Quand l’Empereur était un dieu de Julie Otsuka

Présentation de l’éditeur : ORDRE D’ÉVACUATION N° 19 La pancarte avait fleuri du jour au lendemain. Sur les panneaux d’affichage, sur les arbres, au dos des bancs installés aux arrêts d’autobus. Placardée à la vitrine du bazar Woolworth’s. Placardée à côté de l’entrée de la YMCA. Agrafée sur la porte du tribunal d’instance et clouée, à hauteur d’homme, sur chaque poteau téléphonique le long d’University Avenue. La femme se rendait à la bibliothèque pour rapporter un livre lorsqu’elle la remarqua sur la vitre d’un bureau de poste. C’était à Berkeley, par une journée ensoleillée du printemps 1942, et elle portait de nouvelles lunettes grâce auxquelles, pour la première fois depuis des semaines, elle pouvait voir distinctement tout ce qui l’entourait. Elle n’était plus obligée de plisser les yeux, mais elle le fit cependant par habitude. Elle lut l’avis en entier et, alors, les yeux toujours plissés, elle prit un stylo puis relut tout le texte. Les caractères étaient petits et noirs. Certains étaient minuscules. Elle griffonna quelques mots au dos d’un reçu de banque, puis tourna les talons, rentra chez elle et commença à faire ses valises. Lorsque, neuf jours plus tard, la lettre de rappel de la bibliothèque arriva au courrier, elle n’avait toujours pas terminé. Les enfants venaient de partir à l’école et le sol de la maison était jonché de cartons et de valises. Elle jeta l’enveloppe dans celle qui se trouvait à ses pieds puis sortit.

Quand rien que le titre vous envole…..

La magie de Julie Otsuka, c’est tout d’abord de vous trouver des titres de livre qui vous emmène déjà très très loin. Quand l’Empereur était un Dieu….. Rien que cela vous laisse dire énormément de choses. La couverture de mon édition accompagnant totalement le titre d’ailleurs. On va parler Histoire. On va parler de Japonais, et connaissant l’auteur, on va parler des Japonais aux Etats Unis après l’attaque de Pear Harbour. Et bien entendu, on va parler de l’Humain, tout simplement.

Parce que Julie Otsuka et sa plume savent nous faire transmettre des émotions à travers le temps et l’espace. Sans avoir lu une page, je savais déjà que l’auteure allait me toucher. Aussi ai-je bichonné ma lecture, en préparant un petit thé vert japonais, en veillant à mettre des odeurs de frais à la maison et en bichonnant mon bonzai.

Julie Otsuka nous pointe la dure réalité de la vie des Japonais après Pear Harbour.

On parle souvent des déportations en Europe. Mais celle des Japonais, personne ne pipe mot car les Etats Unis sont bien réputés pour leur sens de la liberté, pour leur accueil… Pourtant, les Japonais présents là bas après la Seconde Guerre Mondiale ont vu une autre vision de ce pays des libertés. Par leur couleur de peau, par leur nature, ils étaient l’ennemi et ils ont été parqués dans des camps près des déserts.  Alors certes, les horreurs n’ont pas dépassé celles de l’Europe à la même époque, entendons nous bien. Mais l’état de dénuement et de détresse, le désespoir de ces familles, c’est grâce à ce genre de livre qu’on peut s’imaginer un peu ce que c’est.

C’est grâce à ces petites histoire dans l’Histoire qu’on peut enfin mettre un peu des visages et des faits sur ces évènements oubliés de tous. Ce n’est pas grand chose historiquement, mais c’est tellement humainement. Ce sont des graffitis sur des murs de chambre, des regards en coin, des réflexions horribles, des regards en coin…. Ce sont toutes ces blessures qui méritent qu’on se souvienne, tout simplement.

