Son Excellence Eugène Rougon d’Emile Zola




Présentation de l’éditeur : Voici un roman centré autours d’un personnage, et ce personnage lui-même ne vit que par et pour la politique. Voici un roman où la politique ne fait pas une apparition occasionnelle, comme dans l’Education sentimentale ou même Lucien Leuwin, mais qui, d’emblée, se propose de montrer les coulisses gouvernementales, les aspects officiels de la vie politique, et aussi bien ses dessous nous fait assister à une s’ance de l’Assemblée et à un conseil des ministres. Un roman qui présente l’ambition politique comme une idée fixe, comme une passion mobilisant toutes les forces d’un homme. Ce n’est pas si mince originalités, du moins à la fin du XIX° Ssiècle. Rassurons nous, en effet, tout cela se passe au Second Empire : aucune allusion à notre siècle finissant n’est à craindre. Et pourtant….

On s’attarde ici sur une personnage, Eugène Rougon, qui ne vit que pour le pouvoir.

Eugène Rougon ! Ça c’est du personnage de roman ! Et enfin on peut le voir dans son élément : la politique. Nous n’avons eu jusqu’à présent que des brides de son ascension, tantôt en écho en personnage secondaire, tantô un peu plus directement à ses débuts. mais jamais il ne se dévoile totalement. Il peut être tantôt impressionnant, tantôt effrayant. C’est un requin qui happera ce qu’il peut pour avoir du pouvoir.

Et ici, nous le voyons  avec son pendant féminin : Corinthe qui est aussi sa faiblesse. Car cette femme qu’il désire mais à laquelle il renonce, c’est son double. Dans ce roman, c’est quelque part l’affrontement de deux monstres de politique qui tenteront de régir la France, chacun avec ses moyens.

Eugène Rougon, c’est l’homo politicus qui va nous ouvrir les coulisses de la politique du Second Empire, mise à l’épreuve sous la plume d’Emile Zola, de manière à la fois subtile et assassine.

Grâce à Eugène, nous voyons le jeu des alliances.

Comment un homme peut atteindre les plus hautes marches, comment il peut être adoré par ses compatriotes, tant qu’ils ont besoin de lui. C’est la première chose que l’on observe ici. C’est la vie d’un homme qui peut faire ce qu’il veut tant qu’il répond aux souhaits de ses soutiens. S’il ne répond pas, il fait des erreurs, et chute.

Comment avec une telle pression réussir à construire sa propre politique ? Ça, je vous le demande !  Nous verrons ici les difficultés de cet homme, assailli par le démon de la politique, étouffé par ses relations. Est il un marionnettiste ou un simple instrument ? C’est la question que je me pose encore.

L’Oeuvre d’Emile Zola



Présentation de l’éditeur : L’ouvrage nous entraîne dans le monde de l’art et des artistes, à travers le portrait d’un peintre maudit, Claude Lantier, dont le personnage évoque celui de Paul Cézanne, grand ami de Zola, qui se brouillera avec l’écrivain après la publication du roman.
Claude Lantier est le fils de Gervaise Macquart et d’Auguste Lantier (voir l’Assomoir, roman où l’on apprend qu’il a été amené à l’âge de huit ans à Plassans par un vieux monsieur séduit par la qualité de ses dessins). Il apparaît aussi dans le Ventre de Paris. Il est ici l’ami d’enfance de Sandoz, personnage dans lequel Zola a mis beaucoup de lui même. Avec Sandoz, une nouvelle forme de peinture, bien éloignée des canons néo classiques qui ont la faveur des expositions officielles. Si certains d’entre eux réussissent finalement à s’imposer, Lantier va pour sa part d’échec en échec, demeurant incompris du public et souvent de ses propres amis.

Une vision du dilemme de l’artiste, frappante de réaliste.

Emile Zola nous montre dans ce roman le malheur de l’artiste. En effet, un artiste qui est porté par une vision a une première difficulté : celle de la retranscrire. Pour celui, il lui faut une technique. Alors se produit une véritable chasse à la perfection. C’est un travail de longue haleine que l’auteur nous décrit avec Claude Lantier, un peintre qui s’exerce sans relâche et jusqu’à l’épuisement.

