Les voies de l’ombre de Jérôme Camut et Nathalie Hug

Tome 1 : Prédation

Présentation de l’éditeur : Un cadavre nu est découvert dans un friche industrielle, la main droite déchiquetée. Un homme se tire une balle en pleine tête dans un centre commercial bondé. Un jeune père dressé comme un chien est torturé sans relâche  au fond d’un cachot sans porte ni fenêtre. Aucune piste, aucun lien, aucun mobile… Qui sont ces hommes ? Pourquoi ont-ils été choisis ? Pour quelle mise à mort aberrante? Une nouvelle race de psychopathes est à l’oeuvre. Un prédateur invisible et monstrueux. Sa traque macabre a déjà commencé.

Cela fait du bien de retrouver une plume qui donnait de bons augures

Souvenez vous, au début de l’année, j’avais lu Trois fois plus loin et j’en sortais mitigée. En effet, j’avais adoré ce récit à quatre mains, j’avais adoré cette plume… Mais j’ai eu plus l’impression d’assister à un récit d’aventure qu’à un thriller. Ici, j’ai eu mon content et je suis sûre que cela se voit à mon sourire carnassier ^^

Une chose est sûre, ce couple apprécie la jungle et les stages de survie. En effet, Prédation est inspirée d’Apocalypse Now (un film sur la guerre du Vietnam) et des séquelles psychologiques que cela a pu provoquer. Alors imaginez qu’un grand psychopathe applique les méthodes sur de parfaits inconnus qu’il enlève ? A vous glacer le sang !

Une course au malfaiteur totalement palpitante

Toutefois, ce n’est pas parce que les auteurs nous dévoilent quelques petites choses avec des références cinématographiques que vous allez comme ça pouf tout deviner. Vous naviguerez constamment à l’aveugle, que vous soyez du côté victime que du côté flic, avec cette impression malsaine qu’une puissance supérieure vous manipule.

Cette puissance, vous devrez découvrir comment elle fonctionne pour savoir comment vous battre. Mais pour cela, vous devrez puiser dans vos ressources de survie les plus primales. C’est une véritable taque qui se déroule devant vous. Et vous n’êtes pas le prédateur !

Tome 2 : Stigmate



Présentation de l’éditeur : Quand un monstre fascinant et obscène prend la parole et surgit à nouveau face à ses anciennes victimes, elles n’ont pour seules issues que la fuite, la mort… ou les « voies de l’ombre », le système implacable d’un criminel qui leur dévoile en chuchotant les secrets de sa folie.
« J’ai de l’amour pour mes chiens d’attaque. Certains il a fallu les tabasser, d’autres pas.
Il n’y a pas de règles. C’est ça l’extraordinaire chimie de la nature humaine. C’est passionnant.
Approche-toi, ami voyeur. Et n’aie pas honte de ton vice. Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime. Il est temps que je me présente et que j’offre ma réflexion à la multitude. »

Nous avons là les conséquences de la machination de Kurtz

Souvenez vous, au premier tome, nous avions eu l’histoire de Kurtz, un garçon dont la belle-mère ne s’occupait pas et qui avait compris, grâce à elle comment manipuler les gens. Au fur et à mesure, il avait compris comment améliorer son sytème jusqu’à organiser une installation parallèle du crime, utilisant des pantins pour obtenir des rémunérations.

Cette organisation a été démantelée. Nous avons trois survivants adultes et deux survivants enfants, ainsi qu’un encore retenu en otage pour notre méchant. Les trois adultes restants ont un mal fou à s’en remettre. On peut les comparer à des animaux qui ont été maltraités car ils ont été changé irrémédiablement. Ils ne savent plus penser comme le commun des mortels, on sent qu’ils resteront asociaux toute leur vie. Mais il faut admettre que leur instinct de survie est considérablement développé.

Nous savons quel a été le passé de Kurtz. Quel est son présent, ainsi que ceux qu’il a formé ? Quel en sera le futur ? Quelles en seront les conséquences ? Qui va s’en remettre ? Qui va se battre, voire même qui va le suivre ? Dans tous les cas, ses victimes ont besoin de réponse et n’en trouvant pas avec la Police, ils vont partir à la recherche du responsable de tous ces changements dans leur vie.

Ce tome nous montrera que nous sommes constamment manipuler.

L’emprise de Kurtz, son réseau, demeure très présent dans ce tome ce qui est un excellent point et aussi un tour de maître de Jérôme Camut et de Nathalie Hug. Kurtz écrit son manifeste intitulé Les voies de l’ombre et on voit les différents passages disséminés tout au long du roman, nous donnant cette impression qu’il contrôle tous les évènements, tous les aspects du récit, toutes les réactions de ses protagonistes.

