La Faute de l’Abbé Mouret d’Emile Zola

Présentation de l’éditeur : Serge Mouret est le prêtre d’un pauvre village, quelque part sur les plateaux désolés et brûlés du Midi de la France.
Barricadé dans sa petite église, muré dans les certitudes émerveillées de sa foi, assujetti avec ravissement au rituel de sa fonction et aux horaires maniaques que lui impose sa vieille servante, il vit plus en ermite qu’en prêtre. A la suite d’une maladie, suivie d’une amnésie, il découvre dans un grand parc, le Paradou, à la fois l’amour de la femme et la luxuriance du monde. Une seconde naissance, que suivra un nouvel exil loin du jardin d’Eden.
Avec cette réécriture naturaliste de la Genèse, avec ce dialogue de l’ombre et du soleil, des forces de vie et des forces de mort, du végétal et du minéral, Zola écrit certainement l’un des livres les plus riches, stylistiquement et symboliquement, de sa série des Rougon-Macquart.


Emile Zola tente de revenir sur le mythe d’Adam et Eve avec cet opus

Lorsqu’on lit le titre de ce livre, on s’attend à un livre extrêmement sombre et pesant. En fin de compte, c’est plutôt un livre léger qui tente de donner un œil neuf. On a l’impression de revenir au mythe de Rousseau et de l’homme naturel. Emile Zola nous prend Serge Mouret, un prêtre, qui suite à un malaise se retrouve au Paradou, une maison où se trouve une jeune femme  dont il tombe amoureux petit à petit. On retrouve beaucoup de descriptions de paysages de jardins, de ballades, de sentiments qui apparaissent en fin de compte assez innocent.

C’est une pause assez libertine, certes, puisqu’on traite de la liaison de Serge avec une femme alors qu’il est prêtre. C’est donc considéré comme une faute puisque c’est interdit par l’Eglise. Mais Emile Zola nous traite le sujet comme si c’était justement un amour pur et innocent, ce qui rend cet opus assez frais et cette histoire d’amour assez belle. Nous avons ainsi la réelle impression de retourner dans le jardin d’Adam et Eve où, dès que le désir inassouvi prend place, un malaise entre les deux personnes s’installe et le péché aussi par la même occasion. Mais nous prenons note que le péché vient surtout du fait de ce que pensent les gens et non l’acte en lui même.

Emile Zola nous montre un peu les travers de l’Eglise à travers cette histoire.

En effet, en parallèle de ce moment d’amour, nous voyons là la vie des paysans et des paysannes qui se comportent comme de vrais animaux en rut. On pourrait croire que c’est assez choquant car on a l’impression que les jeunes hommes et les jeunes femmes font tout pour se retrouver derrière les buissons et que l’Abbé Mouret fait de son mieux pour « rattraper » les choses avec un mariage pour chaque naissance. Du coup, nous avons une description des rites religieux qui est franchement morbide. Nous avons l’impression que chaque personne ne comprend aucun sacrement, aucune messe et que chaque formule latine est faite pour enterrer la nature profonde des habitants du patelin.

Par la même occasion, l’auteur nous décrit l’amour de Serge Mouret, réputé être un saint homme, pour la Sainte Vierge et c’est un amour quasi charnel que nous avons là. Pas du tout l’aspect théologique. On a l’impression que tout amour physique interdit se retransmet dans l’amour de l’icône de la Vierge, ce qui montre que c’est assez malsain du coup. Par opposition, son amour pour une jeune fille paraît beaucoup plus sain, beaucoup plus naturel que son amour pour la Vierge.

En bref, un tome complet, complexe qui traite beaucoup de prêtrise, de religion et de mœurs. Ce qui change de tous ces tomes sur la politique, l’ascension sociale et l’argent. A noter que l’observateur de ce tome est le Docteur Pascal, notre enquêteur de hérédité de la saga.

Le Docteur Pascal d’Emile Zola

Présentation de l’éditeurA Plassans, berceau provençal de sa famille, tandis que le Second Empire est tombé depuis deux ans, Pascal Rougon vit auprès de sa nièce Clotilde qu’il a élevée et qu’il adore. Ce sont moins ses patients qui l’occupent que ses recherches médicales, largement tournées vers l’hérédité, et l’histoire des Rougon-Macquart dont il a constitué l’arbre généalogique. Mais ces papiers, sa vieille mère voudrait les voir détruits pour qu’enfin disparaisse toute trace de la honteuse naissance de la famille, et Clotilde commence par prêter la main au complot. Récit de la chute de l’Empire et de la guerre, La Débâcle marquait la première fin du cycle des Rougon-Macquart. En 1893, Le Docteur Pascal constitue la seconde, puisque ici se conclut l’histoire de la famille.

Le Docteur Plassans est le roman qui réunit toute la famille des Rougon Macquart.

En effet, nous sommes en présence de l’ultime tome de la série des Rouhon Macquart. Et pour clore cette saga, Emile Zola va prendre un médecin, Pascal, qui étudie son arbre généalogique de manière scientifique. Dans le même temps, il a élevé sa cousine Clothilde dont il va tomber amoureux.

Mais ici, nous aurons un condensé de la saga familiale puisqu’en reprenant ses notes, Pascal nous fera le lien entre tous ses romans. Nous prendrons ainsi un peu de recul face à ces histoires, ces tranches de vie. De plus, nous observerons à la loupe les différentes tares de la famille. C’est quasiment une analyse génétique que nous avons là, une véritable étude de l’hérédité.

J’ai tendance à identifier Emile Zola lui même au Docteur.

En effet, lorsqu’on voit la passion de Pascal pour son histoire familiale, la manière dont il s’efforce les caractéristiques de chacun, on ne peut que penser à l’auteur et à ce qu’il a dû endurer pour écrire cette vingtaine de romans, les attaques qu’il a dû subir aussi, et surtout ce que ses proches ont dû ressentir face à cette passion dévorante.

Toutefois, Emile Zola, qui au départ à voulu que Pascal soit différent de sa famille, le pousse à être comme les autres : malade, parfois incestueux et surtout malheureux. Mais en même temps, à ne pas vivre pleinement sa vie, en renonçant à tout pour les autres, ne passe-t-on pas à côté de l’essentiel ?

Le Cycle des démons de Peter V Brett

Tome 1 : L’Homme-rune

Présentation de l’éditeur : Parfois, il existe de très bonnes raisons d’avoir peur du noir…
Arlen a onze ans et vit avec ses parents dans leur petite ferme. Lorsque la nuit tombe sur le monde d’Arlen, une brume étrange s’élève du sol ; une brume qui promet la mort aux idiots qui osent affronter les ténèbres, car des démons affamés émergent de ces vapeurs pour se nourrir des vivants. Quand le soleil se couche, les gens n’ont pas d’autre choix que de s’abriter derrière des protections magiques et de prier que leurs défenses tiennent jusqu’à ce que les créatures disparaissent aux premières lueurs de l’aube. Lorsque la vie d’Arlen est détruite par le fléau des démons, il s’aperçoit que c’est la peur, plus que les créatures, qui, en réalité, paralyse l’humanité. Persuadé que son monde ne se résume pas à ça, il risquera sa vie pour quitter la sécurité des runes et découvrir une autre voie.

Un univers extrêmement sombre pour un début de saga

Tout commence dans un univers médiéval avec toutes ses caractéristiques. D’abord des villes, avec un système de tout à l’égout très peu développé, des guildes de Messagers, de Protecteurs, un clergé, des jongleurs, des cueilleuses (l’équivalent des médecins). A la tête des villes se trouvent ds ducs mais il n’y a plus de royauté depuis longtemps. Entre les villes se trouvent des hameaux, sorte de villages peuplés de ruraux. Pour le commerce, on utilise les Messagers car les routes ne sont plus très développées. Les Confesseurs, sortes de prêtres, dirigent plus ou moins les hameaux, pendant que les cueilleuses se soignent. Les monnaies sont très peu utilisées car le troc a le plus souvent court.

Pourquoi le commerce et les hameaux ne sont pas très développés ? C’est très simple. Comme aux temps les plus sombres du Moyen Age, les démons existent et s’amusent à étriper les gens qui ne sont pas protégés par des runes. Personne ne peut combattre les démons car tout le monde a perdu les runes d’attaque autrement dit, la Foi. C’est en cela que je compare ce livre à la première période du Moyen Age : âge sombre, beaucoup de mysticisme, peur du noir et des démons, énormément de suspicion. Toutefois, cette période sombre appelle à la lumière, à la connaissance, comme nous autrefois lorsque nous avons commencé le chemin vers la connaissance. Et de même que pour nous la connaissance était parfois contenu dans l’Antiquité, les connaissances sur les démons sont contenues dans des temps anciens, les gens payant pour des erreurs passées (dont on ne sait rien, bien entendu).

Un trio Hétéroclite pour nous amener vers la lumière 

Voyez, quand on commence à parler de religion ! Commençons par Arlen, le fils d’un charpentier (sisi je vous jure). Sa mère se fait attaquer par des démons. Elle ne survit pas car son père a peur d’aller chercher l’aide d’une cueilleuse. Cette peur du noir qui paralyse tout, Arlen n’en peut plus. Il veut marcher de nuit, dormir tranquillement, combattre des démons. Alors il choisira de quitter son foyer et de partir -en pélerinage?- pour devenir Messager, le seul moyen pour lui de trouver des runes d’attaque dans de vieilles ruines.