Mais l’aventure ne s’arrête pas là. Si l’artiste peint son tableau, il doit se faire reconnaître par ses pairs : ou il appartient à une école ou il en crée une. Dans le cas de Claude, c’est la création, ce qui veut dire que la critique envers lui sera beaucoup plus virulente car Claude fraie le chemin pour ses suiveurs. Et il prendra pour eux tous les coups.

Enfin, quand on peint, on doit vendre. La chasse aux mécènes est vraiment difficile et nous en avons là un tableau marquant et sans concession : entre ceux qui réussissent et ceux qui échouent. Il n’y a pas de juste milieu et c’est aussi cette spéculation sur l’art qu’Emile Zola dénonce dans ce roman.

La recherche perpétuelle de la muse.

La muse, le sujet de la création, c’est ce qui pousse l’artiste, comme une drogue. Emile Zola nous parle sans arrête de l’oeil de Claude et il nous montre à quel point il voit les choses différemment. C’est ce qui isole l’artiste du monde réel et qui l’exclue de plus en plus : cette obsession, ce regard différent sur le monde.

La muse est ainsi une obsession constante qui harcèle Claude, remplace tout le monde, toute chose. La recherche du tableau parfait, c’est comme un poison qui ronge tout de l’intérieur. C’est une quête qui dévore toute une vie.

On pense en effet que d’être porté par une oeuvre est quelque chose de magique, car nous avons une vision idyllique de la vie d’un artiste. Emile Zola, lui, nous montre la vérité nue, brutale. Il la compare à une folie destructrice, il met en avant les doutes horribles que peuvent avoir les artistes face à leur travail.

L’environnement de l’artiste n’est pas non plus totalement exclu

Malheureusement, la passion de l’artiste ne touche pas uniquement que Claude mais aussi tous ses proches. Et l’histoire de sa femme et de son fils est vraiment horrible. En effet, Claude empêche son fils de grandir normalement jusqu’à le tuer. En effet, Emile Zola matérialise la passion de Claude dans une tumeur qui grossira dans la tête de l’enfant, jusqu’à le tuer. Et le pire, c’est que Claude ira jusqu’à peindre la mort de son fils et nous avons littéralement l’impression qu’il ne l’aime qu’au travers de son portrait.

Quant à sa femme, elle lui sert de modèle et Zola nous montre l’infidélité révoltante que Claude fait car il aime passionnément les images de sa femme, mais pas sa femme elle-même. Et, au pied du mur, devant choisir entre l’image et la réalité, il se suicidera, ne pouvant renoncer à l’image.

1Q84 d’Haruki Murakami

Tome 1 : Avril -Juin

Présentation de l’éditeur : Au Japon, en 1984.
C’est l’histoire de deux mondes, celui réel de 1984 et un monde parallèle tout aussi vivant, celui de 1Q84. Deux mondes imbriqués dans lesquels évoluent, en alternance, Aomamé et Tengo, 29 ans tous deux, qui ont fréquenté la même école lorsqu’ils avaient dix ans. A l’époque, les autres enfants se moquaient d’Aomamé à cause de son prénom, « Haricot de soja », et de l’appartenance de ses parents à la nouvelle religion des Témoins. Un jour, Tengo l’a défendue et Aomamé lui a serré la main. Un pacte secret conclu entre deux enfants, le signe d’un amour pur dont ils auront toujours la nostalgie.
En 1984, chacun mène sa vie, ses amours, ses activités.
Tueuse professionnelle, Aomamé se croit investie d’une mission : exécuter les hommes qui ont fait violence aux femmes. Aomamé a aussi une particularité : la faculté innée de retenir quantité de faits, d’événements, de dates en rapport avec l’Histoire.
Tengo est un génie des maths, apprenti-écrivain et nègre pour un éditeur qui lui demande de réécrire l’autobiographie d’une jeune fille qui a échappé à la secte des Précurseurs. Il est aussi régulièrement pris de malaises lors desquels il revoit une scène dont il a été témoin à l’âge d’un an et demi.
Les deux jeunes gens sont destinés à se retrouver mais où ? Quand ? En 1984 ? Dans 1Q84 ? Dans cette vie ? Dans la mort ? 