Le résultat est magistral car il vous prend une véritable fièvre dans cette lecture. Votre propre corps, votre propre esprit réagit à cette emprise de Kurtz. Vous vous sentez littéralement comme une proie devant son prédateur. Et je pense sincèrement que selon votre personnalité, votre expérience de lecture sera complètement différente.

C’est cet aspect psychologique dans cette saga qui m’a rendue complètement accro. N’ayant pas acheté la suite de suite, je me suis sentie comme abandonnée, perdue. Et ayant lu ce tome-ci avec YumiKo, je peux vous dire que je n’étais pas la seule à regarder si les deux autres tomes sont disponibles. Vous aurez donc la suite très bientôt, je pense.

Tome 3 : In
stinct

Présentation de l’éditeur : Et s’il suffisait de 25 tueurs pour plonger la France dans le chaos ? Une meute sans visage dressée par un pervers de génie pour frapper leurs cibles avec une perfection terrifiante…
Et s’il suffisait d’un seul homme ?
Pour que nous nous mettions tous à douter…

Notre bien-aimé Kurtz est en difficulté.

Ce tome-ci se décompose en trois mouvements, dont le premier est centré sur Kurtz qui est en grande difficulté. En effet, un de ses ennemis l’a kidnappé et le retient dans le milieu de nulle part. Kurtz subit donc exactement les mêmes sévices qu’il a proféré sur ses victimes des deux premiers opus.  On pourrait croire que l’on tire une satisfaction de ce retour de bâton envers notre geôlier charismatique mais l’écriture de ces deux auteurs était telle durant les deux premiers tomes que nous ne pouvons que ressentir de la compassion envers lui. Et j’avoue que ce sentiment est vraiment dérangeant. On se surprend à se demander si notre ressenti envers ce tortionnaire est moral. On se pose des questions sur notre âme.

Loin de se laisser abattre, Kurtz retourne la situation et y voit une espèce de signe, une autre épreuve pour sa croisade. Et on ne peut en tant que lecteur qu’admirer la folie et la force morale de ce bonhomme. En résumé, on se demande même si lui couper la tête suffirait à le tuer. Car Kurtz est devenu bien plus qu’un homme, et c’est l’objet de la seconde partie ou point de mire de ce roman, c’est que Kurtz est devenue une idée, voire une légende dans son domaine.

Kurtz a mis en place une machinerie qui lui permet de continuer son œuvre au delà de sa survie propre.

Et c’est aussi en cela que ce mec est terrible. Il est partie au fin fonds de l’Europe et il a élevé une meute de gosses qui définit sa nouvelle organisation. Autrement dit, dans les premiers opus, on a des gens kidnappés par Kurtz et qui sont embrigadés par lui, conditionnés pour faire des activités illégales. Là, on a des gens élevés pour faire cela. Comment vous dire ? Mais c’est complètement dingue ! Je ne peux même pas vous dire si ce concept a déjà été soulevé en littérature (auquel cas, envoyez moi de suite les titres de roman, je veux !) mais même si cela avait déjà été fait, j’adore ce concept !

Ainsi, on voit ce que donne la machine lorsque le maître du chenil n’est plus là. Quels sont ses rouages ? Comment vivent ces jeunes gens ? Comment peuvent ils prendre le contrôle du monde ? Et franchement, j’ai bien tremblé derrière mon livre car je me suis dit que mon univers bien rangé peut être soufflé en une seconde parce qu’un mec a eu la patience de faire un projet destructeur de société. Bref, si vous aimez la théorie du complot, Kurtz est pour vous 🙂

Enfin, il y a les autres.

Oui, nous, les gens normaux qui ne kidnappons pas ou n’élevons pas les gens pour dominer le monde. Cela arrive en effet ! Nous voyons les gamins que Kurtz a enlevé qui se sentent déracinés et impuissants tels Clara. Et on sent qu’ils ne vont pas tarder à ronger leur frein et faire quelque chose contre ce tortionnaire. On a aussi son ancien disciple qui a été abandonné par le maître et qui est totalement détruit, drogué et j’en passe. Son moi a été totalement annihilé par la machinerie de Kurtz et je le considère plus mort que vivant.

Enfin, nous avons encore et toujours le grand adversaire, le super flic qui va être là pour le combattre encore et toujours. Et il nous rassure d’être là même s’il a refait sa vie au fin fond du monde. Toutefois, il revient car on se doute qu’on ne peut pas être en sécurité avec un Kurtz dans le monde.

Et sinon, pourquoi ne l’avez vous pas encore lu ? Parce qu’il ne nous reste qu’un tome à décortiquer 🙂 Et parce que Yumiko elle est comme moi : elle veut la fin !