Ensuite, nous suivons Leesha, une jeune femme qui veut être vertueuse. SOn père tient une papèterie et sa mère la déteste. Elle veut la marier, et pourquoi pas de force, au fils de son amant. Mais Leesha trouvera une autre voie : elle suivra Bruna pour devenir cueilleuse et connaîtra au fur et à mesures les moyens de guérir les gens, mais aussi tous les procédés chimiques des plantes.

Enfin, il y a Rajen, un gamin mutilé aux doigts par un démon. Il est recueilli par un jongleur qui fut autrefois très connu. Cet homme lui apprendra tout ce qu’il sait pour se faire pardonner de la fameuse nuit de la mutilation. Ce jeune garçon va découvrir qu’il détient un étrange pouvoir sur les démons quand il joue du violon.

Que sera le résultat de la rencontre de ces trois personnes, ce triptyque à l’apparence divine ? Comment se déroulera la suite de la légende ?

En bref, un premier tome plus que prometteur car il possède de solides fondations mythologiques. En effet, les démons et la société sont extrêmement bien décrits et tout semble logiques. Ensuite, les personnages sont très bien amenés et leur personnalité sont très complexes, pas du tout caricaturales. Enfin, l’auteur utilise des références que tout le monde comprend car elles font partie non seulement de nos peurs communes mais aussi de notre histoire commune. J’adorerai voir ce que l’auteur a fait avec le second opus

Ce livre a été lu dans le cadre du Baby Challenge Fantasy 2013
Mais aussi dans le cadre du Challenge New Pal 2013
Et enfin dans le cadre du Challenge Saga en folie.

Les Nouvelles enquêtes du Juge Ti de Frédéric Lenormand

Tome 1 : Le Château du Lac Tchou An

Présentation de l’éditeur : En l’an 668, durant un déplacement en province, le juge Ti est surpris par une inondation spectaculaire. Il se réfugie dans une auberge, dont l’un des hôtes un voyageur de commerce, est bientôt retrouvé mort. Suivi de son fidèle serviteur, le sergent Hong, Ti s’intéresse alors au château des seigneurs locaux – splendide propriété lacustre dont les occupants lui paraissent étranges et inquiets. Il comprend vite que l’opulente famille Tchou toute entière lui ment pour protéger un secret. D’autres meurtres commis à la faveur du brouillard, sur les eaux d’une crue toujours plus menaçante, amènent l’enquêteur à exercer sa légendaire sagacité. Personnage historique du VIIe siècle, le juge Ti fut aussi le magistrat le plus populaire du roman chinois. En inconditionnel inspiré, Frédéric Lenormand reprend à son compte le héros qui fit le succès de la série de Robert Van Gulik, et le ressuscite dans son humour décalé et son intelligence hors du commun

Une lecture qui va vous détendre en vous faisant résoudre une énigme

Quoi de mieux pour se délasser le soir que de se retrouver dans un livre se déroulant dans une Ancienne Chine, avec un juge itinérant qui se retrouve avec deux meurtres sur les bras, une demeure dont les habitants sont franchement bizarres et une crue qui va l’empêcher d’atteindre sa destination première.

Comment peut-on relier ces meurtres avec cette demeure étrange, alors que personne ne coopère ? Et bien Frédéric Lenormand va vous écrire tout cela dans un petit livre bourré de réflexions et d’humour.

Quel homme ce juge Ti !

Le juge Ti pourrait être l’équivalent d’un Lieutement Columbo chinois. Il est doté tout d’abord d’un sens de l’observation très aigu. En effet, il arrive naturellement à discerner les dissimulations des habitants du village. De son sens de l’observation, on découvre un humour caustique absolument irrésistible. S’il y a bien une chose qui peut vous amener à vous détendre d’une longue journée de travail, ce sont bien les réflexions critiques du Juge Ti. Il ne s’en cache pas, il est aussi fortement imprégné de l’esprit de Confucius

C’est avec cet homme délicieux que vous découvrirez les mystères du Lac Tchou An, des scènes de quiproquos très amusantes. J’ai eu l’impression que tout me venait petit à petit, guidée par l’auteur, dans un rythme approchant la perfection. Un premier tome à déguster pour ceux qui aiment les enquêtes policières et les meurtres crapuleux.

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge New Pal 2013
Tome 2 : La nuit des juges
Présentation de l’éditeurLe juge Ti s’ennuie dans sa bonne ville de Peng-lai. Jusqu’au jour où il est convoque à Pien-fou : le préfet doit décider qui, parmi les sept juges réunis, aura l’honneur d’être nommé au poste convoité de cette florissante cité. L’ancien magistrat a en effet été défenestré, et personne ne croit à la thèse de l’accident : La compétition peut commencer : insinuations perfides, médisances, insultes et crocs-enjambe, tous les coups sont permis
Le juge Ti est confronté au jugement de ses collègues
Pour le second opus des nouvelles aventures du juge Ti, nous avons un juge qui s’ennuie. En effet, il n’a pas d’enquête sous la dent et il tourne en rond. Mais voilà qu’une missive lui dit de se rendre directement à Pien Fou. Là, il se retrouve en contact direct avec ses collègues et ne peut s’empêcher d’exercer sur eux son oeil critique.
Aucun juge n’a de grâce à ses yeux. L’un est fainéant, l’autre est trop cupide, l’autre encore n’est juge que par ses relations familiales… On se rend vite compte que les juges ne sont pas exactement le modèle de vertu que l’on imagine, ce sont des hommes comme tout le monde.
Mais le juge Ti n’est pas impartial et parfait non plus. Nous voyons pour une fois la vision des autres du juge Ti. Nous découvrons quelqu’un de carriériste, pointilleux, limite très agaçant. C’est amusant de voir ce point de vue là et de voir surtout un juge Ti plutôt susceptible. Cela le rend plus humain.
Toutefois, à côté se trouve une énigme en forme de poupée russe.
En effet, question énigme, nous ne sommes pas en reste avec un huit clos et des manières tout à fait différentes de résoudre un meurtre selon les
juges. Et une fois n’est pas coutume dans tout bon huit clos, un meurtre va en cacher un autre, ce qui rend la résolution de tous ces mystères bien difficile.
En bref, près de 300 pages de détente pure auprès d’un juge de plus en plus attachant avec la découverte de ses petits défauts t de ses petites manies.

Tome 3 : Le palais des courtisanes
Présentation de l’éditeur : Un corps sans tête est découvert dans une maison close de Pou-yang, la ville administrée par le très confucéen juge Ti.
Son enquête au cœur du milieu de la prostitution l’oblige à fréquenter assidûment le quartier réservé. Et ses trois épouses, outragées, se mettent en tête de s’émanciper…
Le pauvre Juge Ti se retrouve dans des situations bien compromettantes.
Il y a bien une chose que je me demande à chaque fois que je commence un tome, c’est : qu’est-ce qu’il va encore lui arriver à notre pauvre Juge Ti ? Figurez vous qu’un de ses collègues débarque. Plutôt que de débattre toute la nuit avec son ami Ti sur les bienfaits de la philosophie confucéenne, il préfère aller visiter une maison close (on se demande pourquoi). Imaginez surtout la tête des trois épouses de notre juge quand elles vont l’apprendre.
Arrive un meurtre -oui, cela arrive – et voilà notre bon juge obligé de fréquenter assidûment des prostituées en voyant ses femmes avoir des fréquentations et un comportement douteux. Affligé d’une épidémie de migraines chez ses épouses, ce qui le force à prendre le canapé, le juge Ti va tenter de démêler cette affaire au milieu de maisons closes, d’héritage, de fantômes et de scandales familiaux.
Entre humour et enquête, le Juge Ti arrivera encore à me surprendre.
Cela semble simple, à vue de nez, et vous allez me dire que c’est sympa mais sans plus. Et bien détrompez vous. Non seulement les situations cocasses qui se déroulent dans ce livre ainsi que l’humour du Juge Ti lui-même, mais en plus, j’ai dû attendre les dernières pages pour découvrir le lien entre les différents protagonistes mais surtout, ce qui est vraiment important dans un policier, j’ai dû attendre les dernières pages pour savoir qui avait fait le coup !
Alors, ce que Frédéric Lenormand écrit, c’est court mais c’est intense et c’est réellement bien agencé. J’adore et j’en redemande.

Tome 4 : Petits meurtres entre moines

Présentation de l’éditeur : Dépêché au monastère taoïste des Rêves pour une procédure de routine, le juge Ti constate de nombreux suicides inexpliqués.
D’autres phénomènes étranges ont lieu: visions prémonitoires, manifestations magiques… Décidément, le quotidien des moines semble quelque peu déroutant. Malgré les efforts de l’abbé, soucieux de le voir partir, le juge Ti est déterminé à faire jaillir la lumière
.

C’était comme une envie de le retrouver.

Une fois qu’on aime les aventures du Juge Ti, il se passe un phénomène étrange. Si vous n’avez pas votre petit épisode au bout d’un certain temps, un phénomène de manque se crée inexorablement. Surtout que la dernière fois, nous laissions notre juge dans une situation plus que délicate avec ses épouses. Dans cet épisode, nous allons plus nous concentrer sur Madame Première qui ne supporte plus les autres épouses ainsi que leurs enfants. En effet, elle n’a pas pu en avoir. Devant ses crises d’hystérie, le juge Ti décide de l’envoyer en retraite dans un couvent où des femmes folles sont envoyées

Notre Juge se demande s’il ne va pas trop loin tout de même parce qu’il l’envoie réellement pour les besoins de son enquête alors que lui même va dans un monastère régler une histoire de meurtres (encore, oui je sais). Là, il va surtout se rendre compte qu’il aime la compagnie de Madame Première ainsi que son caractère fort et bien trempé.

