyez où je veux en venir. La mort est omniprésente dans ce tome, avec la réflexion de l’hérédité, de ce qu’on laisse aux générations futures. Perdure-t-on réellement à travers cet héritage ou notre mort signifie-t-elle la fin de tout ? C’est en cela que ce tome est réellement intéressant car il démontre l’agressivité innée de la race humaine, qui la pousse à détruire les choses au lieu de les comprendre. Et on peut bien évidemment appliquer ceci à notre histoire actuelle lorsqu’on voit des religions ou des idées différentes de la nôtre. Orson Scott Card nous fait cette disgression formidable qui nous pousse à jeter un regard beaucoup plus global sur notre histoire personnelle.

Un tome qui clotûre bien cette saga, en fin de compte.

Oui car tout n’est pas noir dans ce tome. On montre aussi les différentes intéractions entre les familles, entre les espèces. On se rend compte parfois même avec amusement qu’il est plus facile d’établir des relations entre espèces qu’entre membres d’une même famille. Et j’avoue que c’est une partie qui m’a autant amusée que fait réfléchir.

Ce tome montre enfin les différentes connexions entre tout le monde. Comment on peut s’influencer, que ce soit moralement, religieusement, politiquement. Et c’est ce qui fait totalement le charme de cette saga, c’est qu’elle traite de sujets graves, certes, mais elle touche à tout. On peut réellement dire que ces quatre livres peut vous accompagner tout au long de votre vie car elle décortique entièrement tout type de relations que vous pourrez avoir.

En bref : Un énorme coup de coeur. C’est une saga qui me marquera à vie, je pense. Et c’est tant mieux. 🙂 

Une aventure d’Alexia Tarabotti, le protectorat de l’ombrelle de Cail Carriger

Tome 1 : Sans âme

Présentation de l’éditeur : Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ?

Un excellent moment passé dans ce thriller fantastique ?

Oui, je lâche le morceau de suite sur l’histoire. J’ai adoré ! Et les ingrédients sont là. Les loups garous sont à l’honneur, mais les vampires aussi. Il y a quelques fantômes encore absents. Il y a une reine que j’aime beaucoup (la Reine Victoria). Il y a une ambiance So British. Et des personnages tout de même assez fouillés. Tous les ingrédients sont là pour me faire passer un bon moment, pour me donner un coup à mon petit cœur qui devient guimauve grâce aux copines de la blogo.

Et le coup de coeur fut là. Je vous parlerai de l’héroïne bien plus tard, car Alexia mérite un chapitre à elle toute seule. Mais en ce qui concerne l’histoire, je trouve que c’est très bien fait. Les êtres fantastiques ont été intégrés dans la société londonienne sans problème et l’on sait que leur particularité lupines ou vampiriques sont le fait d’un trop plein d’âme (et d’une transformation bien entendu). Face à cela, pour les maîtriser, une absence d’âme : l’être paranaturel, que vous pouvez appeler Alexia bien entendu. La logique est là (oui ok, faut pas fouille non plus dans le grand scientifique mais la mythologique se tient) et oui, on va chercher dans ce tome la partie scientifique car il existe des mystères à élucider, et pour le découvrir, vous allez devoir lire mes petits bouchons ! En attendant, je vais vous parler du personnage principal !


Le centre de tout, dans ce monde-ci, Alexia Tarabotti

Oui, le coup de foudre vient de là. Et c’est en apprenant à la connaître que j’ai appris à l’apprécier pour ce qu’elle est : un personnage bien plus complexe qu’on ne le croit. Alors, analysons la bête ! Nous avons ici une vieille fille de 25 ans, qui pense qu’elle ne se mariera jamais (et pour cause, sa famille le lui répète constamment). Mais elle en prend son parti ! Elle est contre les canons de beauté de la société (une italienne au milieu d’anglais pure souche, on se demande bien pourquoi), décide de penser par elle même, et s’arme de sa répartie et de son ombrelle. Ainsi, elle devient une vieille fille de bonne famille particulièrement redoutable.

Face à elle, Lord Maccon qui est l’alpha dans toute sa puissance. Et ce n’est pas en restant soumise qu’elle apprendra à l’apprécier, mais en le poussant à toujours se défier. Et c’est en cela que cette miss est très forte. Car c’est une force qui va. C’est un bout de femme moderne qui n’écoute que ses convictions. Et par cela, elle arrive à rallier toutes les espèces.