Tome 4 : Rémanence

Présentation de l’éditeur : Il y a 15 ans, deux enfants s’échappaient des geôles
du plus dangereux des criminels qui disparaissait après avoir mis la France à feu et à sang.
Clara et Louis sont aujourd’hui adultes mais le vernis
de leur existence se fissure. L’emprise de Kurtz
a profondément gangréné leurs esprits.
Insidieusement, le chaos s’installe.
Les voix de l’ombre se font entendre à nouveau.

Une fin comme on les aime

 Les trois premiers étaient déjà génialissimes. Et il est vrai que lorsqu’on le lit à deux, il y a un entrainement de groupies incroyable qui se fait. Ainsi, le troisième volet étant fini, Yumi et moi nous sommes regardés en chien de faïence parce qu’il restait un tome, qu’il semblait tout petit mais que nous restions sur notre faim. Kurtz s’en est-il sorti ? Que deviendront Clara et Lois ? Mais aussi Andréas ? Et sa meute ? Alors, pour ceux qui pensent qu’une trilogie c’est bien, que le quatrième était de trop. Je dirai que oui. Les trois premiers tomes se suffisent. Mais le quatrième n’est pas de trop pour conclure. Son titre lui correspond bien : Rémanance. Cela veut tout dire 🙂

Ainsi, concernant ce livre, c’est comme prendre des nouvelles d’un camarade malade qui revient après quelques temps d’absence. On s’aperçoit qu’il y a des choses de changées comme Clara et Louis, comme Andreas. On se pose des questions sur l’organisation de Kurtz. A-t-elle survécu ? S’est-elle révélée ? Ou est-elle restée dans l’ombre pour mieux opérer ? Ce sont des questions qui peuvent en effet rester sans réponse. Mais les auteurs apprécient de nous laisser quelques petits bouts de pain jetés à la volée et nous adorons être dingues à ce point.

Kurtz a tout changé

Ainsi, tout au long de ces tomes, nous avons subi la naissance de ce personnage qu’est Kurtz, son histoire et son idéologie. Ensuite, son action principale et éclatante qui est le système d’enlèvement de couples jeunes mariés ou de pères de famille célibataires pour effectuer quelques besognes et effectuer un lavage de cerveau assez impressionnant. Nous avons eu  aussi son action dans l’ombre dans la naissance de son organisat
ion de meute quand il a élevé des enfants dans un but bien précis. Nous avons eu son œuvre dans les Voies de l’ombre, ce qu’il a écrit, ce qu’il a voulu transmettre. Dans Rémanence, nous aurons son héritage : son organisation qui peut vivre de manière autonome, on revient sur l’homme en lui même et sa vie avec Andréas. Enfin, nous verrons comment il a pu changer le comportement de deux enfants qu’il n’a pas élevé : Claire et Louis.

L’impact qu’a eu cet homme, le traumatisme qu’il a causé à la Police Française, sur certains policiers aussi. La marque qu’il a laissé et qui reste encore vivace après sa disparition. C’est ce petit bilan que nous propose ce couple d’auteurs. Ils nous ont permis de faire le tour entier de ce personnage tellement particulier, qui provoque chez nous autant d’émotions que possibles : peur, dégoût, sympathie, empathie, crainte, respect aussi. Bref, ce quatrième tome fut une excellente clôture, un bel adieu à Kurtz qui a marqué mon paysage littéraire pour cette année 2014

Le jeu de l’ombre de Sire Cédric

Présentation de l’éditeur : Mais qui pouvait bien chercher Malko Swann cette nuit-là ? Une overdose d’adrénaline, la sensation ultime, le sentiment de liberté ? Pourquoi roulait-il aussi vite sur une route de campagne étroite et sinueuse jusqu’à faire une chute de 30 mètres en bas du pont du Diable ? Atteint d’un traumatisme inexplicable, le musicien est désormais incapable d’entendre la musique. Mais il ne s’agit que du début de sa déchéance. Dans l’ombre, quelqu’un l’observe… Quelqu’un qui veut jouer avec lui. Un jeu au goût de sang… Il s’engage alors dans un combat désespéré.

Une enquête encore haletante signée Sire Cédric.

Et oui, vu que je lis sa bibliographie quasiment à rebours, je me suis dis que j’allais piéger l’auteur, que j’allais trouver la faille dans son brushing ! Pardon, je m’égare, dans son raisonnement, bien entendu ! Je voulais à tout prix terminer cette année sur un des premiers pas de Sire Cédric mais voilà, un monde s’est effondré sous mes pieds. J’avoue tout ! Non seulement je n’ai pas trouvé la faille car je me suis faite eue en beauté. Mais il y a pire. J’ai lu Angemort au mois de Mars. Tout mon ordre est mis à terre.