Misericordia de Jack Wolf

Présentation de l’éditeur : Foisonnant, bourré d’aventures et de rebondissements, un roman hors normes qui mêle philosophie des Lumières, leçons d’anatomie à la bougie et amours maudites. Portée par une écriture flamboyante, une oeuvre d’une richesse exceptionnelle. Tristan Hart a vingt ans quand il quitte sa campagne du Berkshire pour rejoindre Londres et les enseignements du légendaire Dr William Hunter. Étudiant surdoué, depuis toujours obsédé par la relation entre le corps et l’âme, son ambition de chirurgien est de soulager la souffrance. Mais dans le secret de son cabinet d’études, il est une chose que Tristan n’ose s’avouer : le plaisir extrême qu’il prend à infliger la douleur. C’est alors qu’apparaît dans sa vie la belle Katherine Montague… «Le Bien, le Mal. Le Vrai, le Faux. Ces Termes sont bien piètres et impropres. En vérité, il n’y a qu’un seul Choix à faire c’est celui d’agir ou de ne pas agir.» «L’extraordinaire fiction gothique de Jack Wolf répond à toutes ses promesses. C’est un conte dans le sens le plus noble du terme. Puissant, parfois cru, toujours élégant, le roman explore l’éternel dialogue entre la tête et les tripes. Et le résultat est délicieusement sanglant… Jack Wolf nous livre son récit avec passion, précision et poésie. Tous ceux qui ont le coeur bien accroché et l’imagination fertile trouveront cette lecture tout simplement étincelante.» The Guardian

Alors, Par où commencer ?

Misericordia, je l’avais pris par amour de la couverture et aussi sous les conseils d’une autre bloggueuse, Antonine, qui m’avait dit que c’était très très bien. Soit, mais vous voyez la présentation de l’éditeur ? On ne peut pas dire qu’en fait, j’étais plus avancée…. Donc ce magnifique livre prend la poussière dans ma bibliothèque. Et puis voilà que le dernier week end, je range cette même bibliothèque et que je me retrouve nez à nez avec la chouette. Et je me dis que franchement, il est dans le prévisionnel de l’hiver, à un moment, il faut se lancer !

Et je me suis lancée. Tout d’abord, ce livre n’est pas à lire en hiver, sachez-le. C’est plutôt un livre de Halloween tant l’ambiance est sombre mais aussi et surtout, tant la tournure du roman en conte prend de l’importance. Par moment, on ne sait plus où se trouve la réalité de la fiction dans ce livre. Il navigue littéralement dans ses modes de récit. Et c’est tout à fait génial ! On pourrait se croire dans les Hauts de Hurlevent, mais tournés à la Tim Burton tant l’auteur nous ballade tout simplement comme il en a envie.

Tristan, le personnage romantique qui cache sa noirceur.

Tristan pourrait être le personnage d’un roman gothique. Mais aussi le personnage d’un conte. Il a en lui une double facette : celui d’un fils qui se sent rejeté mais aussi celui d’un maître en anatomie qui maîtrise la douleur. C’est littéralement fascinant. On sent qu’on est à un moment de l’histoire où la découverte du corps humain fait place à la médecine d’antan. On assiste à des opérations médicales qui pour nous semblent barbares, qui apparaissent comme tâtonnantes mais qui, en fin de compte, sont à la pointe de la technologie de l’époque.

C’est dans cet engouement médical qu’évolue Tristan et surtout que va pouvoir évoluer sa particularité. En rencontrant son aimée, il va pouvoir aussi s’assumer en tant qu’homme et prendre en charge certaines choses. Mais la passion qu’il a en lui, les choses qu’il voit, vont-ils prendre le dessus ? C’est ce qui vous hantera littéralement tout le long de ce roman.

Une plume si particulière mais si belle.

Je vous le disais plus haut, l’auteur nous balade entre conte et récit. Et c’est grâce à sa plume qui se fait un peu vieillote (dans le bon sens, je vous rassure), uniquement pour nous permettre une immersion totale. Je veux dire par là que certains auteurs écrivent comme s’ils étaient au XIX° siècle mais on sent de suite que cela sonne faux. Quand on lit du Jack Wolf, on a l’impression d’y être. Et c’est cette plume sombre, romantique, qui fait tout le charme de ce roman.