Un tome fondé sur la mise en place et la réflexion

Je vous vois tous vous gausser, attention. Oui, voilà la Koko qui se lit un millier de pages où il ne se passe pas grand chose et la voilà complètement en transe. Et bien oui. Un livre, ce n’est pas que sur des batailles, des pensées ou autres. Des fois, un livre raconte des pensées, relate des choses, décrit des sensations.

Je sais bien que pour vous, cela ne va pas changer grand choses mais vous avez cinq sens et un cerveau. 1Q84 va vous développer vos cinq sens et va vous partager des réflexions, tout en restant quelque part un peu distant. C’est un peu comme le souvenir des conversations passées, où on a eu l’impression de rester l’esprit ouvert….

Aonamé, l’éternelle solitaire en croisade.

L’un des deux personnages principaux de ce roman est Aonamé qui s’est toujours sentie seule. Tout d’abord, elle a un prénom ridicule, ses parents font partie d’une secte qui la pousse à un comportement marginal. Une fois qu’elle refuse cette secte, elle est rejetée par ses parents. Elle aime Tengo qu’elle n’a pas vu depuis des années et sa meilleure amie s’est suicidée suite aux mauvais traitements de son mari.

Tant de choses chez une femme ! Après on s’étonne de ce mélange dans son comportement : elle se jette à corps perdu dans sa mission mais refuse de se lier avec quiconque. Tant de rage dans cette femme qui va assassiner de manière très froide et sous contrat des maris violents.

Ce n’est pas une femme, c’est une amazone qui croit en ce qu’elle fait mais qui se rend compte que la solitude lui pèse alors que des détails étranges se font remarquer. Lentement, elle va tenter de démêler réalité et monde parallèle. Sa seule logique lui permettra-t-elle de tout démêler ?

Tengo, un professeur artiste en recherche d’une muse.

Tengo, lui, est un noeud à lui tout seul. C’est un matheux dont les cours en année de prépa sont passionnants. Il vit seul mais a une maîtresse mariée. Et pour son passe-temps, il écrit. Il a une technique parfaite mais n’a pas l’imaginaire qu’il faut.

Son éditeur va lui en fournir au travers d’un récit d’une de ses protégées qu’il doit réécrire pour la publication. Sous une plume directe et élégante, on découvre un jeune garçon très tolérant qui sait réellement parler le langage des autres.

Lui aussi, au travers de ses écrits, découvre une réalité parallèle. Comment va-t-il retrouver Aonamé et enquêter dessus ? Ca, je pense que je le saurai aussi au prochain numéro.

Tome 2 : Juillet-Septembre

Présentation de l’éditeur : Le Livre 1 a révélé l’existence du monde 1Q84.
Certaines questions ont trouvé leur réponse.
D’autres subsistent : qui sont les Little People ? Comment se frayent-ils un chemin vers le monde réel ? Pourquoi deux lunes dans le ciel ? Et la chrysalide de l’air, est-elle ce lieu où sommeille notre double ?

Une plume toujours aussi envoûtante.

On ne peut que se laisser porter par la plume de l’auteur. 1Q84, ce n’est pas un livre, c’est une rivière qui nous amène lentement et inexorablement sur la piste de nos deux héros. Vous y évoluerez assez passivement je dois dire mais pas de manière péjorative, c’est juste que vous naviguerez dans l’histoire en paix, vous laissant emporter par les évènements que vous fourniront l’auteur.

Ayant accepté les interrogations du premier tome, vous aurez quelques réponses, c’est vrai. Mais vous
aurez surtout beaucoup de questions. Et je vous assure que cela n’est pas facile de tout vous dire. Parce que je pourrai en blablater pendant des heures. L’auteur arrive à nous tenir en haleine avec quelques petits détails et il nous fait cela tout en douceur, ce qui est merveilleux, il faut le dire. Ainsi, vous passerez les 500 pages comme une fleur et vous vous demanderez ce que nous réserve le troisième tome.