Las ! Il ne me restera plus que l’enfant des cimetière l’année prochaine pour éviter un coup de coeur. Mais que voulez vous ? Je n’y crois même plus, au même titre que je regarde mes boucles rebelles. Je suis quasiment prête à renoncer : non seulement mon brushing ne sera jamais aussi lisse que l’auteur mais pire que cela, je ne découvrirai jamais le coupable au milieu du roman !

Comment finir sur cette note angoissante encore une fois ? Que vous dire de plus sinon que le Jeu de l’ombre va vous fournir les mêmes tressaillements qu’un Franck Thilliez ou qu’un Stephen King mais dans le domaine bien spécifique de l’auteur, c’est à dire ces petites touches de paranormal qui, à l’instar de son collègue nordiste ne vous fera pas douter de votre esprit mais des esprits ?

Délires de votre bloggeuse préférée mis à part, Alexandre Vauvert a le chic pour les enquêtes pas nettes

Vous pouvez penser que certaines personnes traînent un mauvais karma… Mais que penser du héros masculin préféré de votre auteur ? Certes, il a tout pour plaire aux femme avec sa gueule d’ancien boxeur, sa capacité à résoudre les énigmes les plus tordues (note à moi même, faire équipe avec lui lors des parties de Cluedo), son esprit intègre et son amour du café. Avouez qu’il tombe dans affaires des plus sordides !

En effet, les corps de jeunes femmes sont retrouvées dans l’eau dans un état pitoyavle. Pas de réels ennemis en vue, juste une vague appartenance au milieu musical (elles jouent de l’instrument et sont de véritables groupies). Le chemin des possibles vers quelques meurtres devient de plus en plus entremêlé, surtout s’il faut chercher des preuves tangibles.

De l’autre côté, nous avons un artiste totalement nombriliste qui, suite à un accident de voiture n’entend plus de notes. A quoi est due cette amusie ? Et surtout, puisque nous sommes dans un thriller (excusez-moi du peu), c’est quoi le lien avec les meurtres ????

En bref, si vous aimez comme moi passer une nuit à vous torturer l’esprit, courez chez votre libraire le plus proche. Cet auteur ne vous décevra pas. A ce propos, Une très bonne année 2014, Sire Cédric

Vertige de Franck Thilliez

Présentation de l’éditeur : Certains secrets sont inavouables, mais serions nous prêts à mourir pour les cacher? Un homme se réveille au fond d’un gouffre, au coeur d’un environnement hostile, deux inconnu et son fidèle chien comme seuls compagnons d’infortune. Il est enchaîné au poignet, l’un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d’un masque effroyable, qui explosera s’il s’éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi? Bientôt, une autre question s’imposera, impérieuse : jusqu’où faut-il aller pour survivre ?

Tous les ingrédients d’un huit clos angoissant sont présents

Je ne vais pas vous refaire le topo, vous connaissez mon amour pour les romans de Franck Thilliez. Il a cette écriture qui vous rend les choses tellement plus angoissantes. Ici, nous avons le gouffre, du froid, de l’obscurité et trois hommes qui ont en apparence rien en commun, enfermés là quasiment sans eau ni nourriture.

L’enfer, c’est les autres ? Oui, je parle bien de cette référence là avec Vertige car nombre impair oblige. Les mêmes clés ici sont actionnées et ceci de belle manière. En effet, nous devons résoudre le mystère de l’emprisonnement mais nous n’avons que le point de vue de l’un des personnages. Ce qui fait de nous des spectateurs non omniscients, pétris de doute continuellement, ne sachant que ce que l’un des prisonniers sait.

Entre situation angoissante et folie, notre coeur balance.

N’ayant qu’un seul point de vue, dans une situation extrême qui est le froid et la faim, nous ne pouvons pas faire confiance en l’esprit du narrateur. D’ailleurs, le narrateur lui-même hésite à se faire confiance. Il cherchera donc dans son passé ce qui lui permettra de faire le lien avec ses deux compagnons de cellule

Comment découvrir ces histoires dans cette ambiance malsaine, avec en plus son propre corps qui fait défaut ? C’est bien ce que l’on se demande tout au long du récit. C’est une quête sans cesse vers la vérité sans savoir si notre raison restera intacte au bout du récit. Encore un tour sur l’esprit humain que nous jouera Franck Thilliez et c’est décidément son point fort en écriture.

Thérapie de Sébastien Fitzek

Présentation de l’éditeur  : Josy, la fille du psychanalyste ViKtor Larenz, souffre d’une maladie inconnue et disparaît mystérieusement. Quatre ans ont passé. Larenz s’est retiré sur une  île au nord de l’Allemagne et reçoit la visite d’une romancière qui souffre d’une forme rare de schizophrénie : les personnages qu’elle invente prennent vie et son dernier roman ressemble étrangement à l’histoire de Josy….