Bien entendu, ce n’est pas une femme parfaite, sinon l’héroïne ne serait pas drôle. C’est une femme fragile. En effet, elle se retrouve dans une famille qui se dit qu’elle ne vaut pas un clou. Ainsi, elle se sous estime constamment, ce qui la rend très innocente et très vulnérable. Elle a besoin d’un appui fort, de quelqu’un qui arrive à la montrer à sa juste valeur.

En bref, comme vous pouvez le voir , je me suis énormément identifiée à l’héroïne dont j’adore l’humour et l’esprit. J’ai adoré l’humour, le sens des convenances bien respecté, le thé, la tarte à la mélasse et les ombrelles. A bientôt pour les prochains épisodes.

Ce livre a été lu dans le cadre du Baby Challenge Science Fiction 2013


Tome 2 : Sans forme

Présentation de l’éditeur : Miss Alexia Tarabotti est devenue Lady Alexia Woolsey. Un jour qu’elle se réveille de sa sieste, s’attendant à trouver son époux gentiment endormi à ses côtés comme tout loup-garou qui se respecte, elle le découvre hurlant à s’en faire exploser les poumons. Puis il disparaît sans explication… laissant Alexia seule, aux prises avec un régiment de soldats non-humains, une pléthore de fantômes exorcisés, et une reine Victoria qui n’est point amusée du tout. Mais Alexia est toujours armée de sa fidèle ombrelle et des dernières tendances de la mode, sans oublier un arsenal de civilités cinglantes. Et même quand ses investigations pour retrouver son incontrôlable mari la conduisent en Écosse, le repère des gilets les plus laids du monde, elle est prête !

Encore une aventure hilarante !

Il faut le dire, si je lis le Protectorat de l’ombrelle, c’est avant tout pour la plume acidulée à souhait de l’auteure, pour les dialogues hilarants et surtout pour les situations cocasses où tombe Alexia. Et cela mérite allègrement une série de sketches ! Lire le Protectorat de l’ombrelle, c’est bon pour la santé et le deuxième tome reste dans l’exacte lignée du premier, la découverte e
n moins, certes. Mais c’est comme retrouver une vieille copine. Ainsi, Alexia Tarabotti est devenue Lady Maccon et non comptant d’être devenue le Mudjia de la reine (je ne sais pas comment cela s’écrit, brrr) elle doit composer avec les histoires de son époux… Et surtout de sa meute.

Comme vous pouvez le deviner, Alexia est tout sauf délicate. D »une mission diplomatique, elle aboutit à une mission de sauvetage, à une enquête et finalement se retrouve à y emmener sa soeur et sa meilleure amie qui a un goût plus que douteux sur ses chapeaux. Vous vous dites que ce genre de situations n’arrivent qu’à vous. Je peux vous dire que si vous me côtoyez, vous aurez des situations analogues. Autant, pour chez moi, je trouve cela encore drôle. Mais quand c’est chez cette héroïne, je trouve cela hilarant (oui, je répète mes mots).


Au delà du regard humoristique, une femme bien seule.

Alexia, même avec ses convictions, même avec ses étiquettes, est une femme en avance sur son temps. En effet, elle assume son physique, son caractère, sa différence et son amour. En lisant les réactions des autres, je me dis qu’elle est souvent bien seule. En effet, sa soeur pense qu’elle s’est mariée par intérêt, sa meilleure amie aussi (tant qu’à faire). Son mari ne la croît pas et ne pense pas qu’elle est capable. Les inconnus pensent aussi qu’elle n’est pas digne de confiance. Aussi, au delà du risible, car elle a un humour bien trempé, je me dis qu’Alexia est comme toutes les femmes drôles : elle se sent seule. Et elle est seule.

C’est aussi ce qui fait sa force. Ce côté « je rentre dans le lard parce que c’est mon unique moyen de me défendre ». Autant ce côté ne m’étais pas autant apparu au premier tome, autant cet état s’installe de plus en plus au travers du deuxième tome. Et avec la révélation de la fin, je pense que nous aurons un troisième tome sinon très drôle mais très riche en révélations et en questionnements. Cela dit, si vous m’offrez une saga avec beaucoup de forts personnages, de l’humour et des secrets, vous ne faites que me contenter 😉

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge 1 an / 1 genre organisé par Galleane (pardon pour mon retard).

