Brutes dAnthony Breznican (traduit par Mathilde Tamae-Bouhon)

Présentation de l’éditeur : Pittsburgh, années 1990. Saint-Mike est un lycée catholique en perdition. Sa réputation désastreuse l’a transformé en décharge à délinquants et le corps enseignant a depuis longtemps baissé les bras, préférant fermer les yeux sur les agissements de certains élèves qui se livrent à un bizutage sans merci sur les plus jeunes. C’est au milieu de cet enfer que Peter Davidek fait son entrée en première année. Il se lie avec Noah Stein, un garçon plein de ressources portant une mystérieuse cicatrice au visage, et la belle et fragile Lorelei, qui rêve d’entrer dans le clan très fermé des filles populaires. À trois, auront-ils une chance de survivre à ce système scolaire cruel où l’on entre innocent et dont on ressort en ayant fait de l’intimidation et de la brutalité un mode de vie ?

En espérant que ce livre ne vous rappelle pas de souvenirs…..

Et oui, c’est toujours pareil quand on traite de lycée. On espère sincèrement, surtout quand c’est un roman aussi noir, aussi brutal, que cela ne vous ai pas arrivé. J’ai reconnu des personnalités dans ce livre. Des personnalités de mon adolescence. Et peut être me suis je aussi reconnue et pas forcément dans nos trois héros. Et ce qui rend encore ce roman si noir, c’est que ce n’est pas une caricature de ce qui peut se passer éventuellement dans un lycée. Non pas de caricature ici, juste à la rigueur une compilation de ce qui se passe. Réellement. Et on a tous vécu cela.

Oui, les rumeurs à l’école, le bizutage, le raquet, le copinage, le petit copinage, le harcèlement. Prenez n’importe quel environnement humain, avec des adolescents dedans. Vous aurez au moins un cas qui correspond. Et c’est pour cela que Brutes est universel et flippant à la fois. C’est sa tangibilité incroyable. Il est tellement humain.

Qui tirera son épingle du lot ?

Parce que ce roman est atypique, parce qu’on suit trois adolescents, cela ne veut pas dire que ce sont les héros de l’histoire. Personne n’est le héros. Et pour conduire un roman avec comme héros possible tous les élèves d’un lycée, il fallait une écriture assez….   Assez burnée. Allez, on se lâche ! Il fallait une parfaite maîtrise des évènements, des dialogues, des descriptions et des mises en scène. Pour éviter tous les écueils du genre. Et Anthony Breznican a réussi ce tour de passe passe. Et c’était bien joué !

En sommes, ce roman atypique n’aura pas de demi mesure avec vous, avec nous, avec tout le monde. Ou vous l’adorerez ou vous le détesterez. Il déchainera vos passions, quoique vous fassiez. Vous détesterez ce lycée, certains des élèves et vous en adorerez d’autres. Vous vous direz que cela vous rappelle des souvenirs, que vous avez entendu parlé de… Un jour… Par quelqu’un d’autre. Ce livre matérialisera tout cela aussi. Sans tomber dans le mélo, sans tomber dans la caricature. Il est juste, tout simplement.

Merci aux Editions Denoël d’avoir encore pioché juste avec votre envoi

Le dernier jour du Paradis de Robert Charles Wilson

Présentation de l’éditeur : Alors que l’Amérique se prépare à fêter les cent ans de l’Armistice de 1914, un siècle de paix mondiale, d’avancées sociales et de prospérité, Cassie n’arrive pas à dormir. Au milieu de la nuit, elle se lève et va regarder par la fenêtre. Elle remarque alors dans la rue un homme étrange qui l’observe longtemps, traverse la chaussée… et se fait écraser par un conducteur ivre. L’état du cadavre confirme ses craintes : la victime n’est pas un homme mais un des simulacres de l’Hypercolonie, sans doute venu pour les tuer, son petit frère et elle. Encore traumatisée par l’assassinat de ses parents, victimes sept ans plus tôt des simulacres, Cassie n’a pas d’autre solution que fuir de nouveau.

Vous savez, ce petit vieux, souvent un peu fou qui vous parle tout le temps de conspiration ?

J’ai l’impression de voir Léo dans l’Arme Fatale dis donc. Mais oui c’est bien le sujet. On vous dit toujours qu’on est pistés sur les ondes, que le Big Brother n’est peut être pas tellement une légende, que vos données sont traitées et que bientôt, vous n’êtes plus maître de vous même car tout le monde vous regarde. Robert Charles Wilson va encore plus loin dans son raisonnement. Imaginez que ces petites bien sympathiques ne sont pas instruments. C’est une entité ! Et que pour vous atteindre, elle produit des simulacres, c’est à dire des espèces de copies d’humains avec de la matière verte qui vont tenter de vous assassiner.