Bon, et bien, c’était un livre sur la schizophrénie….

Pardonnez mon manque d’enthousiasme flagrant, mais après Fractures de Franck Thilliez… Bref, une fois encore, je n’ai pas lu dans le bon ordre. Alors, nous n’avons pas la même écriture, bien entendu. C’est plus direct, on s’attache plus sur le récit et peut être moins aussi sur la psychologie des personnages.

En effet, nous avons un thérapeute qui est enfermé dans un hôpital psychiatrique. Il a basculé suite aux soins qu’il a prodigués à une femme dont les personnages de roman prennent vie. Or, le dernier incarne parfaitement sa fille disparue il y a 4 ans.

En qui faire confiance? Qui est fou ? Qui dit la vérité ? C’est sur ces notions que tente de jouer l’auteur.

Des tentatives maladroites qui m’ont laissées sur la fin.

Je crois qu’en fin de compte, ce n’est pas l’intrigue en elle-même qui m’a rebutée, c’est la manière dont a été construit le récit qui ne m’a pas convenue. Vous savez, dans un thriller, j’aime être surprise. mais ici, je m’attendais dès le début à la fin de l’histoire. De plus, j’ai eu suffisamment d’indices pour comprendre ce qu’il me manquait.

Ainsi, m’attendant à tout, je fus très passive tout le long de ma lecture et c’est bien dommage car l’histoire était franchement pas mal.

Fractures de Franck Thilliez

Présentation de l’éditeur : Alice ne sait que quelque chose ne tourne pas rond dans sa tête et les événements qui se multiplient autours d’elle ne vont rien arranger : cette photo récente de sa soeur jumelle, pourtant morte dix ans auparavant, qu’elle récupère des mains d’un immigré clandestin ; son père, agressé chez lui à l’arme blanche des mains d’un immigré clandestin, et qui prétend avoir tenté de se suicider, ce chemisier ensanglanté qu’elle découvre dans sa douche et dont elle n’a pas le moindre souvenir.
Alice vient de prendre un aller simple vers la folie.

Une plongée dans le monde de la schizophrénie absolument stupéfiante.

Je pensais avoir fait le tour des maladies mentales, surtout depuis que je lis cet auteur-là, et puis j’en ai lu d’autres. Mais à chaque fois que je passe ma nuit avec Franck Thilliez, me revoici avec la cervelle à l’envers, le traitant de fou qui a baladé toutes mes certitudes une à une avec sûrement un plaisir malsain (mais partagé, je vous rassure).

Ainsi, au menu du  jour avec l’un de mes retourneurs de cerveaux favoris, les fractures de l’esprit, autrement dit : la schizophrénie. Et oui, comme de bien entendu, j’ai deviné le lien entre le titre de l’oeuvre et le sujet du livre à la moitié, réglée comme une horloge.

En dehors des effets, Franck Thilliez s’attarde sur les causes.

Alors, ayant lu quelques petits thrillers avec des schyzophrènes, pensez que je me suis dit que je connaissais le sujet à fond ! Mais à part savoir qu’il y a eu des éléments traumatisants qui provoquent le truc, je n’allais pas bien loin. Ici, l’auteur va nous expliquer pourquoi Alice a cette maladie, et comment cela a été provoqué et surtout enfin pour quelles raisons ces causes ont été effectuées.

En bref, si vous voulez avoir un historique complet d’une maladie, histoire de vous demander tout le long du livre ce qui va se passer, prenez Fractures, c’est bien un des meilleurs livres de l’auteur.

Une réflexion sur le retranchement de l’esprit humain

Alors oui, bien entendu, nous parlerons de l’esprit d’Alice. Quelles sont les peurs qui lui ont permis d’avoir ces personnalités? Quels sont les traumatismes qui ont pu fracturer son esprit ?

Mais vous aurez aussi l’histoire de son père dont l’esprit a lui aussi été brisé. Ainsi, ce roman est une véritable poupée russe à lui tout seul. Dès que vous pensez avoir une clé de la solution, plusieurs portes cadenassées s’ouvrent à vous.

Grâce à travail de fond phénoménal, on se demande réellement jusqu’où les tortures et les traumatismes peuvent nous amener. Quelles sont les niveaux de la souffrance de l’âme ? C’est peut être cela que recherche l’auteur.

Mais aussi sur ce que nous pouvons faire de plus horrible

Enfin, en dernière réflexion, nous aurons celle-ci. Jusqu’à quel point pouvons nous mettre de côté notre moralité lorsqu’une personne nous autorise à dépasser les lois? En quelques mots, si on vous autorisait la vengeance, sans le regard de la loi, jusqu’où iriez vous? Autre question bonus de l’auteur, si vous aviez un flingue sur la tempe, jusqu’où tortureriez vous votre ami ?