Confucianisme et religion.

Oui, je sais, cette association pique un peu. Mais notre pauvre juge se retrouve dans un monastère du sommeil où, après ch
aque décès de moine, on lit tous les rêves du défunt afin de déterminer si c’est un saint ou non. Donc, non seulement il doit enquêter sur des morts suspectes mais il se coltine les rêves des victimes après…

Plus sérieusement toutefois, il se rend compte que ce monastère est rempli de personnes qui profitent du système de la religion pour faire fortune et qui ne sont pas du tout là pour faire un office religieux. Ce qui développe un humour acide toujours présent dans les Nouvelles aventures du juge Ti. Et comme de bien entendu, j’avais tout faux sur le coupable 🙂

Tome 5 : Madame Ti mène l’enquête

Présentation de l’éditeur : Le cadavre d’une femme est découvert dans une clairière.
Le juge Ti, victime d’une malencontreuse chute de cheval, est cloué au lit pour plusieurs semaines. Son épouse, Madame Ti, qui s’ennuie au foyer, décide de le remplacer au pied levé. Mais bientôt, un autre cadavre est retrouvé, et ce n’est plus une, mais deux énigmes qu’il lui faut résoudre…

Un épisode drolissime !

Le juge Ti se blesse et est donc incapable de mener son enquête physiquement; Il charge un de ses sbires de faire l’enquête à sa place mais c’est sans compter Madame Première, au tempérament aussi trempé que son juge de mari qui a décidé de prendre les choses en main. On a donc dans ce tome une ribambelle de sketches où l’épouse du Juge Ti s’arrange pour cacher à son mari et à trouver des excuses complètement bidons pour que celui ci ne découvre pas l’affaire. Le juge Ti découvrira-t-il ainsi la supercherie ? Je vous laisserai deviner en lisant ce tome.

Et donc, Madame Première qui est tout de même une dame distinguée, se retrouve dans la peau d’une enquêtrice et elle aime cela. Je la vois toujours comme une madame Columbo, qu’on ne voit jamais et qui, même si elle est aussi capable que son mari, la société veut qu’elle soit en retrait. C’est exactement cela qui se passe ici sauf que la madame se rebique et se moque très gentiment de son mari alité.

Une enquête réellement prenante

Et oui, l’enquête, elle est un peu sous forme de malédiction, un peu sous forme de meurtres en série. On ne sait pas bien, surtout qu’on a vraiment le point de vue de la dame. Aussi, par ce truchement absolument génial, on ne se doute de la réalité de l’intrigue et surtout qui est le réel coupable que quelques pages avant la fin. Bien entendu, le tout arrosé à la sauce du Juge Ti !

Aussi, un petit roman idéal pour vos week end détente. Je vous recommande encore et toujours cette saga inépuisable pour le bonheur de vos petits esprits engourdis 🙂

Tome 6 : Mort d’un cuisinier chinois

Présentation de l’éditeur : Tout juste nommé à la Cour métropolitaine de justice, le juge Ti est de retour à Chang-an, capitale de l’empire des Tang, pour le plus grand plaisir de ses trois vénérables épouses. Le grand chambellan convoque Ti : un cuisinier est mort empoisonné au cœur de la Cité interdite. Le fait divers prend des allures d’affaire d’Etat : mourir dans ces lieux sacrés relève du crime de lèse- majesté.

Quand le Juge Ti se méjuge…..

Et dire que je ne sais même pas si ce terme existe mais c’est réellement cela. Le Juge Ti est nommé à la Court métropolitaine de Justice. Comme il pense qu’on la remarqué et tout, il débarque à la capitale tel un paon pour découvrir que c’est une nomination faite  un peu comme ça (pour le plaisiiiiiiiiiiiiiir) mais qu’il n’en tirera ni job ni rémunération. Je vous laisse imaginer la tête de Madame Première (ma préférée) qui débarque chez la Belle mère, un endroit qu’elle a détesté pendant des années, pour se faire dire que non seulement elle ne déménagera pas mais que son mari est quasiment au chômage.

Qui plus est. Elle apprend que sa Belle Mère est quasiment ruiné. Donc en gros, elle est coincée avec une vieille ennemi qui l’empêche de sortir et lui donne toutes les corvées, tout en soulignant qu’elle n’a jamais pu donner d’enfant à Ti. Ce que je trouve mais grrrrrrr. Surtout que la pauvre dame fait beaucoup de chose pour son mari (mais nous en reparlerons plus tard).

Heureusement, une mort arrive (tiens tiens), et du coup, Ti va pouvoir bosser un peu. Mais directement dans la Cité Interdite. Et là ce fut un pur moment de bonheur que de voir les péripéties de cette enquête, surtout avec Ti qui découvre qu’en fait, il n’est pas si célèbre que cela. Et surtout, qu’il risque de mourir prématurément s’il ne résout pas cette enquête.


Et pendant cela, Madame Ti…..

C’est un peu ma Madame Columbo à moi. Je l’aime d’amour cette femme. Et dans cet épisode-ci, c’est encore pire. Déjà, elle accepte un nouveau déménagement chez la Belle Mère (on ronge déjà bien le frein). Mais surtout, elle accepte sans broncher que celle ci la critique ouvertement sur son manque de fertilité. Mais notre Madame Ti ne bronche pas et surtout, elle trouve que la mort de son Beau Père et aussi que la fortune disparue de la famille est suspecte. Aussi mène-t-elle l’enquête. Et là…. C’est une seconde intrigue géniale qui se déroule devant nos yeux.

Et donc, on a des révélations, des situations cocasses, des cancans familiaux, une enquête aussi et la révélation de l’unité du couple principale des Ti. On se rend compte que Ti et Madame Première, même s’ils se fritent constamment (pour notre plus grand plaisir), ils s’aiment ceux là. Et c’est pour cela que cela marche. Et c’est pour cela
aussi que je suis très contente de vous faire cette chronique, parce que je pourrai lire le prochain tome (yes !)

Les aventuriers de la Mer de Robin Hobb

Tome 1 : Le Vaisseau Magique

Présentation de l’éditeur : Les vivenefs sont des vaisseaux magiques attachés par des liens empathiques à la famille qui les possède. Ces navires insaisissables bravent les tempêtes, évitent les récifs, distancent les monstres marins, sèment les pirates… et font l’objet de toutes les convoitises. Le capitaine de la Vivacia, Ephron Vestrit, se meure. Parmi les siens, chacun ourdit complot et trahison pour s’approprier son vaisseau, car une vivenef ne se transmet pas comme un legs ordinaire. Pendant ce temps, d’autres dangers se profiles à l’horizon : les serpents de mer qui infestent les océanes se regroupent, et un ambitieux pirate aspire à unir ses pairs sous un seul pavillon : le sien.

La Particularité de Robin Hobb : les personnages

Le personnage principal est Althea, fille d’Ephron Vestrit. Elle apparaît tout d’abord comme une enfant gâtée, voire trop sûre d’elle même. C’est l’héritière logique de la vivenef, ayant déjà un lien très fort avec le navire et surtout vivant quasiment dessus depuis qu’elle est toute petite. Elle a énormément de cœur : c’est une jeune femme passionnée. Malheureusement, elle est beaucoup trop naïve et impulsive. Aussi, dans le jeu des intrigues, on remarque qu’elle perd très facilement, ne gardant pas son calme aux moments appropriés et faisant des bourdes plus grosses qu’elle même au pires moments, tellement elle fonce tête baissée. Ce sont des erreurs de jeunesse et ce petit défaut va se corriger, je pense, au fur et à mesure des gamelles qu’elle va se prendre.

En rival, il y a Kyle, son beau-frère. C’est grossomodo le pourri du lot. Il est ambitieux, connaît lui le jeu des intrigues et parvient toujours à ses fins. Tout d’abord, il épouse Keffria pour devenir capitaine du navire. Ensuite, il déprécie Althéa pour prendre l’héritage de la vivenef, n’hésitant pas à manipuler ses enfants pour y arriver.

En ce qui concerne Keffria, c’est l’épouse soumise qui préfère de loin se soumettre à son mari plutôt que de défendre sa soeur. Elle écoute Kyle beaucoup trop facilement et risque de se rendre compte qu’elle n’est qu’un jouet et surtout qu’elle se fait déposséder de tous ses pouvoirs de femme Marchande.

Hiémain, son fils, est le type même du jeune innocent. C’est un jeune garçon malingre, destiné à devenir prêtre, sous décision de sa mère. Mais Kyle va revenir dessus pour installer son fils sur la vivenef, le manipuler et tout faire pour détruire toute personnalité en lui.

Enfin, il y a un pirate, un peu filou, ingénieux, chanceux qui ambitionne de devenir roi. Mais pour cela, il lui faut une vivenef…. Ce personnage me fait penser à Jack Sparrow, si vous désirez avoir une représentation exacte de ce monsieur. Et pour le moment, il bénéficie de mon indulgence de midinette accro à la piraterie


Mais Robin Hobb, c’est aussi les intrigues.