En bref : Misericordia est un roman très atypique. Je pense qu’on l’aime ou pas, mais il y a très peu de juste mesure. Mon seul conseil est de se jeter à l’eau (surtout que la version poche vient de sortir). 

Elric de Michael Moorcock

Tome 1 : Elric des dragons.

Présentation de l’éditeur : Melniboné, l’île aux Dragons, régnait jadis sur le monde. Désormais les Dragons dorment et Melniboné dépérit. Sur le trône de Rubis siège Elric, le prince albinos, dernier de sa race, nourri de drogues et d’élixirs qui le maintiennent tout juste en vie. La menace plane ; alors il rend visite au Seigneur du Chaos, Arioch, et conclut un pacte avec lui. Il s’engage ainsi sur le chemin de l’éternelle aventure : le Navire des Terres et des Mers le porte à la cité pestilentielle de Dhozkam, et son destin le pousse à franchir la Porte des Ténèbres ; au-delà, deux épées noires attendent leur maître et leur victime…

Un tome d’introduction.

Je vous mettrai bien des points de suspension, histoire de montrer que je soupire, toussa toussa. Mais en fait non. J’ai bien aimé donc je ne vois pas pourquoi. Elric des dragons est un tome très court. Voire même très très court Et c’est un tome indispensable. Pourquoi ? Tout d’abord, il nous montre les personnages qui vont agir pendant la saga. De plus, il nous montre une société en déclin, l’île aux Dragons. Enfin, ils nous montrent Elric a un tournant de sa vie. La saga va montrer une nouvelle voie qu’il va explorer.

Du coup, ce tome prend tout son sens vu qu’on a effectivement toutes les données en mains, un début d’intrigue, quelques scènes d’action, l’état d’esprit des personnages et une ambiance de posée. Et oui, pour une bonne grande saga, c’est plutôt pas mal de commencer dans ce sens là.

Elric, un personnage sombre.

Elric fait partie de ces personnages que, dès qu’on les rencontre en littérature, on sait qu’on est dans de la Dark Fantasy. C’est plus fort que lui, c’est plus fort que l’auteur, mais si on veut une saga dans ce genre littéraire, il faut les personnages qui vont avec. Dans le sens où il est roi, il a des pouvoirs, il est amoureux. Mais sa Cour ne veut pas de lui, il subit un grand mal et doit tout le temps prendre des médicaments et son peuple est en déclin. Il a perdu de sa superbe.

La question est : va-t-il les laisser tels quels ou va-t-il se battre pour retrouver une splendeur passée. Les anciennes alliances sont-elles toujours disponibles ? Va-t-on devoir partir en guerre ? Changer ? Ou la mort de cette société est-elle inéducable ? Ce sont toutes les questions que se posent ce premier tome, une excellente introduction où on ne s’ennuie pas. Un très bon début de cycle.

Les lames du cardinal de Pierre Pevel

Tome 1

Présentation de l’éditeur : Paris, an de grâce 1633. Louis XIII règne sur la France et Richelieu la gouverne. Le Cardinal, l’une des personnalités les plus puissantes et les plus menacées de son temps, doit sans cesse regarder des ennemis de la Couronne. L’espionnage, l’assassinat, la guerre, tout est bon tour parvenir à leurs fins… et même la sorcellerie, qui est l’œuvre des plus fourbes adversaires du royaume: les dragons! Ces redoutables créatures surgies de la nuit des temps ont en effet survécu et se dissimulent parmi les humains, ourdissant de sombres complots pour la reconquête du pouvoir. Déjà la cour d’Espagne est tombée entre leurs griffes… Alors, en cette nuit de printemps, Richelieu décide de jouer sa carte maîtresse. Il reçoit en secret un bretteur exceptionnel, un officier dévoué que la trahison et le déshonneur n’ont pourtant pas épargné : le capitaine La Fargue. Car l’heure est venue de reformer l’élite secrète qu’il commandait jadis, une compagnie d’aventuriers et de combattants hors du commun, rivalisant d’élégance, de courage et d’astuce, ne redoutant nul danger: les Lames du Cardinal!