Tome 3 : Sans honte
Présentation de l’éditeur : Miss Alexia Tarabotti, devenue Lady Alexia Woolsey, se retrouve dans une situation délicate. C’est LE scandale de la saison. Elle doit s’enfuir en Italie, à la recherche de réponses.
Une histoire de vampires, de loups-garous et d’imprévus…
Alexia se retrouve seule contre tous.
Alexia, avec sa situation actuelle, se retrouve chez ses parents, pensant sûrement qu’à défaut de la soutenir, ils la protègeraient. Mais on se rend vite compte que le sens des convenances est beaucoup plus important que la santé d’Alexia. Entre les accusations de tromperies et les affirmations de la présumée coupable, on se rend compte avec horreur que la parole d’Alexia ne vaut rien.
Elle n’est pas cru par son mari, ni par sa famille et encore moins par la Reine Victoria. Il est très effrayant au début de ce tome de se rendre compte à quel point elle a si peu de soutien. Elle a beau s’être mariée, se battre pour sa famille et pour son pays, elle restera toujours l’élément jetable, la cause de tous les maux du monde.
Est-ce dû à sa condition de sans âme ? Ou est-ce parce que son caractère fort et indépendant suscite-t-elle autant d’animosité ? J’avoue que je n’arrive pas encore à me décider mais cela me rend triste pour notre héroïne. Au moment où elle a besoin le plus de sa famille proche, elle se rend compte qu’elle est seule. Et c’est là que je suis très admirative face à Alexia car elle ne se pose aps de question. Elle part pour prouver qu’elle a raison.
Et tout semble contre Alexia.
Lord Maccon étant un surnaturel, Alexia et lui ne peuvent concevoir d’enfants, du moins, il en a toujours été ainsi entre un être surnaturel et un être naturel. Mais voilà, Alexia est paranaturelle, ce qui devrait susciter le doute pour le monde que son état puisse être possible.
Toutefois, lorsque toutes les ruches vampiriques commencent à envoyer des assassins, les gens commencent enfin à se poser des questions. Certes, ils n’envoient personne, mais ils s’inquiètent. Notre pauvre Alexia se retrouve donc en vadrouille en Italie, afin de chercher dans ses origines le moyen de se disculper (alors qu’elle est enceinte).
Face à tant d’énergie, à tant de conviction, les gens sont bien obligés de suivre ce bout de femme. Sa volonté va faire plier des assassins, des ennemis de tout bord. Sa pugnacité lui fera découvrir une partie du passé de son père mais aussi une partie de ses particularités de paranaturelle.
En bref, encore un tome à cent à l’heure, bourré d’humour caustique où notre héroïne, sûre de sa condition de bonne épouse doute de son futur statut de bonne mère. Son futur qui semblait si bien rangé lui revient tout chamboulé. La pauvre va encore devoir s’acclimater à un nouvel environnement,
relever de nouveaux défis.
Tome 4 : Sans coeur

Présentation de l’éditeur : Lady Alexia Maccon a de nouveau des problèmes. Sauf que cette fois elle n’y est vraiment pour rien. Un fantôme fou menace la reine ! Alexia est sur l’affaire et suit une piste qui la conduit droit dans le passé de son époux. Mais la coupe est pleine quand sa sœur rejoint le mouvement des suffragettes – choquant !, avec la dernière invention mécanique de Madame Lefoux et une invasion de porcs épics zombies… Avec tout ça, Alexia a à peine le temps de se souvenir qu’elle est enceinte de huit mois ! Alexia découvrira-t-elle qui tente d’assassiner la reine Victoria avant qu’il soit trop tard ? Les vampires sont-ils encore coupables, ou est-ce qu’un traitre se cache parmi eux ? Et qui ou quoi, exactement, a élu résidence dans le deuxième dressing préféré de Lord Akeldama ?

Alexia se retrouve à devenir hyper active à son huitième mois de grossesse.

Pas facile pour notre héroïne préférée de faire face à son désagrément embryonnaire. Tout d’abord parce qu’il est considéré comme une menace par une ruche vampire. Ce qui la rend susceptible de subit un assassinat (rien de moins). De plus, il y a un risque que son enfant soit un sans âme, ce qui veut dire qu’elle va être repoussé par lui (il paraît que c’est courant). Par conséquent, Alexia se retrouve dans une situation où elle doit éviter à tout prix de s’attacher à son futur enfant car soit il risque de se faire tuer, soit il va la repousser.

Enjoy ! Sans compter que à cause de ledit enfant, elle s’est retrouvée rejetée par sa famille et son mari il y a quelques mois tout simplement parce qu’ils en ont déduit qu’elle avait eu une aventure extra conjugale. On a beau dire que cet état pouvait être passé, la pilule, elle a dû mal à l’être et on comprend bien pourquoi.