Des personnages qui prennent de l’ampleur.

Vous l’aurez deviné, Tengo prend beaucoup plus de place. Il découvre pour nous qui sont les Little People et nous explique leur fonctionnement. Ont-ils un but ? Je ne saurai vous le dire, mais cette histoire avec eux est particulièrement prenante. On ne peut s’empêcher de se demander pourquoi ils agissent ainsi. Tengo se rend compte qu’il a un rôle à jouer là dedans et se prend en main. Il n’est plus l’écrivaillon qui se cherche. Il se cherche maintenant pour découvrir le fin fond de l’histoire. Cet aspect de Tengo est particulièrement rassurant car de son côté, Aonamé, elle se sent perdue. Elle devient très hésitante à cause de toutes ces choses qui lui arrivent. Et c’est quelque part rassurant de voir que ces deux personnages forment l’équilibre à eux deux.

Par contre, nous cherchons toujours quelles sont les connexions entre ces deux mondes et surtout si nos deux protagonistes principaux pourront être réunis et vivre leur histoire d’amour en paix.

Le dernier magicien de Megan Lindholm

Présentation de l’éditeur : A Seattle, on l’appelle le Magicien. C’est un anonyme, un sans-abri, qui lutte contre ses démons du Vietnam. Sa magie, c’est celle des petits riens du quotidien. Il a le Don. Il réconforte d’une parole, réchauffe le coeur de ceux qu’il rencontre. Mais son pouvoir est plus puissant qu’il ne le croit. Lui seul pourra, au péril de sa vie, sauver la ville d’un mal insidieux, d’une magie noire comme d’un goudron. Mais seulement s’il le décide…

La magie n’est pas une chose extra ordinaire mais aussi quelque chose qui se retrouve dans les petits actes du quotidien

Le dernier magicien était sans nul doute le livre qui je devais lire en ce mois de Décembre 2013. Tout d’abord, parce que je suis grave à la bourre et que vous me l’avez choisi pour le mois de Novembre. Ensuite, parce que Ptitelfe, ma pacseuse d’amour de la Blogo, voulait le lire aussi. Comme vous le voyez, je n’avais pas vraiment le choix, surtout que cela faisait déjà longtemps que je ne vous avais pas donné un peu de fantasy urbaine à croquer.

Bref, sous ces auspices un peu magiques, je commence le Dernier Magicien. Nous suivons la vie d’un SDF de Seattle qui nourrit des pigeons, et qui apparaît sans arrêt à la recherche d’un peu de café. Au fur et à mesure, nous nous rendons compte qu’il suit certaines règles et qu’il doit répondre la vérité aux gens lorsque ceux ci lui pose une question. Ainsi, par sa seule présence, il donne aux gens, multiplie les pop corn pour les pigeons, écoute surtout beaucoup de personnes seules.

C’est de ces petits miracles là qui paraissent insignifiants comparés aux grandes choses des livres que Magan Lindholm, alias Robin Hobb, a voulu nous parler. Car connaître tous les sorts de guérison, c’est bine, mais cela ne vous écoutera pas, cela ne soulagera pas votre coeur. Le magicien, lui, est là pour ces petits maux.

Mais le Magicien a aussi un ennemi…

Et oui, là où il y a une force bénéfique, il y a aussi son double maléfique, ce double s’appelant Mir et qui suit le magicien. Mais qui est-il  ? Que veut-il ? Le Magicien va-t-il survivre ? Encore faut il qu’il se décide à l’affronter.

Car oui, le Magicien n’est pas un héros parfait. Il a peur des ombres comme vous et moi. Il n’a pas choisi d’être courageux, il peut aussi choisir d’être lâche. Et c’est de cette décision que l’auteure veut nous montrer, les différents choix proposés au héros, les différents chemins qu’il va emprunter.

Car ne c’est pas parce que nous sommes dans Seattle que les quêtes n’existent pas…

Un réalisme saisisssant qui change tout.