Deux genres littéraires si chers à mon petit cœur

Quand j’étais adolescente, je lisais beaucoup de classiques. Parce que ma famille pensait que c’était bien pour moi (et moi aussi, il faut l’avouer). Et donc, quand j’étais adolescente, j’ai lu les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas. Et j’ai eu comme cadeau des heures et des heures de ravissement, de rêve, des aventures.

Et quand j’étais adolescente, je lisais de la Fantasy. Et je passais des heures et des heures à rêver que les dragons existent pour me démontrer leur puissance, pour me montrer que la magie existe pour de vrai. Et j’ai lu des livres et des livres à ce sujet, toujours obsédée par la puissance de l’imaginaire des auteurs..

Et puis j’ai grandi, et Pierre Pevel a écrit les lames du Cardinal. Que j’ai lu, forcément (avec deux ans de retard, royale, toussa toussa). Mais je l’ai lu et j’ai fait un bon dans mon adolescence à suivre des aventures de cape et d’épée, à maudire le Cardinal et son esprit totalement machiavélique. Et en plus, il y a de la magie et tout ce qu’il faut avec. Que demande le peuple ? A part que j’ai envie de relire les Trois Mousquetaires?

Pierre Pevel a su maîtriser le foisonnement des personnages et créer un ordre qui n’a rien à envier à sa préférence.

C’est vrai que prendre comme chef le Cardinal de Richelieu, le connaissant dans les romans,c’était un petit peu risqué. Parce que, normalement, nous sommes du côté des Mousquetaires et de la Reine, par du tout de Richelieu (alors qu’Historiquement, il était plutôt bon en politique). Bref, Pierre Pevel décide de créer les Lames du Cardinal qui correspondent à peu près aux Mousquetaires mais avec des capacités un peu plus magiques

Donc, pleins de personnages ont dû apparaître, alors qu’il a dû se douter que nous en connaissions d’autres et donc que nous chercherions ceux là aussi. Et bien l’auteur a réussi son pari. J’ai scruté et j’ai scruté le moindre petit défaut dans l’agencement de ces personnages et non, nous n’avons pas de caricatures des anciens, nous n’avons pas non plus des personnages fades et nous avons aussi quelques clins d’œil. 

En bref, oui je vous ai largement comparé les deux auteurs, dans les grandes lignes et grossièrement, je vous l’accorde. Mais je voulais surtout vous donner l’envie de découvrir tout ceci par vous même. Car il y a des livres qui ne se racontent pas. Ils se lisent, tout simplement.

Sur des mers plus ignorées de Tim Powers

Présentation de l’éditeur : Fin du XVIIe siècle, dans le Nouveau Monde. Là seulement la magie
Voguant vers la plantation qui lui revient de droit, Chandagnac est capturé par des pirates et sera forcé de se joindre à eux. Pour sauver Beth des atroces pratiques magiques que son père s’apprête à lui faire subir, devra-t-il aussi s’initier aux fabuleuses puissances du vaudou et de ses loas ? mener une lutte sans merci contre les magiciens et les pirates, les loas et les bocors, les zombies, la folie et la mort ?

continue de procurer la jeunesse éternelle, de ramener les morts à la semi-vie et de rendre fous d’horreur les rares Européens qui s’y aventurent ; tel ce père qui cherche à faire revivre sa femme dans le corps de sa fille…

J’avais envie de me convertir à la piraterie

J’ai lu il y a quelques mois Sur des mers plus ignorées de Tim Powers. Et devinez qui c’est qui a mais complètement zappé de vous faire la chronique ? Et bien c’est moi. Et c’est bien dommage car, le saviez vous ou pas, la saga Pirates des Caraïbes s’est largement inspirée de ce roman, notamment pour le quatrième opus. Et croyez moi, cela se voit de suite dès qu’on lit les premières pages. Non, Jack Sparrow n’apparaît absolument pas sur la proue du Black Pearl, mais la description des personnages vous fera penser légèrement à ceux du film et vice et versa.