Sur ce, je vous laisse, il y a Vertige qui m’attend.

L’anneau de Moebius de Franck Thilliez

Présentation de l’éditeur : Pour sa première enquête, Victor Marchal aborde son métier de flic par sa face la plus noire : une ex-star du porno torturée, une mise en scène macabre, et une plongée dans le monde interlope des déviants sexuels et des monstres de la nature.
Depuis toujours, Stéphane Kismet est, quant à lui, hanté par des images prémonitoires mais cette fois elles obéissent à une indéchiffrable et terrifiante logique. Dans ses rêves, Stéphane possède une arme, il est recherché par la police, une petite fille est morte…
Les trajectoires de Victor et Stéphane vont se rejoindre. C’était écrit.
L’un n’a encore rien vu, l’autre ignore qu’il sait déjà tout…

Je pourrai vous dire que c’est un roman qui tourne en rond….

Alors, tout d’abord, Franck Thilliez a gardé une petite manie dont je suis absolument fan : vous vous demanderez pourquoi l’auteur a appelé son roman l’anneau de Moebius, non pas parce que moi, je me le suis demandée une paire de fois avec lui, alors, ne regardez pas la quatrième de couverture pour tenter de découvrir le pourquoi du comment : vous ne saurez qu’à la moitié du livre ! Pas la peine de se révolter, de piquer une crise, de taper du pied ou quoi que ce soit d’autres, vous ne changerez pas ses habitudes.

Donc ici, nous avons une série d’évènements qui se produisent et qui constituent la première enquête de Victor Marshall, flic dont on se demande pourquoi il est dans cette histoire car tout le monde s’acharne à lui dire qu’il n’est pas fait pour ce métier (alors qu’il devine pas mal de choses). Mais voilà, dans cette série d’évènements, nous avons Stéphane qui lui est considéré comme fou car il fait des rêves prémonitoires.

A tel point qu’au final, on se refait les évènements, d’où cette sensation d’infini permanent, comme si l’on vivait une Journée sans fin. Une histoire de fou, bien entendu, on lit du Franck Thilliez ou on en lit pas.

Une réflexion sur le libre arbitre et la destinée.

Le postulat est simple, si l’on connaît le futur (surtout s’il est horrible) et qu’on veut le changer, comment laisser des indices ? Il faut donc pointer toutes les fois où le Stéphane du passé (le médium) rêve pour lui laisser des indices qui sont faciles à trouver (sachant qu’il ne sait pas tout ce qu’on sait).

Bref, c’est déjà pas mal. Mais si on laisse des indices, est-ce que cela va changer le futur, voire le présent ? Bien entendu, si on est maître de sa propre destinée. mais si la destinée est réellement programmée, la catastrophe va se produite, quoiqu’on en fasse.

Des théories donc vraiment géniales et surtout que l’on retrouve d’habitude en Anticipation. Et c’est aussi pour cela que j’aime autant l’auteu, c’est ce mélange des gens, cette interrogation perpétuelle sur la folie et cette maîtrise du suspense incomparable

Deuils de miel de Franck Thilliez

Présentation de l’éditeur : Après le décès accidentel de sa femme et de sa fille, le commissaire Sharko est un homme brisé. Insomnies, remords, chagrin… Difficile dans ces conditions de reprendre du service. Mais une macabre découverte va brutalement le ramener à la réalité : une femme est retrouvée morte, agenouillée, nue, entièrement rasée dans une église. Sans blessures apparentes, ses organes ont comme implosé. Amateur d’énigmes, le tueur est aussi un orfèvre de la souffrance. Et certainement pas prêt à s’arrêter là. Pour Sharko, déjà détruit par sa vie personnelle, cette enquête ne ressemblera à aucune autre, car elle va l’entraîner au plus profond de l’âme humaine : celle du tueur… et la sienne.

Franck Thilliez vous fera frissonner en plein milieu entomologiste

Franck Thilliez a l’art et la manière de trouver la petite bête qui vous fera trembler rien que d’y penser. Et si je vous disais que pendant 300 pages environs, vous naviguerez en plein milieu des insectes ? Pas les gentis apiculteurs ou autres. Non, je vais vous dire cela autrement. Je parle des bêbêtes qui empoisonnent, qui peuvent créer une épidémine, qui peuvent basculer le rapport de force de beaucoup de monde. C’est vrai. A quoi cela servirait une armée pour vous défendre si celle-ci peut tomber malade ?