Je ne le cache pas, j’attendais l’auteure au tournant, étant une fan inconditionnelle de la saga de l’Assassin Royal mais aussi des Aventuriers de la Mer. Alors, imaginez quand j’ai su que l’auteur allait nous promener dans un univers bien palpable…

Et bien, le style d’écriture était totalement différent, ce qui est déjà un bon point. Car le genre étant différent, je pense que les tournures de phrases n’auraient pas pu convenir du tout. L’auteure a su nous ballader dans les rues de Seattle, elle a su décrire  avec les mots qu’il fallait les conditions de vie du Magicien, les différents personnages qu’il a rencontré, les différentes situations qu’il vivait.

Quant au dénouement, je suis restée bouche bée. Car oui, je ne m’attendais pas du tout à cette fin. Et pourtant, elle est tellement logique. C’était la fin qu’il fallait, avec une petite pointe de mystère supplémentaire. Car oui, la magie est autours de nous.

La Terre d’Emile Zola

Présentation de l’éditeur : De retour de la bataille de Solférino, le Provençal Jean Macquart s’est installé dans un village de la Beauce où il est devenu le valet du fermier Hourdequin. Mais quoiqu’il s’éprenne bientôt de Françoise, la nièce du vieux père Fouan, Jean reste ici un étranger à la communauté villageoise : car le vrai drame qui va se jouer est celui de la terre que Louis Fouan a décidé de partager entre ses trois enfants.

Décidément, Jean Macquart reste mon préféré dans la famille.

Mais oui, vous connaissez Jean Macquart, je vous en ai déjà parlé dans la Débâcle. C’est un personnage issu du peuple, un paysan pure souche à l’esprit pratique. C’est un homme qui aime la Terre et cela se voit dans la vision que nous donne Zola. Sous sa plume, elle devient une femme séduisante que Jean ensemoncerait pour donner des fruits.

 Jean fera tout pour travailler la Terre. Lorsqu’il s’éprendra de Françoise, il rêvera d’une femme avec des enfants. Et il y arrivera jusqu’à ce que les membres de la famille Fouan tueront l’enfant dans le ventre de sa mère et le chasseront.

Une vision très bestiale de la paysannerie.

Alors oui, c’est le roman le plus bestial qu’Emile Zola a pu écrire sur les hommes. Lorsqu’il parle des paysans, l’auteur nous montre des animaux en rût, qui coucheront sans moralité et ausis qui se tuent pour posséder des lopins de terre.

La Terre va donc déposséder les Hommes de leur moralité. Au contact de celle ci, ils vont s’avilir au point de se déchirer. Et lorsqu’on connaît son point de vue sur la Bourgeoisie, on ne peut se demander qu’une chose : où y a t il de l’espoir pour la France ?

La Terre reste au même titre que l’Argent l’objet de tant de convoitise

Et oui, la Terre est aux paysans ce qu’est l’argent pour la Bourgeoisie. En fin de compte, c’est la possession avide qui dénonce Zola, et en prenant chaque pièce de la société française méticuleusement. La Terre nourricière devient aux mains de l’auteur un poison distillé dans nos veines.

La Terre reste un des monuments du peuple les plus marquants, et Jean un de ces héros du quotidien. La Terre est et restera une des fondations de la littérature française.

La débâcle d’Emile Zola

Présentation de l’éditeur : Pendant la guerre de 1870, deux soldats se lient d’amitié ; Jean Macquart, incarnation des solides valeurs rurales, et Maurice Levasseur, intellectuel qui rêve d’un cataclysme où s’anéantirait le monde corrompu – et le lecteur va les suivre jusqu’à ce que la Commune les sépare et dramatiquement les voie s’affronter. Mais si Zola choisit, bien au-delà de leur opposition symbolique, de les mêler à d’innombrables autres figures, c’est qu’il veut écrire le roman des masses et nous montrer une nation tout entière meurtrie par l’Histoire. Il juxtapose donc des scènes de combat et de vie civile, montre sans fard toutes les souffrances des corps, et jour après jour déroule sous nos yeux la douloureuse chronique qui va conduire à l’humiliation de Sedan.