Plus que cela, l’ambiance y est étrangement similaire. Aussi, pour la visualisation dans le roman, c’est une petit beurre. Je m’y voyais déjà largement ! Donc, si en plus vous avez les Bandes Originales de cette superproduction, j’ai envie de vous dire : ne vous privez pas ! Cela augmentera votre immersion dans le monde de la piraterie.

La quête de la jeunesse éternelle est commencée

Et oui, vous reconnaissez maintenant l’enjeu de ce livre, surtout si vous avez vu le même film que moi. Et là vous allez me dire qu’on va s’ennuyer, cela va raconter la même chose ! Diantre, tout cela est faux. C’est juste une belle inspiration qui a été faite là, rien de plus. Aussi, vous verrez de suite bon nombre de discordance au récit et vous vous prenez du coup à trouver où se trouve ce mystérieux endroit qui permet d’avoir la jeunesse éternelle.

Et là on a la plume de l’auteur qui est juste…. Waouw. On sent qu’il s’éclate dans son roman. Mais aussi dans des mystères magiques. Il aime décrire ses personnages ainsi que des lieux et des situations insolites. Il a sa propre marque. Et c’est juste très beau à lire. Un excellent roman d’aventure !

Les voies d’Anubis de Tim Powers

Présentation de l’éditeur : Vraiment, pourquoi Brendan Doyle, jeune professeur californien, aurait-il refusé de faire à Londres cette conférence payée à prix d’or? Comment deviner que l’attend la plus folle et la plus périlleuse des aventures ?
Voyez plutôt: à peine arrivé, le voici précipité, par une mystérieuse brèche temporelle, dans les bas-fonds de Londres. De Londres en 1810 ! Sorciers, sectes et rumeurs de loup-garou … Et, nul doute, quelqu’un cherche à l’enlever sinon à le tuer !
Au hasard de sa fuite, Doyle régressera jusqu’en 1685 puis sera projeté dans l’Égypte de 1811 où des magiciens vénèrent encore le dieu Anubis.
Traqué, maintes fois capturé et toujours s’échappant, il cherche à corps perdu la « brèche » du retour

Des raisons de lire un tel livre

La toute première est évidente, n’est-il pas ? L’objet livre, tout simplement. C’est réellement futile et j’en ai bien conscience mais lorsque Bragelonne a réédité les Voies d’Anubis dans son Edition du Cuivre, j’ai su que j’allais vendre un rein pour entamer ma collection. C’est une Edition magnifique qui fait une des grandes fierté de ma bibliothèque et que je suis absolument ravie de transmettre plus tard que ce soit à mes amis qu’à mes enfants.

De plus, Les voies d’Anubis sont un des des livres fondateurs du courant Steampunk. Alors, quand on aime ce courant comme moi, on le lit, tout simplement. J’aime bien voir l’origine des courants littéraires pour pouvoir comparer ce qui se retrouve dans les autres livres et ce qui n’a pas été « retenu »

Enfin, ce livre traite de plusieurs choses : Londres au XIX° Siècle, les dieux Egyptiens, certaines formes de magie, les voyages et les paradoxes temporels. Tout ceci faisait que ce livre, il fallait que je le lise. Il fallait que je savoure chaque page. Aussi fallait il trouver le bon moment, la bonne période, le bon état d’esprit.

Un voyage entre le temps et l’espace.

L’automne semblait tout indiquée pour cette lecture. C’est une période cocooning où, avec un peu de chance, le ciel est gris et brumeux. Il suffit d’une petite bougie épicée et vous voilà de suite dans l’ambiance. C’est durant un de ces week end pluvieux que je me suis plongée dans les aventures de Brendan Doyle, historien, qui se retrouve à faire un voyage dans le temps, à Londres au XIX° siècle. Et je dois dire que Tim Powers a fait un travail remarquable de documentation car on s’y croirait.

De la cour aux miracles, au faubourgs de Londres, dans les rues populaires, dans les rues un peu plus aisées. Il m’a pris pendant quelques centaines de pages d’avoir l’impression d’être dans ce Londres des temps jadis.