L’horreur de ce roman n’est pas tant dans le résultat obtenu (et pourtant, on croise des cadavres plutôt escamotés) mais dans les moyens obtenus pour torturer et tuer une personne. Car pour détruire une personne, il vaut mieux la ronger de l’intérieur. Car si nous nous apercevons que notre corps n’est plus fiable, si nous nous apercevons qu’on peut nous détruire avec des armes invisibles, la bataille psychologique commencera. Sans confiance en nous, nous ne sommes plus rien.

C’est en cela que la magie de l’auteur opère. Il ne nous malmène pas physiquement, il ébranle notre conviction, joue avec notre esprit et nous pousse à devenir fragile le temps d’un roman. Sous sa plume, nous ne sommes que des êtres traqués et sans défense.

Mais il n’y aura pas que son lecteur qui sera malmené, mais aussi et surtout notre héros Franck Sharko.

Oui, pauvre consolation que nous avons là, car si l’auteur nous torture, nous savons qu’il fera bien pire à son héros. Et pourtant, Sharko ne mérite pas cela. Cet homme était un squale, un prédateur et pourtant il est au bord du gouffre. Car on lui a ôté sa famille, sa force pour affronter toutes ces horreurs. Sharko est sur la brèche, prêt à basculer lorsqu’on lui impose cette enquête.

Et paradoxalement, c’est en employant son raisonnement et sa rage dans la recherche du meurtrier qu’il arrive à faire le point sur lui-même et le bilan sera désastreux. C’est le déroulement de cette enquête qui poussera le commissaire à s’affronter lui-même. Arrivera-t-il à se révéler ? A redevenir ce qu’il était ? Ou les épreuves qu’il a subies sont telles qu’il se transformera en autre chose?

Car nous parlons d’insectes, de papillons. Il est donc logique que nous parlions de métamorphoses et de chrysalides…..

Les étrangers du temps de Corinne Gatel-Chol

Tome 1 : Les étrangers du temps

Présentation de l’éditeur :Corinne Gatel-Chol nous livre, dans ce premier tome, l’histoire forte d’un amour impossible, contrarié avant même d’avoir existé. Elle nous emmène dans une aventure un peu sombre où passé et présent se confondent ; nous entraîne sur un chemin chaotique semé de meurtres, de têtes coupées, de corps déchiquetés… entre fiction et réalité. Ne vous fiez pas aux apparences, ce livre est un thriller et tôt ou tard, il vous fera frissonner.

 Entre hallucinations, liens psychiques, liens temporels et histoire…..

Le pari de Corine Gatel-Chol ? Nous embarquer dans une histoire, non dans deux histoires à travers des époques différentes mais dans un même lieu. Tout commence par Hadrien dont dont les parents ont acheté une vieille maison de bourgeois. Une aile de cette maison est en ruine. En farfouillant dans le grenier, Hadrien trouvera un journal d’une ancienne servante : Colombe.

Nous suivrons la vie d’Hadrien qui part en lambeaux. Et à travers ses yeus, nous lirons une partie de la vie de Colombe, la servante anonyme. Nous devinons qu’il s’est passé quelque chose mais nous devrons attendre la progression de la lecture d’Hadrien.

Aussi ce premier tome tourne autours de deux axes. Le premier est le côté historique. Nous découvrons littéralement la vie d’une adolescente classique du XIX°siècle. Et pour cela, l’auteure nous fournira des détails de la vie de tous les jours d’une personne en bas de l’échelle. Nous aurons son quotifien, mais aussi ses pensées. Nous aurons du coup la vie d’un ado de maintenant, une vie d’ado classique qui pourrait être votre voisin, votre fils ou votre frère.

Le fait que ces deux personne se ressemblent à travers les âges, le fait que certains évènements aussi, se développe une certaine magie qui vous fera poser cette question : est-ce qu’il se passe un lien surnaturel ou est-ce qu’il se passe juste un élément psychologique ? Je vous laisse bien entendu avec cette question en suspens.

Hadrien et Colombe, deux incompris par leur entourage

La force de ce thriller réside bien entendu dans le fait que nos deux héros sont des incompris de leur époque et de leur entourage. Colombe est une servante car elle est l’aînée d’une famille nombreuse aussi, même si elle est douée pour l’écriture, même si elle est intelligente, elle ne pourra pas faire d’étude. Donc elle va se retrouver au milieu de personnes qui ne lui correspondent pas, ce qui la rend isolée et incomprise. Car elle ne réagit pas comme ses pairs.

Hadrien, lui, et bien c’est un peu pareil. C’est un jumeau, deuxième garçon d’une famille d’enseignants où tout le monde a sa place, sauf lui. En effet, il n’est pas aussi beau et fort comme son frère, il n’est pas aussi intelligent que sa soeur. Sa mère est une artiste et son père est prof d’histoire. Alors qu’il est aussi bohème que sa mère et aussi féru d’histoire que son père, il ne trouve pas sa place et se marginalise.