On se penche donc sur la Correspondance Society, qui est une association de scientifiques et leur famille qui ont dénoncé l’Hypercolonie, qui ont tenté aussi de la combattre. Mais en 2007, un attentat se produit et beaucoup de membres sont morts. Nous suivrons Cassie et son frère Thomas qui sont les descendants de cette société mais aussi leur tante Riss qui elle est un membre plutôt pacifique du groupe. Au travers de ces personnages, nous vivrons le quotidien de ceux qui ne peuvent plus communiquer par les ondes, qui savent que les informations sont truquées et modifiées en permanence. Bref, nous entrons petit à petit dans leur monde de paranoïa

L’univers de ce roman est très prenant

Car on entre de suite dans le vif du sujet. Entre fuites, plans, humains au sang de limace, théories scientifiques, preuves historiques, raisonnement philosophique, pensées du quotidien. Rien ne nous est épargné. Que ce soit dans l’humain que dans l’Hypercolonie en elle même car nous l’étudions « scientifiquement », tout nous est dévoilé et l’on se met à regarder son smartphone de travers et à tenter de vérifier les informations du soir.

J’ai été surprise lorsqu’on me donnait une information de demander si on était sûrs de cela. Car oui, nous faisons maintenant entièrement confiance en nos moyens de communication, ce qui est certes très pratique mais comment peut on savoir si l’on est manipulé ? Moi même, suis je en train de vous manipuler ?

En bref

Un excellent roman d’anticipation, une uchronie… On peut y ajouter bien entendu tous les petits noms que donne la Science Fiction à ce type de roman. Dans tous les cas, je me suis régalée, je me suis sentie happée par ce livre car non seulement il nous sert une bonne histoire, il faut l’avouer. Mais aussi, il nous offre un terrain de réflexion sur le bien et le mal, sur l’humain, sur la certitude de notre savoir. On se demande aussi pourquoi cette Hypercolonie est là. Quel est son but ? A quoi sert il ? Quelle est la liberté des êtres humains ?

Ce sont toutes ces petites choses qui m’ont fait passer un week end incroyable. Merci bien entendu aux Editions Denoel : 4 envois, 4 réussites 🙂

Le clan suspendu d’Etienne Guereau

Présentation de l’éditeur : Un clan haut perché dans les bois. Un ennemi étrange. Seule une jeune fille osera désobéir afin d’échapper à son destin. Ismène vit parmi les siens, dans un village accroché à dix mètres de hauteur. Tous pratiquent des rites immuables et répètent inlassablement Antigone, la tragédie qu’il leur faut connaître sur le bout des doigts. Descendre leur est interdit, car en bas une créature sanguinaire massacre ceux qui s’aventurent sur son territoire… Quand le jeune Hémon décide de contester l’ordre établi, tout bascule. Pour fuir cet univers oppressant et comprendre le sens profond de la tradition qui leur a été inculquée, Ismène va devoir percer le secret qui menace son clan.

Des avantages et des inconvénients de se faire appâter par les Editions Denoël

Parce qu’ils ont une super équipe adorable qui prennent le temps de chouchouter leurs bloggeurs, j’attendais avec impatience, à mon retour des vacances, j’attendais que l’équipe rentre aussi. Coïncidence ? L’équipe de Service Presse était au taquet et me propose de suite deux romans. Je regarde. Et que je vois pas ce livre avec une couverture, certes toute simple, mais tellement jolie (moi femme futile). Et quant au résumé ? Des gens dans des cabanes en hauteur répétant inlassablement Antigone (une de mes pièces préférées). Cela se passe quand ? Qu’est-ce qui arrive ? Tout était là.

Mais voilà, une fois la bête arrivée, je tournicote autours, je me demande toujours s’il va se passer quelque chose (sans lire le livre, vous vous en doutez bien). Je regarde de nouveau la quatrième de couverture qui me laisse dans un flou artistique complet. Je fais style de bouder et je me lis un chapitre comme ça pouf à la volée et je me rends compte que cela n’arrange pas du tout mon problème (bande de petits canailloux)

Un roman qui rend totalement addictif 

Ainsi, de petits dej en petits dej (j’adore lire le matin pour me réveiller), je me rends compte que plus ça va, plus je me prends au jeu de la vie de ces gens dans le Suspend. Ils ont un rituel le matin, ils vivent dans des cabanes dans les arbres et les hommes vont chasser de temps en temps. Il y a des séances d’éducation où on apprend à lire mais aussi des séances de récitation sur la pièce d’Antigone. Et on se demande du coup mais pourquoi cette pièce ? Car tout le monde ici ou presque a un nom issu de cette pièce. Qui plus est, chaque moment de leur vie est en fin de compte tiré de cette pièce car dès qu’ils se posent des questions, ils se réfèrent à Antigone.