Quant à l’enquête, le fond de l’histoire, j’ai été happée dès le début et jamais je n’ai pu imaginer tous les différents tenants et aboutissants pendant les premiers chapitres. L’auteur s’amuse avec notre sens de la déduction et nous perd régulièrement pour mieux nous rouler dans la farine ensuite.

Aussi, ce voyage dans le monde Steampunk fut un véritable régal. Et je sens que ce livre méritera une relecture dans quelques temps, lorsque les choses se seront calmées. J’ai déjà vu quelques références que l’on trouve dans les romans actuels. Mais aussi j’ai reconnu la patte de Tim Powers.

Inquisitio de Nicolas Cuche

Présentation de l’éditeur : 1355. Le jeune Guillaume de Tasteville, envoyé au cachot pour être puni de sa jalousie à l’égard de son frère cadet, échappe au fléau qui emporte toute sa famille : la peste.
Vingt-cinq ans plus tard, c’est sous un nom d’emprunt qu’il parcourt les routes de la chrétienté, traquant les blasphémateurs, sorciers et autres hérétiques. C’est l’époque de l’Inquisition, et il en est un des bras armés. L’Église est déchirée par des luttes internes : en Avignon règne le pape Clément VII, un bon vivant, tandis qu’à Rome le pape Urbain VI prône une rigueur absolue. Dans ce contexte de schisme, les temps sont particulièrement troublés. Quand des meurtres sont perpétrés sur des prêtres – mutilés atrocement, ils sont cloués sur des croix, tête en bas –, celui qui se fait désormais appeler Guillermo Barnal n’a de cesse de retrouver les maudits qui osent commettre de telles horreurs. Son enquête le mène vers la belle et mystérieuse Madeleine, dont les cheveux de feu et le tempérament sauvage pourraient être des signes de sorcellerie… Mais le spectre de la Mort noire n’a pas fini de rôder. L’épidémie de peste est-elle une punition divine ? Un médecin idéaliste se dresse face à l’inquisiteur et veut lui prouver que l’on peut sauver les populations. Entre les deux hommes s’engage un bras de fer au cours duquel chacun va voir ses certitudes vaciller.

Entre roman historique et roman religieux. 

Ce roman, Inquisitio, a fait beaucoup parlé de lui car il est sorti en série… Je ne sais plus quand, je vous avouerai tout. Mais forcément, j’ai dû croiser une bande annonce qui traînait par là, j’ai vu le prix exorbitant du grand format et je l’ai pris quelques temps plus tard en numérique (parce que les lecture historiques, c’est aussi mon dada) Un an est quelques plus tard, me voici devant ma liseuse en me disant que j’allais passer un coup de balai dans ma PAL numérique, histoire de, la bête faisait à vu de nez moins de 500 pages. C’était tout bénéf’ pour moi entre deux gros trucs.

Et en effet, on navigue dans le XIV° siècle, au moment du schisme entre les deux papes. Comme toujours, on voit deux papes franchement crégnos. Il y a des crimes de prêtres, de la Peste, une fille aux cheveux roux (c’est pour le côté sorcier), des juifs, des chrétiens…. Et une histoire de famille. Alors, vous me direz : c’est toujours la même chose en fait. Bah oui, mais c’est toujours dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleurs soupes et Inquisitio ne fait pas exception à la règle.

C’était bien. Il y’avait du bon débat religieux avec un petit plus que j’ai bien aimé c’est à dire la sorcellerie qui pourrait être aussi une certaine notion de médecine. Bref. Nicolas Cuche a fermement tenu ses promesses et il a même donné le petit style qui vous dit que vous n’avez pas du tout perdu votre temps (on a appris des choses historiques tout de même, et c’est pas donné dans tous les romans historiques, croyez moi), et en plus on s’est diverti parce que….

Et bien oui, il y ‘avait du thriller à la clé.

Alors certes, c’était pas une intrigue du siècle (nombre de pages oblige, de une, et puis franchement, de l’intrigue pour de l’intrigue…. Mouai bof) mais c’était suffisamment dosé pour que les détails historiques ne plombent pas l’ambiance, idem pour les enjeux religieux. Elle était franchement bien cette petite intrigue sur la Peste, Et l’auteur l’avait très très bien tournée. L’exercice de style n’était pas non plus ampoulé, je vous rassure, mais il était très bien dosé.