Comme je vous le disais un peu plus haut, Kyle épouse Keffria pour s’approprier la vivenef de la famille. Il fournit un travail considérable pour casser Althéa, et n’y arrivant pas, il la dénigre et la décrédibilise pour arriver à la déposséder de l’héritage. De ce fait, il obtient le navire mais détruit toute une union familiale.

Quant à notre pirate, il va sur une île rencontrer de vilaines bêtes qui peuvent vous dévoiler l’avenir, et ce pour se faire confirmer qu’il deviendra roi des pirates. Mais je ne suis pas sûre qu’il y arrivera aussi facilement. Il lui faudra capturer une vivenef, ce qui ne paraît pas si facile.

Au milieu de tout cela, les vivenefs.

Nous en connaissons deux ici. Tout d’abord, il y a la Vivacia. Elle ressemble un peu à une jeune femme sur la proue du bâteau et commence son éveil à la mort d’Ephron. Elle a en elle le savoir de 3 générations de cette famille marchande. Il est très difficile de la contrôler car sa personnalité n’est pas encore formée. Or, à cause de ce fameux Kyle, son environnement est tout sauf stable. Aussi, l’enjeu est énorme dans les réactions de la Vivacia. Surtout que…

Surtout que l’on connaît l’histoire de Parangon, une vivenef un peu plus âgée qui est devenue complètement folle et aveugle à cause du comportement de sa famille. Elle en a tué plusieurs équipages et pourtant, lorsque nous nous approchons de lu, on a l’impression de rencontrer un enfant battu, ce qui nous pousse à s’inquiéter non seulement pour l’avenir de Parangon, destiné à rester échoué sur une plage mais aussi pour la Vivacia qui en prend le chemin.

En bref, un tome haletant, qui vous fait comprendre que vous pouvez vous inquiéter pour un gros bout de bois, bois sorcier, certes, mais bois tout de même ! C’est encore un nouveau monde magique que nous offre l’auteur, sous fond de vieilles histoires de marins et de pirates, de monstres des mers et de nouvelles légendes.

Ce livre a été lu dans le cadre du Baby Challenge Fantasy 2013
Mais aussi dans le cadre du Challenge New Pal 2013 organisé par Yukarie
En enfin dans le cadre du Challenge Saga en folie organisé par Galleane

Tom
e 2 : le navire aux esclaves

Présentation de l’éditeur : Kyle, désormais aux commandes de la Vivacia, la vivenef récemment éveillée de la famille Vestrit, a décidé de l’utiliser pour transporter des esclaves. Et son impérieuse volonté ne saurait souffrir la moindre opposition. Son épouse Keffria en vient même à douter de son mari quand il veut débaucher leur fille Malta, et obliger leur fils Hiemain À travailler à bord de l’embarcation et à abandonner l’apprentissage qui le destinait à la carrière de prêtre de Sa. Sa belle-soeur Althéa, elle, se fait de son côté passer pour un jeune homme et se démène sur le Moissonneur, un navire abattoir, Elle doit prouver à Kyle qu’elle est un véritable marin pour récupérer Vivacia…

Quand Althéa nous montre ce qu’obstination veut dire 

Althéa est le personnage qui surprend, le personnage attachant et surtout le personnage qui est le plus têtu. En effet, non contente d’être dépossédée de la vivenef, elle quitte la maison familiale sans un sou, en plein milieu d’un enterrement et va se faire engager sous le nom d’un homme comme mousse dans un navire pêcheur car elle a réussi à soutirer à Kyle que si elle est reconnue comme bon marin, il lui laisse la Vivacia.

Il est sûr que lorsqu’Althéa a un but, elle ne recule devant rien. Elle apprend son métier à la dure cette fois, ce qui lui enlèvera sa carapace d’héritière. Elle comprend quelques unes de ses erreurs. Certes, elle reste dans son coin mais prend sur elle d’avertir sa mère pour l’état fragile de la Vivacia, elle va sympathiser avec Parangon, apportant à celui ci un petit réconfort. Elle ne devient pas encore forcément adulte dans ce tome mais commence à comprendre beaucoup de choses, à se critiquer elle même et surtout à se rendre compte qu’elle peut être douée sur un navire qui n’est pas fait de bois sorcier

Quand Hiémain et Vivacia se cherchent.

Hiémain, ce jeune homme qui se fait littéralement capturer et séquestrer par son père sur le navire se voit dans une situation réellement difficile. En effet, il est attaché par magie à la Vivacia, mais à cause d’elle, il se voit privé de sa vocation : la prêtrise. C’est réellement une relation très compliqué car ce sont comme deux orphelins condamnés à ne pas s’aimer, et je me demande si quelque part, ce n’est pas aussi ce que son père veut.

L’affrontement entre le père et le fils se fait attendre, mais je pense qu’il le faudra encore. En effet, Hiémain a un regard neuf, et je dirai même théorique sur le monde. Il ne voit que la beauté des choses et ne sait pas encore qu’il y a des hommes bons, mais surtout des hommes méchants. Malheureusement pour nous, il s’en rend compte petit à petit et c’est Vivacia qui, à travers lui, se rend compte de tout ceci.

C’est un point extrêmement sensible de ce récit car il faut se rendre compte que la vivenef est comme un enfant avec un très grand savoir. Aussi, imaginez l’impact sur une psyché d’enfant le fait de se rendre compte très tôt qu’elle ne peut pas faire confiance à grand monde, que les personnes qu’elle aime ne veulent pas forcément d’elle et surtout elle apprend ce que va être la torture. Ce navire va emmagasiner beaucoup de choses dures et négatives dans ce volet

C’est Kyle qui montre sa nuisance.

Je vous l’avez dit que c’était le pourri du lot. Monsieur Kyle décide de grandes choses pour la rentabilité. Son but est clair : amasser de l’argent. Pour ce faire, il va utiliser la vivenef pour quelque chose qui est considéré comme très dangereux pour ces bateaux : le transport d’esclaves. Et pour nous faire rendre compte de la monstruausité de la chose, Robin Hobb nous donne en parallèle les récits des captures des navires aux esclaves (avec les descriptions adorables dont elle a le secret) par notre Jack Sparrow.

Mais Kyle ne s’arrête pas là. Vous savez qu’il laisse une famille derrière lui (hormis son fils). Pour s’assurer de la soumission de sa femme, il pousse sa fille Malta contre elle, préférant l’orienter vers une position très délicate pour sa réputation, sûrement pour convaincre tout le monde que Keffria ne sait pas s’occuper de son foyer (et prendre les rênes de la maison). Il brise son fils pour avoir du pouvoir sur le navire et continue son travail de dénigrement sur Althéa.

En bref, ce n’est pas un tome de transition, c’est un tome d’approfondissement des personnages, avec des enjeux supplémentaires, des toiles d’araignée dans le jeu des intrigues supplémentaires. Nul doute que Robin Hobb est en forme lorsqu’elle écrit ses sagas car nous nous perdons constamment dans les relations entre ces personnages plus complexes les uns que les autres

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge New Pal 2013 organisé par Yukarie
Mais aussi dans le cadre du Challenge Saga en folie organisé par Galléane

Tome 3 : La Conquête de la liberté

Présentation de l’éditeur : Perdu à Jamaillia, Hiemain s’apprête à affronter son destin. Dans sa fuite, l’apprenti prêtre va retrouver Vivacia pour subir avec elle les événements les plus douloureux de leurs jeunes existences. Son père, le capitaine Kyle, de plus en plus violent et humiliant, leste la vivenef d’esclaves, attirant les serpents de mer.
Quant à Malta, elle entre progressivement en conflit avec ses aïeules et leur procure bien des tourments. Les Vestrit se déchirent de l
‘intérieur…
Pendant ce temps, Kennit le pirate, affaibli et mutilé à l’issue d’un terrible abordage, sent la chance le quitter. Posséder une vivenef devient pour lui une priorité, un impératif audacieux mais quasi suicidaire…

Chaque personnage se sent en cage en ce moment, dans la saga

Souvenez-vous, nous quittions Hiemain qui quittait, lui, la Vivacia. Hiemain est sans doute le personnage le plus énervant des Aventuriers de la Mer, telle il est complexe et prometteur à la fois. Reprenons-le, voulez vous ? C’était un apprenti prêtre de Sâ, apprenti très doué. C’était un gamin habitué à être seul, a être éloigné de sa famille et de la vie en général car on ne le développe que du côté spirituel. Une fois arrivé chez son père, il découvre les malheurs physiques, la séquestration et le fait de devoir toujours tout partager avec un bateau. C’est un objet, un instrument au mieux. Quelque part, Hiemain nous énerve par sa passivité et une voix mauvaise nous dit qu’il faut qu’il se secoue. Et pire, lorsqu’enfin il se décide à faire un semblant d’action – il fuit – nous n’avons qu’une envie, c’est de le huer car il laisse la Vivacia toute seule.
Althéa est plutôt le contraire. Elle est constamment dans l’action, au risque de s’y perdre de ne pas avoir de recul. Mais au moins, elle apprend constamment de ses erreurs, elle avance même en tâtonnant. Ne pouvant naviguer sur sa vivenef, Kyle faisant douter de sa compétence, elle quitte tout pour prouver le contraire.
Mais ces deux personnages emprisonnent à leur manière les Vestrit par leur comportement égoïste. A cause de Hiemain, Kyle n’a aucune limite et se permet de devenir cruel, de se sentir tout puissant. Il apprend ces sensations à Malta qui va faire tourner littéralement bourrique Ronica et Keffria, détruisant la réputation des Vestrit de tous côtés pour s’emparer de la Vivacia. Althéa, en partant, laisse Ronica plus seule que jamais, sans appui fort et pousse Keffria à se soumettre encore plus à son mari.
Enfin, Kennit est prisonnier de son corps, mutilé par un serpent de mer. Sans vivenef, il se sent rongé, inutile, malchanceux. Sans vivenef, son rêve ne se réalisera pas, il ne se sentira pas complet et mourra.