C’est comme si la seule source de votre savoir n’était disponible que dans un bouquin. Livre qui n’existe plus mais qui subsiste dans la tradition orale. Et je me dis que l’auteur nous reprend l’obscurantisme en plein et c’est cela qui est très intéressant. En effet, vous avez un peuple qui est en microcosme et en autarcie complète. La première génération étant décédée, la seconde ne fait que ressasser les connaissances digérées de la première. Ainsi, la pièce de théâtre d’Antigone prend de plus en plus d’importance comme vous pourrez le voir en lisant ce roman.

Pour maintenir l’autarcie, une menace.

Ces gens restent en hauteur pas par leur propre volonté. C’est juste qu’en bas, il y a Anne, une espèce de monstre qu’on ne voit jamais et qui tue de gens s’ils sont en bas. Aussi, de temps en temps, les chasseurs viennent. Mais ils sont des traqueurs traqués. C’est dangereux de descendre (même si on n’a pas vu le monstre) aussi, on reste en haut.

Cette promiscuité va engendrer des tas de choses comme la propension des rumeurs à se développer vitesse grand V, à un combat pour savoir qui est le chef, à des connaissances qui vont à reculons. Bref, il n’y a qu’Ismène qui pourrait avoir la curiosité de démêler tout cela. Mais va-t-elle avoir le courage de le faire ? Car il ne faut pas oublier qu’à 13 ans, elle n’est encore qu’une enfant et a beaucoup à craindre des monstres.

En bref, un roman qui vous agrippera totalement, et qui vous projettera dans le Suspend. Un grand merci les éditions Denöel pour cette sélection 🙂

Notre île sombre de Christopher Priest

Présentation de l’éditeur : «Je suis sale. J’ai les cheveux desséchés, pleins de sel, des démangeaisons au cuir chevelu. J’ai les yeux bleus. Je suis grand. Je porte les vêtements que je portais il y a six mois et je pue. J’ai perdu mes lunettes et appris à vivre sans. Je ne fume pas, sauf si j’ai des cigarettes sous la main. Je me saoule une fois par mois, quelque chose comme ça. La dernière fois que j’ai vu ma femme, je l’ai envoyée au diable mais j’ai fini par le regretter. J’adore ma fille, Sally. Je m’appelle Alan Whitman… Et je survis dans une Angleterre en ruine, envahie par des populations africaines obligées de fuir leur continent devenu inhabitable.» Notre île sombre est la version révisée du Rat blanc, une œuvre «de jeunesse» datant de 1971. Se situant dans la droite ligne des romans catastrophe de J.G. Ballard et John Wyndham, Christopher Priest y dresse le portrait ironique d’une ancienne puissance coloniale colonisée à son tour. Plus de quarante après sa première édition, Notre île sombre n’a rien perdu de son pouvoir de fascination. Sa critique de l’arrogance des pays du Nord vis-à-vis de ceux du Sud est plus que jamais d’actualité.







Ou comment j’ai fondu pour la couverture.

Cette illustration d’Aurélien Police est magnifique ! Cest réellement cette couverture qui m’a fait prendre ce livre. Pas que ce soit un grand classique de la Science Fiction. Pas que cela traite de la xénophobie et d’un retour à un Etat naturel plutôt qu’à un Etat de droit. Pas que j’adore l’auteur ou que j’adore ce genre d’histoire. Non, c’est la couverture qui m’a fait battre le coeur à toute allure et j’avoue que mon côté futile a pris le dessus car j’ai eu du mal à le lire tellement j’ai regardé cette illustration.

Parce qu’elle représente quoi ? L’Afrique ? Une partie de la Grande Bretagne ? En tous cas, ce pays est en feu, et il ressemble à un bout de peau qu’on a déchiré. On en voit les veines, on en voit le sang. Et pourtant on voit aussi les explosions. Que ce soit en coup d’oeil rapide ou que ce soit en scrutant le tout, rien que l’emballage est sublime, parfait

Et promis, à un moment, j’ai ouvert le livre.