Nous retrouvons ici un Jean Macquart soldat paternaliste

Jean Macquart, mon personnage préféré de la Terre. Celui qui m’a fait le plus pleurer aussi car j’ai trouvé son sort bien injuste. Mais nous en reparlerons plus tard dans une autre chronique Ici, nous avons Jean Macquart dans l’armée qui se retrouve le chef de Maurice Levasseur, un doux philosophe.

Jean va prendre sous son aile Maurice, et c’est une tendre amitié virile et fraternelle que nous avons là. C’est une de ces amitiés qui se fait dans le sang, la fatigue, et la boue, celle qui se fait en guerre. C’est de cette amitié de petites gens qui se fait  dans le malheur d’une défaite proframmée par l’incompétence des Généraux.

De l’art de montrer les choses vraies.

Aussi, Emile Zola va nous emmener dans la bataille, dans la retraite, dans la famine. L’auteur nous montrera ici la Guerre de la vision des petites gens.

Nous aurons ici sa maîtrise de la description inouïe pour nous montrer ce que toujours nous refusons de voir dans la Guerre, le sang, les blessures, la Mort. Qu’y a-t-il de plus écoeurant et de plus révélateur de voir la Guerre d’en bas, sans jamais réellement connaître les intentions des Puissants. Vous verrez des gens sacrifier leur vie et leurs terres pour ne rien obtenir. Vous verrez des gens marcher la peur au ventre non plus par patriotisme mais tout simplement pour survivre.

Zola montrera son aversion profonde pour la Guerre.

Car quel intérêt y’a-t-il à la guerre? Sinon l’intérêt des Puissants, de ceux qui profitent de la situation. Mais pour le peuple, ce n’est que destruction et mort. Emile ZOla montre l’inintérêt pour la guerr pour faire réagir les grands de ce monde. Malheureusement, il ne sera jamais écouté.

Toutefois, il faut souligner sa beauté du geste en continuant à lire la débâcle. Car c’est avec ses tripes que l’auteur l’a écrit.

Au bonheur des dames d’Emile Zola

Présentation de l’éditeur : Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s’amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu’une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d’enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d’elle le symbole du modernisme et des crises qu’il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie.

Il est indéniable qu’Emile Zola a fait du shopping dans sa vie.

Je me souviens de cela étant ado, la première fois que j’ai lu Au Bonheur des dames : Emile Zola avait une femme et il a dû subir l’épreuve infernale du shopping. Et j’avoue qu’en partie, c’est cela qui m’a fait aimer l’auteur car c’est un homme qui est proche du peuple et surtout qui sait observer.

En effet, lorsque vous reprendrez toutes les descriptions du grand magasin et des femmes qui les fréquentent, c’est absolument merveilleux. Au Bonheur des dames devient ainsi un lieu de plaisir totalement érotique par la description des étoffes qui déferlent des rayons. Emile Zola prend les femmes pour des consommatrices pures, des acharnées qui veulent posséder tout ce qu’elles veulent dans un seul endroit. Donner cela aux dames et elles vous ouvrira les portes de la fortune.

Denise incarne la montée en puissance des grands magasins.

Dans ce déferlement commercial, nous suivons Denise, une jeune provinciale qui va monter sur Paris pour trouver du travail auprès de son oncle et de sa tante, dans une petite boutique de mercerie. Mais ils refusent aussi va-t-elle se retourner vers un monde d’opportunités : Au bonheur des dames.

Par la force de son travail et son ingéniosité à la vente, elle montera les échelons à l’image du directeur de la maison Octave Mouret. De ces deux visions du futur similaire naîtra un amour, l’un de ceux les plus purs et les plus sains qu’a pu inventer Emile Zola : un amour du travail. Et c’est celui là qui produira des fruits.

C’est ce travail qui va écraser littéralement la concurrence. C’est cet amour qui dépassera les conditions sociales. C’est enfin une nouvelle ère qui se crée, un renouveau qui respire enfin.

Alors que sa cousine incarne les petits magasins.