Mais la liberté a un prix.

Malta, en se libérant de la volonté de sa mère et de sa grand-mère, risque au mieux un mariage (qui la transformera en paria et la défigurera mais bon), au pire, de perdre sa réputation, entraînant sa famille avec elle. Cette gamine a le don de m’exaspérer depuis le tout début et je n’ai qu’une envie, c’est qu’elle s’éjecte toute seule du récit tant elle joue avec des puissances qui la dépassent, au risque de tout détruire. C’est une véritable pourriture, qui apprend vite.
Hiemain, en ayant une pseudo liberté, se perd lui-même. On lui ôte son identité en le faisant esclave de la Vivacia. Et s’il se rebelle, c’est que la vivenef lui suggère fortement. Vivacia ne supporte plus qu’on l’abandonne, qu’on souffre. Elle veut se détacher des Vestrit et devenir son propre maître.
Ainsi, ce tome est rempli d’actions, mais apportera le chaos car personne ne reviendra indemne de ces batailles. Cela changera les personnages à jamais, me laissant totalement pantoise au niveau de l’intrigue. Je ne sais toujours pas où Robin Hobb veut nous emmener.

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge New Pal 2013 organisé par Yukarie

Mais aussi dans le challenge Saga en folie organisé par Galleane.

Tome 4 : Brumes et tempêtes

Présentation de l’éditeur : Quelle ironie ! Alors qu’Althéa prend enfin le chemin du retour, après une année d’absence, la famille Vestrit, à l’image de Terrilville, est plus menacée et divisée que jamais. Ignorant tout des dangers qui pèsent sur elle, la jeune femme espère que Kyle Havre tiendra sa promesse et lui rendra sa vivenef Vivacia, dont elle n’aurait jamais dû être dépouillée. Mais le destin a plus d’un tour dans son sac… Kyle ne possède plus la Vivacia, qui a été arraisonnée par le terrible pirate Kennit. Sa vie et celle de son fils Hiémain ne tiennent maintenant plus qu’à un fil, car le jeune homme doit amputer la jambe gangrenée de Kennit : si le pirate venait à mourir, Kyle et Hiémain passeraient immédiatement de vie à trépas !

Nos protagonistes sont dans le brouillard

La rupture entre Kyle et Hiemain va être définitive. Kyle est brisé car on l’a destitué de son titre de capitaine. Il sait qu’il est déchu mais j’ai l’impression qu’il ne comprend pas pourquoi. Le grand malheur de Kyle est qu’il fait des erreurs mais n’assume jamais la responsabilité de ses actes. En cela, Hiemain lui ressemble : il n’assume pas non plus ses décisions et je crois que c’est ce que Vivacia n’apprécie pas non plus chez lui. Peut être est-ce pour cela qu’elle se rapproche progressivement de Kennit.
Vivacia est dans le brouillard, elle aussi. Elle est attachée à Hiemain par le sang et la magie et pourtant, il l’a déjà abandonnée une fois. Et il y a ce trait de caractère que la vivenef n’aime pas. Elle va donc, comme une adolescente qui devient adulte, prendre du recul et s’émanciper vers un amant : Kennit.
Maintenant, parlons un peu d’Althéa. Cette jeune femme se fait courtiser par un fils de marchand. Mais quoiqu’elle fasse, elle pense toujours à Brashen alors qu’elle dit qu’elle n’est pas amoureuse de lui. Or, il n’est pas un bon parti. Elle ne sait pas ce qu’elle veut : une vie de fam
ille de passion et sur l’eau. 
Enfin, Malta, elle, doit choisir entre un fils de Marchand et un fils d’un  membre du Désert de pluie. L’un est beau, l’autre est riche, inconnu, plein de mystère et d’exotisme. Cette jeune femme cherche ses limites et surtout à les dépasser. Reyn va-t-il lui offrir ce dont elle a besoin? 

Quant à la tempête, elle s’annonce

Kennit bouillonne car il se sent diminué mais il ne veut pas qu’on le considère comme tel. Il veut la Vivacia mais pour cela il doit passer par Hiemain. Mais comment cerner ce gamin qui a l’air aussi indécis ? Il va se heurter à l’équivalent d’un banc de sables mouvants. Cette association risque d’être explosive.
Althéa, quant à elle, va se heurter à Ronica et Keffria. La tension est sourde entre les deux soeurs : l’une veut être libre et l’autre veut être reconnue. Les deux soeurs se respectent, certes, mais leurs aspirations, leurs jalousies risquent d’être telles que la confrontation risque d’être inévitable
Enfin, Malta veut être une femme, une princesse même, et considère que les autres femmes de la famille sont contre elles. Elle ne comprend pas que les autres ne veulent que son bien. Elle les contre et cherche à se débrouiller toute seule.
En bref, c’est un véritable bouillon de culture qui se mélange, qui devient explosif. Je ne sais pas ce qui va découler de tout cela, mais cet ensemble est toujours instable

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge New Pal 2013

Mais aussi dans le cadre du challenge Sagas en folie

Tome 5 : Prisons d’eau et de bois

Présentation de l’éditeur : Avec l’arrivée imminente du gouverneur Cosgo à Terrilville, Jamaillia exerce sur les Marchands une pression de plus en plus forte. Augmentation des taxes et menaces à peine voilées divisent les grandes familles de Terrilville entre celles qui s’opposent à ce protectorat étouffant, et celles qui comptent bien profiter de cette nouvelle donne. Les Vestrit se rangent sans hésitation du côté des premières, mais leur situation reste précaire. Tandis que Ronica et Keffria se battent pour éviter la honte de la ruine, Brashen leur apprend à contrecoeur la capture de Kyle et de la Vivacia par les pirates. Mais Althéa refuse de baisser les bras : avec l’aide d’Ambre et de Brashen naît un plan audacieux, qui implique la vivenef maudite échouée, Parangon.

A situation désespérée, mesures déséspérées

Souvenez-vous, dans le tome précedent, les personnages étaient dans une situation telle qu’on avait atteint un point de non retour. Face à l’enlèvement de la Vivacia par Kennit le pirate, les Vestrit vont voir l’assembler des Marchands pour solliciter de l’aide. On s’attend bien entendu à ce que cette vieille communauté répondre affirmativmeent mais non car il y a un conflit explosif entre le camps des Anciens qui ont les Vivenefs et les Nouveaux qui ne les ont pas.
Ecoeurés par tant d’égoïsme, la famille Vestrit, au bord de la ruine totale, Ambre, une étrangère, et Brashen vont récupérer le Parangon, une vivenef devenue folle, pour poursuivre la Vivacia. Et chose encore plus incroyable, la famille de Parangon accepte de le vendre
Kennit, quant à lui, pour conquérir la Vivacia, va écarter Kyle afin de pouvoir étendre son empire sur Hiémain. Bien entendu, ce n’est qu’une étape car dans l’esprit du pirate, Hiémain ne foit plus se dresser entre lui et la vivenef. Il veut le navire pour lui tout seul.

Les Vivenefs vivent aussi d’intenses changements.

Vivacia s’émancipe de plus en plus. Elle veut se détacher de Hiémain en qui elle n’a pas confiance et surtout dont elle sait que l’union entre eux n’est que forcée, la véritable personne étant liée à elle était Althéa, et Kyle l’a forcée à quitter le vaisseau. Se sentant abandonnée par sa famille, même si cela n’était pas vraiment le cas, elle va se tourner vers Kennit pour hurler son besoin de liberté
Parangon, lui, va devoir faire face à la vente de sa personne. C’est officiel, sa famille le rejette, le renie. Il comprend qu’il y a Ambre et Brashen pour le soutenir. Il va devoir prendre sur lui de combler le vide laissé par sa famille et s’en constituer une autre, chose qui n’a jamais été faite chez les vivenefs.
On ne peut s’empêcher de faire le parallèle entre Vivacia et Parangon. Ces deux vivenefs sont totalement révolutionnnaires car elles se libèrent de l’emprise de leur famille. D’outils magiques, elles vont devenir réellement des personnages à part entière. D’où, pour nous , une autre question qui nous revient : le bois sorcier qui construit les vivenefs, on sait qu’il vient de la cité des Anciens d’où viennent les dragons, engendre-t-il des créatures ou les vivenefs sont elles des prolongations des âmes des dragons ?
Je vous l’avoue, cette question me bouffe littéralement, me triture les tripes et me pousse à lire de plus en plus vite cette saga. Et je ne suis pas la seule d’ailleurs :p
Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge New Pal 2013 
Mais aussi dans le cadre du Challenge Saga en folie