Aussi, Alexia s’occupe. Elle s’occupe du déménagement de la meute près de la maison de Lord Akeldama. Ensuite, elle s’occupe d’une enquête de fantômes (et sans l’aide du bureau secret, ou presque) alors que bon. Elle approche de ses couches. Et tout le monde se borne à lui dire qu’elle devrait quand même être recluse chez elle car non présentable.  Bref, la pauvre n’est pas sortie de l’auberge

Et pourtant, on a le sentiment qu’Alexia trouve enfin sa place de choix.

En effet, on découvre en réalité le statut de femme d’Alpha, même si c’est un peu particulier puisque c’est une sans Ame, d’Alexia au sein de la meute. Et, cette fois ci, elle ne le prend pas comme une femme au foyer, elle le prend comme une femme active qui a aussi un statut de Mujia. Et donc, elle se réinvente elle-même ce job, entre diplomatie et actions. Et surtout, elle retrouve la place qu’elle a auprès de son mari. En effet, elle découvre qu’il la désire toujours, qu’il s’inquiète pour elle, même s’il lui laisse plus de manoeuvre qu’avant. Bref, c’est un véritable domaine d’affection et de complicité qui s’ouvre devant eux. Ce n’est plus un couple passionnel que nous avons là, mais un couple rock qui a un rôle social, un rôle familial aussi.

Ainsi, Alexia peut développer (même tardivement) son activité professionnelle à fond ! Et cela lui fait du bien. Elle va devoir organiser sa propre petite organisation et enfin, on voit émerger le Protectorat de l’Ombrelle. Mais je ne vous en dis pas plus, je sens qu’il va falloir le lire… Et patienter jusqu’au prochain tome.

Un régal, comme toujours !

Tome 5 : Sans âge

Présentation de l’éditeur : Lady Maccon est en pleine béatitude domestique. Une béatitude à peine troublée par la fréquentation de quelques loups-garous de la haute société et celle du second placard préféré d’un vampire, sans oublier un bambin précoce ayant des dispositions incontrôlables au surnaturel…
Mais Alexia vient de recevoir un ordre qu’elle ne peut ignorer. Avec mari, enfant et famille Tunstell au complet, elle embarque à bord d’un bateau à vapeur pour traverser la Méditerranée. Direction l’Egypte, une terre qui pourrait bien tenir en échec l’indomptable Alexia. Que lui veut la Reine vampire de la ruche d’Alexandrie ? Pourquoi un ancien fléau s’abat-il de nouveau sur le pays? Et comment diable Ivy est-elle devenue du jour au lendemain l’actrice la plus populaire de tout l’Empire britannique?

Une fin de saga exceptionnelle.

C’est avec tristesse mais avec un plaisir non dissimulée que j’ai voulu connaître la fin des aventures d’Alexia Tarabotti, une femme comme je les aime dans un univers que j’affectionne particulièrement. Et oui, il fallait que je puisse savoir ce qu’allait devenir la petite du couple Maccon. Comment leur relation allait évoluer (ou pas, ils s’aiment toujours autant et avec la même passion et surtout le même ironie). Bref, ce dernier tome allait me permettre de quitter, de faire le deuil de cette saga et de cet univers qui m’a littéralement mise de bonne humeur ces dernières années. Cail Garriger a une plume particulière mais aussi une plume particulière. Et je dois dire que ce tome qui clôt le tout est juste parfait .

En effet, on saura l’avenir de Biffy, les affres de Lord Akeldama lorsqu’il doit élever Prudence, les bêtises de Prudence, les chapeaux d’Ivy, l’avenir de Madame Lefoux, les origines d’Alexia, les envies de Lord Maccon. Oui, cela fait beaucoup et l’on ne s’arrête pas du tout dans les intrigues et dans le rythme du livre.

La juste mesure et l’humour anglais au rendez vous.

Enfin, je ne dirai même pas l’humour anglais, je dirai plutôt l’humour et le sens pratique d’Alexia. Cail Garriger a choisi d’accélérer un peu le rythme mais elle n’en
a pas fait de trop. A la limite, la saga aurait continué quelques tomes de plus, cela ne m’aurait pas non plus dérangé. Mais là, j’avoue que cela se termine sur une fin de cycle pour nos personnages principaux. Et c’est ça qui est top. Car on est assurés que cette partie là du Protectorat de l’ombrelle est terminée et que peut être on s’intéressera plus tard à d’autres personnages.

Aussi, oui je sis toujours triste que cette saga soit achevée mais en même temps, j’attends l’auteure au tournant sur d’autres fronts. Histoire de voir si elle pourra se renouveler. (ou pas). En espérant avoir tout de même quelques fois des nouvelles d’Alexia. Car elle me manquera beaucoup 🙂

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