En somme ? Ce n’est pas un coup de coeur, ce n’est pas un roman inoubliable. Mais si vous avez des gens qui piétinent pour se lancer dans des gros trains genre les pilliers de la terre ou même Da Vinci Code parce que c’est du gros pavé et qu’ils ont peur. Et bien, donnez leur du Inquisitio (qui n’a rien à envier aux autres). Ce n’est pas un roman fleuve, c’est juste un roman pour vous détendre en vous cultivant.

Le livre perdu des sortilèges de Déborah Harkness

Tome 1




Présentation de l’éditeur : Diana Bishop est la dernière d’une longue lignée de sorcières, mais elle a renoncé depuis longtemps à son héritage familial pour privilégier ses recherches universitaires, une vie simple et ordinaire. Jusqu’au jour où elle emprunte un manuscrit alchimique : L’Ashmole 782. Elle ignore alors qu’elle vient de réveiller un ancien et terrible secret, et que tous – démons, sorcières et vampires – le convoitent ardemment. Parmi eux, Matthew Clairmont, un vampire aussi redoutable qu’énigmatique. Un tueur, lui a-t-on dit. Diana se retrouve très vite au coeur de la tourmente, entre un manuscrit maudit et un amour impossible.

Non mais la première partie elle était bien….

Et pourtant, Ptitelfe a fait des points plus et des points moins dans sa chronique  …. Que vous dire de ce livre à part que je suis tellement déçue car mon amoureux l’a bien aimé et que du coup, je me rends compte que c’est une midinette qui couine (tout fout le camp). Et donc, oui la première partie c’était pas mal parce qu’on décrivait Oxford, on décrivait l’Ashmole. Ce qui m’énervait un peu, c’était cette sorcière qui disait qu’elle avait plein de pouvoirs et qui répétait sans arrêt qu’elle ne voulait pas sans servir. Mouai.

Et puis elle voit un vampire qui commence à faire son beau et surtout son macho de service (parce que les vampires c’est forcément vieux, donc ça marque le territoire et en prime, ça va chez les gens comme ça.). Bref, je mets un peu tout ça Place Clichy et je me dis qu’on va avoir une belle enquête avec des mystères et tout. Alors bon un vampire, c’est que dalle.

Oui mais voilà. Le vampire il reste dans le livre et la sorcière aussi….

Que c’est embêtant…… Alors, après la seconde partie, on était deux à faire des yeux mais ronds comme des billes devant les choses qui se passaient devant nos yeux. Et l’instauration d’une limite nous concernant : pas plus de trois chapitres par jours. Et à la fin, je l’avoue, je l’ai torché en cachette parce que l’idée d’avoir une niaiserie une soirée de plus… Cela me dépassait.

A croire que je deviens réellement féministe mais en fait. C’est quoi cette vision de la femme dans ce bouquin? Sorcière qui plus est. Mince cela voudrait vouloir dire qu’elle est encore plus libre. Mais non, l’autre cruche est soumise jusqu’au bout. Même aux médocs parce que croyez moi, de la morphine sans effet secondaire, je n’en ai jamais vu (pour vous dire le réalisme de ce truc).

Quant à Matthiew et sa famille : OK on a compris l’intérêt d’avoir un vieux vampire dans le groupe. Mais franchement le faire parler  occitan les trois quarts du temps… C’est simple, j’ai eu l’impression que l’auteure a voulu nous imiter le Cercle de Pierre avec Jamie Fraser qui nous sort des phrases écossaises de temps en temps. Sauf que comme le babache il est français (so exotique pour des anglicans) et bien on a sortir la langue d’Oc, histoire de montrer qu’on s’y connaît un peu.

Non mais franchement, c’est pas une vision de la femme que j’ai envie de lire ou d’avoir sous mes yeux. C’est pas une romance qui me fait vibrer, c’est pas des relations et des raccourcis dans les aventures que j’aimerai avoir. Par contre, si on pouvait me donner les mêmes effets de la morphine la prochaine fois que je me coince le sciatique. Là……..