Tome 6 : L’éveil des eaux dormantes

Présentation de l’éditeur : Une vivenef maudite et aveugle ; un équipage composé de coupe-jarrets ; un ennemi armé jusqu’aux dents. C’est dans ces conditions pour le moins précaires qu’Ambre, Althéa et Brashen embarquent sur le Parangon enfin remis à flots. Le temps presse car la Vivacia doit être arrachée des mains du pirate Kennit avant que celui-ci ne se soit définitivement attaché l’âme de la vivenef. La situation n’est guère plus reluisante pour les membres de la famille Vestrit restés à Terrilville. Malta s’efforce de faire bonne figure au bal de l’Été, mais le dragon du Désert des Pluies accapare ses pensées. Et si elle avait un rôle à jouer dans les plans de cet être millénaire ? Petit à petit, le lien qui unit vivenefs et dragons se retisse… mais dans quel but ?
Les personnages font un véritable bon en avant !
S’il y’a quelque chose qui, dans ce tome, surprend, c’est bien le bouleversement de la psychologie des personnages, provoquant ainsi une véritable révolution dans le récit, Robin Hobb nous amenant exactement où elle voulait mais d’une manière à chaque fois différente, et je dois dire que je me régale. Alors, faisons un tour de l’assistance.
Brashen a hérité du commandemande du Parangon ce qui fera le plus grand bien à nos deux sales gosses. Brashen se transforme petit à petit en véritable père pour le vaisseau et se dispute souvent avec Ambre qui fait office de mère pour le moment.
Althéa a un poste à responsabilités et doit se faire respecter à tous prix d’un équipage hostile. Là où Hiémain avait échoué, elle réussira haut la main. Elle devient par là adulte et soutien de la famille et non plus un électron libre.
Keffria réagit enfin en situation de crise et sans l’aide de sa mère. Elle va montrer ce qu’est une Marchande et une mère de famille.
Quant à Malta, enfin je l’aime, enfin c’est une Vestrit ! En effet, elle se rend compte à quel point elle peut être manipulée par les hommes et par les évènements, mais aussi, en tombant amoureuse de Reyn, elle se rend compte qu’on peut prendre en compte sérieusement son avis, à l’instar de son père. Ce n’est plus une petite fille qui apprend à convoiter le pouvoir. C’est une jeune femme quis e rend compte qu’elle en a et qui est respecté. Elle se rend compte que les hommes ne sont pas comme son père (et ça fait du bien).
Enfin, Hiémain agit et choisit un camp. Il choisit de faire quelque chose de juste au risque de sa vie et mérite enfin Vivacia, même si je pense que c’est trop tard.
De Parangon à Vivacia et de Vivacia à Parangon.
Nous ne savons pas grand chose de Vivacia, ici, saug que son attachement pour Kennit est de plus en plus grand, qu’elle a des souvenirs qui viennent de lui désormais. Elle saura peut être pourquoi les serpents la suivent, du moins aura-t-elle un bout de piste mais ce n’est pas encore très folichon.
Quant à Parangon, le pauvre, est en train de vivre toutes ses peurs. Mais, oscillant entre raison et folie, il s’accroche à ces personnes qui l’aiment comme il est pour affronter tout cela de nouveau. Il va sûrement enfin de débarrasser de ses craintes et nous sommes prêts maintenant à savoir ce qui l’a rendu fou.
Pendant ce temps, Terrilville brûle
Une certaine Révolution s’empare de Terrilbille lors du Bal de présentaiton des jeunes filles où est présent le Gouverneur. En effet, un complot vise à l’éliminer et à rendre Terrilville responsable. Mais au delà, ce sera les Nouveaux Marchands qui vont tenter de prendre le pouvoir contre les Anciens Marchands.
Face à cette situation explosive, deux enjeux. Tout d’abord, les Anciens Marchands vont-ils se battre pour conserver leurs privilèges, gagnés au prix d’énormes sacrifices. Ensuite, quel rôle va tenir les Marchands du Désert de Pluie dans tout cela, leur intérêt n’étant pas que Terrilville reste indépendante et aux mains des Anciens Marchands?
En bref, un tome bouillonnant et qui marque un nouveau tournant cette saga. Au milieu de cet embriolo, la famille Vestrit qui semble encore une fois au coeur de la tourmente.
Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge New Pal 2013
Mais aussi dans le cadre du Challenge Saga en Folie

Tome 7 : Le seigneur des trois règnes




Présentation de l’éditeurUne fois encore, les femmes de la famille Vestrit sont au coeur de toutes les polémiques : Ronica, la matriarche, se dresse seule face à ceux qui accusent les siens d’être à l’origine du chaos régnant à Terrilville ; sa fille, Althea, toujours à bord du Parangon, traque la Vivacia, la vivenef familiale devenue le vaisseau amiral de la flotte pirate de l’impitoyable Kennitt ; et sa petite-fille, Malta, a disparu dans le tremblement de terre qui a détruit la cité des Anciens, sur les rives du fleuve du Désert des Pluies. Mais le fiancé et le frère de cette dernière, piégés alors même qu’ils s’étaient lancé à sa recherche, pourraient bien bénéficier d’un petit coup de pouce inattendu…
Un tome qui ne vous laissera pas une seule seconde de répit.
Une chose est certaine, c’est que de la première à la dernière page, tout est allé à 100 à l’heure. Pas une seule seconde de répit n’est accordé au lecteur car c’est le tome o* tout bouge et surtout c’est le tome où tout se révèle.
Vous voulez savoir si vos trois femmes préférées vont survivre ? Que sont les vivenefs, les serpents de mer et les dragons ? Si Kennit va toujours protéger Hiémain en oubliant ses intérêts ? Si Terrilville va survivre en dépit de la révolution qui s’y est déroulée? Comment vont Parangon et Vivacia ?
Vous l’avez deviné, nous entamons le dernier tiers de la saga, là où tout s’accélère, là où toutes les intrigues se dénouent.
Des personnages déchirés, une fois de plus.
Bien entendu, Robin Hobb nous torturera ses personnages pour nous faire avancer tout cela. Althéa doit encore faire ses preuves sur le Parangon, en faisant attention de respecter la hiérarchie. Elle est toujours amoureuse de Brashen mais ne peut se rapprocher de lui tant qu’il est capitaine du Parangon. De plus, elle sent de plus en plus Vivacia s’éloigner en se rendant compte à quel point son égoïsme du début a eu des répercussions sur ses proches et sur son navire
Quant à Malta, elle subit les sarcasmes du Gouverneur qui la rabaisse comme il peut. Elle comprend un peu comment on la voyait avant son accident mais aussi comment on la voit maintenant alors qu’elle a des cicatrices; Toutefois, elle montre une formidable adaptation, un incroyable instinct de survie qui force l’admiration.
Et j’ai envie de dire : Même combat pour Ronica ! On l’a pilée, salie, on a roulé son nom ainsi que celui de son ami dans la boue. Pourtant, elle va tout faire pour oeuvrer pour le bien commun, en dépit du fait que les autres marchands la rejettent pour leurs intérêts personnels.
En bref, un tome haletant, bouleversant qui nous laisse totalement démunis face à la fin de cette saga.
Tome 8 : Ombres et flammes
Présentation de l’éditeur : Les choses sont allées trop loin, bien trop loin, pour espérer éviter une bataille ouverte entre la Vivacia, sur laquelle le capitaine Kennit règne sans partage, et le Parangon, le navire fou appareillé par Althéa et les siens. Et tandis que le dragon tient à distance de Terrilville les envahisseurs chalcédiens, des alliances politiques se trament dans l’ombre. Mais impliquer Tintaglia dans la sauvegarde de la ville et dans la recherche de Malta n’est pas sans conséquences, d’autant que cette dernière est maintenant l’otage de pirates pour le moins cupides…
Kennit montre enfin son vrai visage
Quand je vous disais, dernier tiers du livre, révélations à foisons. Et bien celle sur Kennit, je ne m’y attendais absolument pas. Nous voyons cet homme depuis le début comme une espèce de gentil pirate qui voulait réussir dans sa partie et si possible en amassant de l’argent pour une cause juste. Une espèce de Jack Sparrow de la Fantasy si vous voulez.
Mais avec ce que l’on sait sur son passé, certes, on a de la peine pour lui parce qu’on s’est attaché, mine de rien. Mais ce qu’il provoque est tout simplement révoltant. Au final, tout tourne autours de lui et il peut détruire tout ce qui s’oppose à  son bon plaisir.
Non seulement il se moque des conséquences de ses actes mais il en devient totalement dépourvu d’humanité, au point que j’en viens à le détester autant que Kyle !
Pendant que Reyn tente de récupérer Malta
Mais en dehors de l’histoire de Kennit, d’Althéa, de Parangon et de Hiémain et Vivacia, une autre révolution est en marche sur Terrilville avec Reyn et l’arrivée de Tingalia. Ces deux protagonistes ont posé leur condition pour fonder une nouvelle ville, voire pour changer le monde. Mais la condition est de retrouver Malta. La volonté de Reyn arrivera-t-elle à insuffler du respect pour les humains de la part du dragon ? Nous l’espérons car énormément de choses vont être en jeu ici.
Toutefois, Malta tient admirablement le coup. Elle montre qu’elle est devenue une adulte qui peut se valoir de son statut de Marchand. Elle va négocier de sa vie à son confort, regagnant sa dignité et laissant son amour pour Reyn s’épanouir en attendant qu’ils se retrouvent.
Tome 9 : sur les marches du trône