Ainsi, pour un premier tome, l’auteur nous sert une intrigue complexe qui va nous emmener à travers deux époques, et deux personnages. De plus, l’auteure nous donne deux adolescents à la personnalité complexe et réellement attachante. Ce qui me laisse un constat que Corinne Gatel-Chol m’a affirmé lors de notre rencontre : j’ai regretté de ne pas avoir acheté les tomes suivants.

De Fièvre et de sang de Sire Cédric

Présentation de l’éditeur : Une jeune fille se réveille entièrement nue et entravée sur un matelas couvert de sang. Elle sait qu’elle va mourir, toute tentative de fuite semble inutile. La douleur n’est rien en comparaison de la peur panique qui s’est emparée d’elle…
Le commandant Vauvert mène l’enquête en compagnie d’une profileuse albinos, Eva Svärta. Personnage excentrique et hors-norme, Eva a un véritable sixième sens qui fait d’elle une redoutable traqueuse de l’ombre. Ensemble, ils vont tenter de remonter la piste d’un tueur en série qu’ils croyaient mort et qui a pour habitude de vider entièrement ses victimes de leur sang. S’agit-il d’une réincarnation, d’un spectre, d’un homme, d’une femme, d’une créature d’un autre monde ?

Et bien c’est encore gagné pour Sire Cédric

Troisième roman que je lis de cet auteur, troisième coup de coeur que j’obtiens et là je me demande tout de même comment je pourrai vous convaincre de lire du Sire Cédric pour les pauvres personnes qui n’ont pas encore essyé. A un moment donné, il va falloir que vous me fassiez confiance, tout simplement et que vous y alliez franchement.

Car Sire Cédric est un style d’écriture à lui tout seul, bien entendu. C’est une plume et un personnage. Alors si vous vous attardez sur la photo et aux on-dits (on ne sait jamais), je peux comprendre que vous soyez impressionnés.Mais passez outre ce grand brushing de cheveux noirs (que je n’aurai jamais car mes cheveux à moi, ils ondulent tout le temps) et vous trouverez une écriture (comme l’auteur d’ailleurs) très accessibles.

Alors oui, on va parler de sang (en même temps, avec le titre, je ne vais pas vous surprendre) et oui c’est bien le thème principal et récurrent des deux autres livres que j’ai lus de l’auteur (le Premier Sang et Angemort). Cette base n’est pas anodine car le sang représente la vie, le fluide vital, l’essence même de l’humain. Cela a attrait à tous les questionnements sur notre psychologie, notre passé, notre futur. Sans le sang, nous ne sommes plus rien. Et au milieu de tout ce sang, vous avez le symbole même de la pureté : Eva, une enquêtrice aux cheveux blancs (et aux yeux pourpres).

Mais je m’égare sur Eva car nous parlerons d’elle un peu plus tar, ici, nous parlons de Sire Cédric. Une fois que vous vous serez lancés, mes chers amis, vous découvrirez un roman dont le rythme est parfait. Vous aurez une subtile dose entre la réflexion et l’action (parsemé de petites touches sanguines, il est vrai). Vous n’aurez pas de personnages stéréotypés, mais des personnes au passif complet et complexe. Et enfin, vous aurez une enquête policière dense avec une belle touche de mystères.

Eva, la muse, l’écorchée, la survivante.

Eva est l’un des héros de thriller les plus aboutis que je connaisse. Et une chose est sûre, c’est que l’auteur aime la torturer. Eva n’est pas un super héros, c’est juste une jeune femme qui a des particularités physique et psychologiques telles qui font qu’elle sera en marge de la société.

Eva est albinos, c’est à dire que ses cheveux sont blancs et ses yeux sont rouges. Elle est très sensible à la lumière aussi elle préfère les coins sombres. Du coup, tout le monde va développer des théories sur elle : qu’elle est anormale, qu’elle voit dans le noir, peut être même que c’est une vampire, allez savoir.

Mais au delà de cette différence physique, Eva a eu une expérience traumatisante étant enfant. Expérience qui va la pousser à travers des criminels, à triturer leur mode de fonctionnement pour les détruire. Elle devient sans attache, sorte d’icône, de lumière au milieu de ces horreurs. Au milieu de cette mare de sang, Eva est l’espoir. Mais y croit-elle vraiment ? Je me le demande.

En bref, que vous dire ? A quand le prochain qui me passe entre les mains ?

Et pour ceux qui veulent connaître l’avis de la Ptitelfe qui m’a presque abandonnée pendant notre LC pour allez fricoter avec Sire Cédric (tu m’as trahie, trompée!!!!) c’est par 😀 

Ce livre a été lu dans le cadre du Baby Challenge Thriller 2013
Mais aussi dans le cadre du Challenge New PAL 2013

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