Alors, un petit deuxième ou pas  ?

Parce qu’il est dans ma PAL le bougre. Paraît même qu’on a plus affaire à une enquête qu’à une romance. Bon j’ai un doute là dessus mais j’ai horreur de laisser des livres non lus dans ma bibliothèque, même si ce sont des livres que mon chéri de guimauve il aime. En tous cas, pas de suite parce que les 700 pages comme ça, faut se les farcir quand même.

Donc, en gros, si je lis le second tome. Pas de suite, sûrement en été où je suis le moins hermétique à la romance au monde entier. Bref, j’emmènerai aussi Hélène avec moi puisqu’elle a aimé les clins d’oeils à Twilight *aie tu fais mal !!!!*

Loup, Y es-tu ? de Pierre Courtade

Présentation de l’éditeur : Et si les êtres maléfiques des contes de notre enfance existaient réellement?
Sans doute ces créatures vampiriseraient-elles notre planète. Elles seraient de tous les génocides, manipuleraient les plus grands dictateurs. Bref, tapies dans l’ombre d’Hitler ou sous le feu des projecteurs des plateaux télé, elles auraient entre leurs mains expertes le devenir de l’humanité.
Sinistre tableau !
Si de tels êtres vivaient, il serait à souhaiter que leur alter ego bienfaisant existe également. Qu’en ce début du XXIe siècle, ces personnages merveilleux s’éveillent et décident de se battre.
Et alors, qui sait de quel côté la balance pencherait…

Henri Courtade s’amuse à nous ballotter entre contes et réalités

Et c’est tout l’intérêt de ce livre, vous allez me dire ! L’auteur reprend les contes de notre enfance (oui ok c’est de mode en ce moment) et faisait comme si qu’elles étaient réellement parmi nous. Et que leurs actions provoqueraient les évènements de notre histoire propre. Ainsi, si vous vous posiez des questions sur les motivations de Hitler, vous verrez que la méchante sorcière avait besoin d’exterminer des nains. Le World Trade Center et l’attentat du 11 Septembre ? Un moyen discret d’effacer une des héroïnes de contes. Et mine de rien, parfois on sourit de nos franches quenottes et on se surprend à dire : « Les s*** Ils nous cachent tout. En même temps, ils contrôlent les informations, on ne saura jamais la vérité!!!!!!! »

Parfois, c’est plaisant de se dire que le Chaperon Rouge, la Belle au Bois Dormant, Cendrillon et ses copines existent vraiment. Mais malheureusement, le fait est que ce soit un conte populaire ne nous aide pas non plus car notre esprit d’adulte se dit que c’est clairement impossible, que l’on ne doit en retirer que la morale et non l’histoire. C’est un véritable tiraillement qui s’opère en nous. Peut être contes et réalités sont difficiles à superposer…..

Toutefois, on se laisse prendre à l’enquête.

Oui car que veut cette méchante sorcière ? Pourquoi est elle aussi méchante ? Pourquoi les trois donzelles doivent toujours la combattre ? Qui seront ses alliés dans les contes que nous avons à disposition ? Y’aura-t-il des humains aussi ? Ou seront ils des pions ? Qu’est ce qu’il fait que ces héros soient si spéciaux pour être intemporels et surtout aussi puissants ?

Malgré nous, les interrogations fusent de partout et on se prend au jeu du thriller laissé par l’auteur. On se prend aussi à chercher la fin, à chercher le coupable, à se demander comment cela va se passer ? Comme dans le conte ? C’est pour moi ce qui a réellement sauvé le roman.

En bref ? Et bien, c’est une bonne adaptation des contes. Mais selon moi, c’est difficile de juger. J’ai beaucoup aimé me retrouver dans ce roman, de m’attacher à ses personnages et surtout à les rechercher dans notre réalité. J’ai aussi apprécié l’intrigue et la fin qui est digne d’un conte (mais quelle version ? ) Mais cela n’est pas un coup de coeur et je ne sais même pas pourquoi.

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