Présentation de l’éditeurAvec Mère à son bord, Parangon peut enfin retrouver son intégrité perdue, un visage, et peut-être même la vue. Il ne lui en faudra pas moins pour affronter la Vivacia, sur laquelle Kennit règne toujours en maître, au point qu’il fait d’Althéa, la propriétaire légitime de la vivenef, sa prisonnière ! Mais il faut croire que la chance insolente qui a si bien servi le pirate jusqu’ici l’a quitté : la flotte jamaillienne, bien décidée à ne pas le laisser retenir plus longtemps le gouverneur Gosco et Malta en otages, lui fait échec. Tintaglia, le dernier dragon de Clochetinte, toujours à la recherche de cette dernière, vient elle aussi déranger ses plans. Quant aux serpents, il n’auraient pas pu trouver meilleur moment pour le laisser tomber…
On peut dire que Robin Hobb sait orchestrer un final !
Et croyez moi, faire près de 400 pages en retenant son souffle, les muscles crispés et l’esprit tendu, il y a de quoi devenir bourrique. Mais Hélène et moi, on a tenu bon, on est restées fortes jusqu’au bout. Car cela partait dans tous les sens, c’est vrai et tout se recoupe maintenant. Le puzzle est presque achevé, les liens avec l’autre grande saga de l’auteur (L’Assassin Royal) sont consolidés, il n’y a plus qu’à donner leur place définitive à tous les personnages et entamer le pont vers la prochaine saga (la Cité des Anciens ?)
Bref, si vous pensiez que Pirates des Caraïbes apportaient le must en terme d’action dans les batailles navales, je vous suggère gentiment d’en vivre une avec Vivacia et Parangon. En effet, l’auteure nous a fait là quelques très belles scènes d’action pour son final, histoire de nous tenir en haleine jusqu’à la fin.
Mais ce n’est pas tout. Elle a réussi à me faire rire avec quelques anecdotes (surtout avec Vivacia et Ophélie), me faire hurler d’indignation, me faire trembler d’impatience, me faire pousser la larmichette au coin de l’oeil. Bref, cette fin était parfaite. Merci Robin Hobb
Et avant de quitter ses personnages.
Et oui, difficile de quitter tout ce beau monde. Hélène et moi sommes sur le quai du port de l’imaginaire, faisant nos derniers adieux à ces personnages qui nous ont tenu en haleine pendant ces quelques mois, renforçant notre amour de la Fantasy, enrichissant notre savoir maritime, mûrissant notre amitié. Nous ne pouvons plus que nous inquiéter pour eux et leur souhaiter une longue vie prospère.
Parangon va bien. C’est devenu un grand garçon – navire – maintenant. Il a su se maintenir à flots, dénouant les multiples traits de sa personnalité, devenant un jeune guerrier prêt à brandir sa hache pour défendre sa nouvelle famille.
Vivacia a retrouvé la sienne, choisissant son capitaine, accomplissant sa mission, découvrant toutes les vérités, même celles qui ne sont pas forcément belles à voir. Elle repartira pour de nouvelles aventures, cheveux au vent, n’oubliant pas ses attraits féminins au détours de quinquannages avec Ophélie. Elle s’assagit et partira ainsi pour la route
de la maturité.
Les femmes Vestrit ont trouvé chacune leur rôle et leur place dans la société. Futures mères, marchandes, femmes de marin, femmes de pouvoir… Elles sont la quintessence des femmes modernes de notre temps, assumant toutes les charges, ne choisissant plus la soumission, restant des femmes complètes jusqu’au bout des ongles.
Reste le grand chevalier, Brashen, qui a accompli son rêve. Ephron, de là où il le regarde, doit être fier de son second qu’il a réussi à élever au dessus de ce qu’espéraient la famille Trell. Il a encore tout un futur à conquérir, mais quelque chose me dit qu’il accomplira sa destinée personnelle avec la même ténacité qui l’a caractérisé tout au long de ces neuf tomes.
Et voilà, ils sont partis. Il ne nous reste plus qu’à repartir vers les Six Duchés pour voir comme ça évolue là bas. Je vous donne donc rendez vous au septième tome de l’Assassin Royal.

Le Cycle d’Ender d’Orson Scott Card

Tome 1 : Stratégie Ender

Présentation de l’éditeur : Il y a cinquante ans, la flotte terrienne a réussi à repousser l’attaque des doryphores… Aujourd’hui pourtant, une nouvelle invasion menace. Un programme militaire pour la formation des futurs commandants de la flotte est en cours, mais le temps est compté. Parmi les élèves-officiers — tous des surdoués —, Andrew Wiggin, dit Ender, focalise toutes les attentions. Appelé à devenir un puissant Stratège, il est le jouet des manipulations de ses supérieurs depuis sa naissance… et cela le dépasse. Car c’est entre ses mains que repose le sort de l’humanité. Et Ender n’a que six ans.

Un roman s’inspirant de nos erreurs passées

Lorsque j’ai regardé la situation géo politique de chez Stratégie Ender, les idéologies développées, la manière dont c’est traité et l’année de publication du livre, tout n’a soufflé en moi que : Guerre Froide, idéologie aryenne, entre deux Guerres, Japon, politique d’expansion… Cela vous fait froid dans le dos ? Moi aussi. Et pourtant, au milieu de tout cela, il y a des enfants en stratège. Au milieu de tout cela, il y a Ender, l’intelligence pure mêlée à l’innocence. Car pour lui, c’est un jeu. Juste un jeu vidéo où il doit gagner, où il doit manipuler des pions pour obtenir le droit de passer une porte.

Mais en fin de compte ? La stratégie, c’est cela. Lorsque nous jouons aux échecs ou aux dames, ou aux batailles navales. On fait tous cela. Le meilleur moyen de gagner, c’est de tester de nouvelles choses, de s’amuser, de bâtir un plan de bataille. Orson Scott Card a tenté de nous démontrer qu’entre de mauvaises ou de bonnes mains, le génie peut prendre une tournure salutaire ou effrayante. Mais enfin de compte, n’est-ce pas une question de point de vue ? Surtout en cas de guerre ? Qui sont les bons, et qui sont les méchants ? C’est à cette réflexion que nous tend l’auteur.

L’innocence est sans cesse pervertie par le monde d’adultes.

Quand je vois tout au long du livre tout ce qu’on fait subir à un enfant pour le bien commun… Cela me fait sortir les yeux de la tête ! Qu’est on prêt à faire pour le bien commun? Mais est-ce un bien, enfin de compte ?  Comment peut on manipuler l’esprit humain, et les relations qu’ont les personnes entre elles? Nous nous rendons compte dans ce tome à quel point la génération future est manipulée par les adultes, ou par le gouvernement. Et l’image du Big Brother pointe le bout de son nez à chaque page.

Ender, est loin d’être le héros parfait. Il est cerné par ses doutes et par ses peurs. On voit sa force de caractère, son génie poindre le bout de son nez à chaque action des adultes. Il sait qu’il est manipulé, même s’il ne sait pas à quel point, et il va tenter de jouer le jeu pour ne pas se faire détruire. Il se rend compte qu’il est obligé de jouer le jeu des adultes pour survivre. Et c’est cette réalité qui le bouffe littéralement, le poussant dans ses retranchements. Et quelque part, il arrive à garder intact une part de son intégrité. Certes, les humains gagneront peut être la bataille, ou la guerre. Mais c’est aussi Ender qui gagne, car il arrivera à dominer ses tortionnaires.

En bref, c’est un roman dur, qui rend totalement addictif. Car on se prend au jeu, jusqu’à se rendre compte à quel point il va. Et là, c’est l’horreur de la situation. C’est de se rendre compte jusqu’où on peut aller pour le jeu. C’est de se rendre compte de ce que l’on a fait à Ender. Va-t-il s’en sortir ? Telle est la question.

Ce livre a été lu dans le cadre du Baby Challenge Science Fiction
Mais aussi dans le cadre du Challenge New Pal 2013 organisé par Yukie

Tome 2 : La voix des morts


Présentation de l’éditeur : Trois mille ans se sont écoulés depuis l’extermination des Doryphores, et les hommes se croient désormais seuls dans l’univers. Or, sur la planète Lusitania, on découvre l’existence des Piggies, bipèdes mi-hommes mi-cochons doués d’intelligence.
Des scientifiques sont détachés pour les étudier mais, sans mobile apparent, ils sont assassinés.
L’humanité s’interroge: doit-on s’inquiéter de cette nouvelle menace, et la détruire ?
Afin de rendre hommage aux victimes, on convoque un porte-parole des morts.
Mais voilà, dans ses bagages se trouve un cocon où vit la dernière reine des Doryphores.
Car cette homme n’est autre qu’Ender, le Xenocide…