Et avec l’exemple de la cousine de Denise, qui se meurt dans ce petit magasin qu’Emile Zola prend position. En effet, une jeune fille devient mourante à l’image du petit commerce, écrasée par la grande distribution. Mais pourquoi? Elle semble en effet considérer comme acquis tout ce qui est durement gagné par ses concurrents. Ainsi, ne faisant pas d’efforts, elle perd tout ce qu’elle a eu, jusqu’à en mourir.

C’est une dure leçon pour le petit commerce, car l’auteur démontre qu’on ne peut rivaliser avec le progrès. Il faut sans arrêt être novateur pour survivre dans le commerce. Il faut sans arrêt gagner le coeur volage de ses clients.

La Curée d’Emile Zola

Présentation de l’éditeur : La France de Napoléon III vue par Zola :  » A cette heure, Paris offrait, pour un homme comme Aristide Saccard, le plus intéressant des spectacles. L’Empire venait d’être proclamé… Le silence s’était fait à la tribune et dans les journaux. La société, sauvée encore une fois, se félicitait, se reposait, faisait la grasse matinée, maintenant qu’un gouvernement fort la protégeait et lui ôtait jusqu’au souci de penser et de régler ses affaires. La grande préoccupation de la société était de savoir à quels amusements elle allait tuer le temps. Selon l’heureuse expression d’Eugène Rougon, Paris se mettait à table et rêvait gaudriole au dessert… L’Empire allait faire de Paris le mauvais lieu de l’Europe. « 

Aristide Saccard, ce façonneur de destins

Artistide Saccard est vraiment l’un des personnages les plus attachants de la saga des Rougon Macquart, dans le sens du tonton roublard, si vous voyez ce que je veux dire. Souvenez vous que je vous l’avais déjà présenté dans le livre intitulé L’Argent, dans la cinquantaine spéculante. Ici, nous l’aurons das la trentaine et la quarantaine. Il est marié à une femme sans ambition et uqi se meurt. Aussi, dès qu’il peut épouser Renée, une jeune femme qui pourrait très bien paraître en société, il fonce car il a besoin d’une dot et de l’apparence d’une famille bourgeoise.

Pour cela, il va écarter sa fille cadette, Clothilde et l’envoyer chez son oncle Pascal (qui fera l’objet du tome final de la saga). En effet, cette enfant était non seulement très attachée à sa mère mais elle a aussi assisté à l’entretien de son père avec sa tante concernant ce mariage, avant même que sa mère ne soit morte !

Mais il a aussi ramené Maxime, son fils adolescent, pour l’introduire dans le Monde, ce que le jeune garçon fera admirablement bien, sous la houlette de sa nouvelle belle-mère, Renée. Ainsi, les trois compères formeront un trio très efficace dans l’accession de Saccard dans les hautes sphères de la bourgeoisie.

Un regard très critique envers la société qui ne voit que ce qu’elle veut bien

Ce trio que formera Maxime, Aristide, et Renée montrera toute la décadence de la bourgeoisie sous cette fin du XIX° siècle. En effet, Saccard va lui spoiler petit à petit sa femme de sa fortune en spéculant sur l’immobilier. Quant à Maxime, il se transformera en machine de séduction mondaine, au point de tomber dnas une relation incestueuse avec sa belle mère. Enfin, Renée, elle, deviendra la femme futile qui donnera de ses charmes pour asseoir la fortune de son mari.

C’est de cette avalanche de débauche, de luxure, de spéculation qui sera mise au grand jour par la famille Saccard qu’Emile Zola montera du doigt. Car tout le monde sait mais tout le monde tait le scandale pour bénéficier de ce torrent d’argent dont s’offusque régulièrement l’auteur. C’est ce scandale qui détruira Renée et qui éloignera Maxime et son père que montrera l’auteur, et à travers cette famille, toute la décadence de la société française de l’époque.