Promis. Notre île sombre est une réécriture du premier roman de Christopher Priest. C’est une dystopie des années 70 qui s’amuse à imaginer une révolte des Noirs et du coup une supprématie des Noirs. Ce qui veut dire, pour ceux qui ont du mal, que les Blancs se retrouvent comme les Noirs pendant la fin de la colonisation. Tout ceci se passe en Grande Bretagne, ce qui est très symbolique puisque la Grande Bretagne est la pierre angulaire de la colonisation. De plus, la typologie permet aussi d’avoir une situation beaucoup plus angoissante puisque une île apporte ainsi un côté cocon non négligeable. Les insulaire me comprendront.

Ainsi, l’auteur nous passe du présent au passé sans préambule, passe d’un moment à l’autre, de moments de combats, de tortures, de suspense et autres. Il s’amuse ainsi à nous faire perdre nos repères. Il s’amuse à nous faire demander pas si telle ou telle personne est morte mais comment elle est morte et comment on en est arrivé là. Et c’est ça le point à soulever. Comment est on arrivé à des révoltes pareilles ? Comment est ce possible ?

Et vous me direz, c’est le but premier de la dystopie. Et le fait que l’on arrive encore à se poser des questions 40 ans après l’écriture de ce livre prouve qu’il a été très bien rajeuni et qu’il reste, je le maintiens, très déroutant.

Grand merci aux Editions Denoël de m’avoir fait découvrir ce dinosaure de la SF.


Hap Collins et Leonard Pine de Joe Landsale

Tome 1 : Les Mécanos de Vénus

Présentation de l’éditeurC’est en trimant dans les champs au Texas que Hap Collins, petit Blanc au grand cœur, et Leonard Pine, grand Noir homo et vétéran du Vietnam, sont devenus potes. Un sale boulot, bien peu rémunérateur… Aussi, quand Trudy, l’ex-femme de Hap, toujours aussi sexy et manipulatrice, resurgit pour lui faire tourner la tête et l’associer à un gros coup d’un million de dollars, ce pauvre hétéro mélancolique de Hap a bien du mal à résister. Car Trudy est restée la pasionaria du gauchisme écolo qu’il a aimée dans les sixties. Flanquée d’une équipe de vieux activistes issus des Mécanos, un groupuscule proche des Weathermen et du Gang de la clé à molette, elle compte sur ce magot pour financer la bonne cause… Un romantisme révolutionnaire qui se heurte au scepticisme fraternel des deux compères. L’enfer n’est-il pas pavé de bonnes intentions? se disent-ils quand les anciens défenseurs des baleines se mettent à défourailler à tout va. Alors, avant de penser à sauver les gentilles bestioles, Hap et Leonard vont devoir sauver leur peau







Un duo plein de promesses.

La première chose qui m’a attirée avec ce livre, c’est indéniablement la couverture. Ce van a un charme fou, je ne sais pas. Mais il donne très envie de le lire. Et quand je me suis aperçu que c’était un début de saga, petit livre, avec un duo masculin, je me suis dit que cela allait de la pure détente. Un livre de vacances, un livre qui allait me rappeler des épisodes de séries vues à la volée. Et bien ce livre c’est exactement cela. On voit deux potes : Hap Collins et Leonard Pine qui sont potes, qui vivent leurs vies. Il va leur arriver quelque chose – Ici, l’ex de Hap – et une aventure se passe. Et c’est drôle et plein de suspense.

Hap est un peu le bon gars blanc que l’on retrouve dans l’Amérique profonde. Il aime tirer au fusil, il aime une nana qui lui fait tourner bourrique. Il a un pote, Leonard qui lui a sauvé de la mouise plusieurs fois. C’est son pote même s’il aime les garçons. Et ils ont une grande complicité ce qui vous donne des dialogues absolument hilarants



Et sinon ?

Sinon, c’est un bon petit livre d’actions, de surprises, de répliques acerbes et drôles. C’est un petit policier qui se lit très bien, qui vous fait la soirée. Bref. C’est vraiment un livre qu’on affectionne comme le policier, version séries bien sûr, que vous aimez aller regarder. Alors oui, ce livre n’est pas un coup de coeur. Mais c’est loin d’être une déception. C’est un peu un livre doudou, que je sens que je vais ressortir de temps en temps (sauf que là, je crois que ma môman me l’a piqué pour ses vacances) (mais passons, je ne pouvais pas faire une chronique sans parenthèses…)

Mon conseil est que si vous aimez les petits policiers, prenez celui ci. Vous aurez de l’action, de l’humour, de la tendresse et du dépaysement. Un grand merci au fait aux Editions Denoël pour m’avoir appâtée outrageusement avec ce premier tome 🙂

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