Un tome sur le devoir de mémoire…
Nous retrouvons avec surprise Ender quelques trois mille ans plus tard après les événements du premier tome. L’humanité a fait un bon en avant tout d’abord parce que le Guerre contre les doryphores l’exigeaient mais ensuite parce que les humains ont hérité de la technologie de leurs anciens ennemis. Et pour se cautionner de tout cela, ils ont démonifié l’image d’Ender, le transformant en seul responsable, en l’appelant le xénocide, celui qui a détruit toute une espèce.
A ma grande surprise, celui ci ne s’est pas défendu. Il a repris l’anonymat, a écrit un ouvrage philosophique appelé la Reine et l’Hégémon, permettant à l’humanité de comprendre ces peuples qu’on ne connâit pas et enfin d’éviter la guerre. Ainsi, avec ces données, les catastrophes pourraient être évitées. Mais Ender va plus loin : il invente une vocation appelée le Porte parole des morts. Cela consiste, lorsqu’une personne meurt, de faire le bilan de sa vie et de la raconter aux autres. Pour faire le deuil, pour ne pas oublier…
Evidemment, personne n’a pris la Parole sur la vie d’Ender. Sa sœur a refait sa vie dernièrement. Aussi s’est-il fabriqué une amie virtuelle, une intelligence artificielle qui va lui permettre d’avoir un témoin impartial sur ce qu’il fait, et d’avoir une approche différente des morts.
Pour se souvenir, il faut se tourner vers l’avenir et sur la confiance.
Ainsi donc, le thème principal est le deuil, et sur deux plans différents. La première est la mort d’une personne sur laquelle Ender devra parler. La mort de cette personne suscite énormément de questions aussi est-il obligé de fouiner pour dire ce qui s’est passé devant sa communauté. On se rend compte que Porte parole ne consiste pas à rendre hommage de manière classique, cela consiste à dire la vérité nue avec le bon comme le mauvais. Cela m’a d’ailleurs effrayée mais je me suis rendue compte que la vérité impartiale, plutôt que de blesser, libérait certains secrets et permettaient aux proches de faire leur deuil et d’avancer vers l’avenir.
Orson Scott Card ne s’sst pas arrêté là car il pose la même question pour les doryphores. A-t-on vraiment dit la vérité toute nue sur leur extermination ? Ou avons nous tout simplement fait un récit modifié pour épargner le plus grand nombre ? Et bien, la méthode Ender aurait peut être mieux fonctionné lorsqu’on prend exemple des Piggies, nouveau peuple dont les mœurs à apparence sanguinaire pourraient nous faire croire qu’ils sont hostiles.
Ender va enquêter en profondeur sur ce sujet là aussi. Et qui écouterons nous ? Notre peur de l’inconnu ? Ou accepter la différence d’un peuple et prenant l’exemple des doryphores, accepter cette différence et  et évoluer? On vous en dira plus sur les prochains tomes.
Juste un dernier mot sur l’inspiration de ce roman. Il fait beaucoup écho, selon mois, aux Guerres Mondiales et à la perception que nous avons eu des troupes anciennement ennemies après la fin des hostilités. Ce roman, quelque part, nous permet de voir dans quel état d’esprit on se trouvait juste après la Seconde Guerre Mondiale.
Tome 3 : Xénocide

Présentation de l’éditeur : Lusitania… enfin un havre de paix pour les doryphores ? Pour Ender ? E le croyait. Hélas ! rien ne se passe comme prévu.
Les Lusitaniens ont déjà du mal à accepter les piggies, ces drôles de petits cochons intelligents mais si différents d’eux. Et ils ne savent pas le pire le virus de la descolada, mortel pour les humains, est indispensable au cycle génétique des piggies. Ils ne peuvent donc pas le détruire, sous peine d’exterminer la race. Dilemme crucial pour les biologistes, car la descolada mute au fur et à mesure qu’ils découvrent de nouveaux traitements.
Mais un danger plus imminent menace la planète le Congrès Stellaire lui a envoyé une flotte équipée du « Petit Docteur », un désintégrateur capable de la réduire en poussière. Un nouveau xénocide ? Pas sûr, car Ender a encore quelques cartes dans sa manche…

Bon ! Me suis faite encore retournée !

Je pensais qu’on avait épuisé les thèmes de réflexion dans ce troisième opus, qu’on allait avoir juste un bon livre de SF d’action et puis basta. Malheureuse ! Franchement ! Il y a encore eu plus de thèmes développés et franchement, ma lecture fut plus lente parce qu’à chaque chapitre, je me suis mise à cogiter sur tout ce qui a été développé ici.

Tout d’abord, parlons de spiritualité. Orson Scott card va nous parler ici de prophètes, de dieux, de génétique et de TOC. Et en associant tout cela. Autrement dit : que se passe-t-il si un gouvernement insérait dans le code génétique d’un peuple des TOC pour leur faire croire que leur comportement un peu bizarre vienne d’ordres de dieux tout cela pour contrôler leur intelligence supérieure et les asservir comme ils peuvent. Bah voilà ! Ca c’est un seul des thèmes développé dans ce livre.

Autre réflexion, imaginez qu’un virus soit intelligent. Si on veut l’éradiquer, faisons nous de la médecine ou détruisons nous une civilisation ? Et bien là, j’en suis restée comme deux ronds de flanc ! Comment une personne sensée peut elle être amenée à avoir ce genre de questions ? Non mais je me doute qu’il faut se pencher ce genre de questions éthiques mais imaginez si on regarde un virus comme le HIV ? Qui s’adapte, qui tue de plus en plus de monde ? Ce virus est il intelligent par exemple ? Doit on dialoguer avec lui alors qu’il y a des millions de morts ? Je ne sais pas. Mais je n’avais jamais eu ces angles de réflexions. Et je serai curieuse de voir un scientifique se les poser.

Au milieu de tout cela, une réflexion sur l’humain encore et toujours.

On se concentre beaucoup sur Jane et sur Ender. Jane étant une entité informatique. Mais est elle plus que cela ? Car elle ressent des choses, on ne peut pas la débrancher ? Quelle est son origine réelle ? Pourquoi doit elle être toujours reliée à Ender ? De même, pourquoi les Doryphores ont ils réussi à communiquer avec Ender ? Et pourquoi le font ils toujours d’ailleurs ?

Enfin, autre chose, que représente Ender ? Comment est il réellement ? C’est vrai qu’il est tellement vieux, tellement universel en fin de compte qu’on a du mal à le voir en tant qu’homme fragile. Comment pourrait être son esprit ?

Voilà un tome qui a encore suscité plus de questions que de réponses. Mais cela promet un dernier tome réellement passionnant. 

Tome 4 : Les enfants de l’esprit

Présentation de l’éditeur : Les Pequeninos, la reine et les humains de Lusitania sont menacés par l’arrivée de la flotte stellaire qui compte utiliser le  » Petit Docteur « , un désintégrateur moléculaire, pour préserver la race humaine du terrible virus de la Descolada. Seule Jane, l’intelligence artificielle alliée d’Ender, est capable de les sauver, mais son action est menacée par le congrès stellaire.
Quant à Ender lui-même, il doit maintenir toute son attention pour que les enfants nés de son esprit – Peter et Val – puissent mener à bien leurs quêtes respectives : la recherche d’un puissant leader d’opinion susceptible d’influer sur la décision du congrès, et l’exploration de planètes colonisables pour préparer l’exode…

Une tome basé sur la vie et la mort…..

Comme vous l’avez deviné avec la présentation de l’éditeur, Lusitania est grandement menacée par le Petit Docteur, cette machine qui avait détruit la planète des Doryphores. Pourquoi sont- ils menacés ? Tout simplement à cause d’un virus nommé la Descolada. Plutôt que de trouver le moyen d’éradiquer le virus ou de trouver un traitement, ou tout simplement de comprendre comment ce virus a été implanté, les dirigeants interplanétaires se sont dit que de virer la planète et ses populations, ce serait plus sympa. Ces mêmes personnes avaient, bien entendu, fustigé Ender lorsqu’on l’a amené à faire le Xénocide contre les doryphores. Comme vous pouvez le voir, cela annonçait déjà l’ambiance du tome précédent. Autant vous dire que pour Les enfants de l’esprit, cela plombe carrément l’ambiance.

Car en plus de tout cela, ces fameux dirigeants ont coupé les ansibles qui maintiennent en vie Jane, l’entité informatique, alors qu’elle est âgée de milliers d’années et qu’elle pourrait être considérée non pas comme réelle personne mais au moins comme personnalité indépendante.

Enfin, d’un autre côté, on suit aussi les enfants nés de l’esprit de Ender : Val et Peter, qui ne sont pas tout à fait vivants car ils sont des morceaux de la personnalité d’Ender. Or, celui ci est en train de mourir, fatigué qu’il est de sa culpabilité de près de 3000 ans (on comprend sa lassitude).

Vous voyez où je veux en venir. La mort est omniprésente dans ce tome, avec la réflexion de l’hérédité, de ce qu’on laisse aux générations futures. Perdure-t-on réellement à travers cet héritage ou notre mort signifie-t-elle la fin de tout ? C’est en cela que ce tome est réellement intéressant car il démontre l’agressivité innée de la race humaine, qui la pousse à détruire les choses au lieu de les comprendre. Et on peut bien évidemment appliquer ceci à notre histoire actuelle lorsqu’on voit des religions ou des idées différentes de la nôtre. Orson Scott Card nous fait cette disgression formidable qui nous pousse à jeter un regard beaucoup plus global sur notre histoire personnelle.

Un tome qui clotûre bien cette saga, en fin de compte.

Oui car tout n’est pas noir dans ce tome. On montre aussi les différentes intéractions entre les familles, entre les espèces. On se rend compte parfois même avec amusement qu’il est plus facile d’établir des relations entre espèces qu’entre membres d’une même famille. Et j’avoue que c’est une partie qui m’a autant amusée que fait réfléchir.

Ce tome montre enfin les différentes connexions entre tout le monde. Comment on peut s’influencer, que ce soit moralement, religieusement, politiquement. Et c’est ce qui fait totalement le charme de cette saga, c’est qu’elle traite de sujets graves, certes, mais elle touche à tout. On peut réellement dire que ces quatre livres peut vous accompagner tout au long de votre vie car elle décortique entièrement tout type de relations que vous pourrez avoir.

En bref : Un énorme coup de coeur. C’est une saga qui me marquera à vie, je pense. Et c’est tant mieux. 🙂 

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