L’argent d’Emile Zola

Présentation de l’éditeur : Pénétrer la Bourse, cette  » caverne mystérieuse et béante, où se passent des choses auxquelles personne ne comprend rien  » : tel est l’un des buts que se donne Zola en écrivant L’Argent (1891).
Spéculation, fraude, liquidation, krach: l’épopée de la Banque universelle fondée par Saccard pourrait être l’histoire d’une grosse machine lente a s’ébranler puis formidable dans sa destruction, conduite par un poète du million qui la chauffe jusqu’à la faire éclater.
Mais ici, l’argent ne se résume pas à la folie du gain.
Du jeune Sigismond, disciple de Marx, à la princesse d’Orviedo, figure de la charité, le romancier esquisse une multitude de rapports à l’argent.
lit fait apparaître celui-ci, au bout du compte, comme une incroyable force de vie: « Je ne suis pas de ceux qui déblatèrent contre l’argent, écrivait Zola.
Je pars du principe que l’argent bien employé est profitable à l’humanité tout entière.

Ce tome est axé sur Aristide Saccard et sa descendance.

Aristide Saccard n’est pas un nouveau personnage dans la saga des Rougon Macquart. Je dirai même que c’est un habitué dont l’amour de l’argent guidera toute sa vie. Emile Zola le reprendra ici dans une de ses tentatives d’assouvir la soif de l’or et c’est en effet le personnage idéal pour traiter d’un tel sujet.

Nous retrouvons donc Aristide Saccard à un moment clé de sa vie. Il retrouve son fils, Maxime, avec qui les relations sont extrêmement particulières mais aussi avec son petit bâtard, Victor, fruit issu d’une relation hors mariage avec une servante. Nous avons donc là dans le tableau familial un enfant né en mariage, qui fut toujours manipulé par son père et un autre de la violence, issu quasiment d’un viol qui démètra l’épaule de la pauvre mère et la débauchera ensuite.

Saccard n’apprécie pas trop son fils aîné, Maxime. Tout d’abord parce qu’ils ont un passif assez lourd entre eux (pour le découvrir, je vous donne rendez vous dans la chronique de la Curée qui arrivera très bientôt). Mais ensuite parce que  Maxime ressemble en partie à sa mère (qui adorait Saccard) et donc est le plus à même de l’accepter comme il est : un homme manipulateur avide de sexe et d’argent. C’est comme cela qu’est Victor, il est un miroir de son père. Et quelques parts, c’est aussi pour cela que  son père ne va jamais le voir, car il est comme un miroir.

Le rapport à l’argent décrit sous toutes ses formes par Emile Zola.

C’est avec ce personnage merveilleusement complexe qu’Emile Zoola veut nous parler de l’argent. Et croyez moi, lorsque l’auteur décrit l’argent avec les yeux de Saccard, vous aurez là une description d’un érotisme extrêmement poussé. Avec Aristide Saccard, vous aurez l’argent de la spéculation, celui qui provoque de la fièvre, celui qui rend fou car vous ferez n’importe quoi pour en posséder plus, pour jouer avec mais vous ne serez jamais satisfait.

Vous aurez aussi le manque d’argent. Celui qui pousse une famille noble à se priver de tout pour sauvegarder une petite apparence. Cet argent là vous rendra malade, vous rongera de l’intérieur. Il vous fera perdre votre famille, vous enlèvera vos meubles et vos rêves.

C’est aussi celui qui brûle car il n’est pas gagné honnêtement. Celui là provoque mauvaise conscience et ne vous laissera pas une vie tranquille, vous isolant du monde, vous rendant malade et vous poussera à des actes frisant la folie.

L’argent, l’argent qui sépare les hommes. L’argent qui les détruit. L’argent qui pousse à la lutte des classes. On pourrait croire qu’Emile Zola à l’argent en horreur s’il n’y avait pas là dedans, dans ce récit, madame Caroline. Cette femme, en effet, a un rapport sain avec l’argent, ce qui fait qu’elle n’en gagne, ni n’en perd. Elle ne fait que poursuivre sa vie, dans ses rêves. Le message est là, simple et clair : l’argent n’apport que ce qu’il est, un moyen de subvenir à ses besoins. Gare à ceux qui le considèrent comme un besoin tout court

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