La Faute de l’Abbé Mouret d’Emile Zola

Présentation de l’éditeur : Serge Mouret est le prêtre d’un pauvre village, quelque part sur les plateaux désolés et brûlés du Midi de la France.
Barricadé dans sa petite église, muré dans les certitudes émerveillées de sa foi, assujetti avec ravissement au rituel de sa fonction et aux horaires maniaques que lui impose sa vieille servante, il vit plus en ermite qu’en prêtre. A la suite d’une maladie, suivie d’une amnésie, il découvre dans un grand parc, le Paradou, à la fois l’amour de la femme et la luxuriance du monde. Une seconde naissance, que suivra un nouvel exil loin du jardin d’Eden.
Avec cette réécriture naturaliste de la Genèse, avec ce dialogue de l’ombre et du soleil, des forces de vie et des forces de mort, du végétal et du minéral, Zola écrit certainement l’un des livres les plus riches, stylistiquement et symboliquement, de sa série des Rougon-Macquart.


Emile Zola tente de revenir sur le mythe d’Adam et Eve avec cet opus

Lorsqu’on lit le titre de ce livre, on s’attend à un livre extrêmement sombre et pesant. En fin de compte, c’est plutôt un livre léger qui tente de donner un œil neuf. On a l’impression de revenir au mythe de Rousseau et de l’homme naturel. Emile Zola nous prend Serge Mouret, un prêtre, qui suite à un malaise se retrouve au Paradou, une maison où se trouve une jeune femme  dont il tombe amoureux petit à petit. On retrouve beaucoup de descriptions de paysages de jardins, de ballades, de sentiments qui apparaissent en fin de compte assez innocent.

C’est une pause assez libertine, certes, puisqu’on traite de la liaison de Serge avec une femme alors qu’il est prêtre. C’est donc considéré comme une faute puisque c’est interdit par l’Eglise. Mais Emile Zola nous traite le sujet comme si c’était justement un amour pur et innocent, ce qui rend cet opus assez frais et cette histoire d’amour assez belle. Nous avons ainsi la réelle impression de retourner dans le jardin d’Adam et Eve où, dès que le désir inassouvi prend place, un malaise entre les deux personnes s’installe et le péché aussi par la même occasion. Mais nous prenons note que le péché vient surtout du fait de ce que pensent les gens et non l’acte en lui même.

Emile Zola nous montre un peu les travers de l’Eglise à travers cette histoire.

En effet, en parallèle de ce moment d’amour, nous voyons là la vie des paysans et des paysannes qui se comportent comme de vrais animaux en rut. On pourrait croire que c’est assez choquant car on a l’impression que les jeunes hommes et les jeunes femmes font tout pour se retrouver derrière les buissons et que l’Abbé Mouret fait de son mieux pour « rattraper » les choses avec un mariage pour chaque naissance. Du coup, nous avons une description des rites religieux qui est franchement morbide. Nous avons l’impression que chaque personne ne comprend aucun sacrement, aucune messe et que chaque formule latine est faite pour enterrer la nature profonde des habitants du patelin.

Par la même occasion, l’auteur nous décrit l’amour de Serge Mouret, réputé être un saint homme, pour la Sainte Vierge et c’est un amour quasi charnel que nous avons là. Pas du tout l’aspect théologique. On a l’impression que tout amour physique interdit se retransmet dans l’amour de l’icône de la Vierge, ce qui montre que c’est assez malsain du coup. Par opposition, son amour pour une jeune fille paraît beaucoup plus sain, beaucoup plus naturel que son amour pour la Vierge.

En bref, un tome complet, complexe qui traite beaucoup de prêtrise, de religion et de mœurs. Ce qui change de tous ces tomes sur la politique, l’ascension sociale et l’argent. A noter que l’observateur de ce tome est le Docteur Pascal, notre enquêteur de hérédité de la saga.

Pot-Bouille d’Emile Zola

Présentation de l’éditeur :  » Ils restaient, la main dans la main, face à face, sans pouvoir détourner les yeux ; et leurs mains se glaçaient, et leurs yeux s’avouaient l’ordure de leur liaison, l’infirmité des maîtres étalée dans la haine de la domesticité. C’était ça leurs amours, cette fornication sous une pluie battante de viande gâtée et de légumes aigres! « 

Pot-Bouille est comme un livre géant de quincannage dans un immeuble

Les histoires d’immeuble, cela favorise toujours les rumeurs, les petites histoires et autres. Emile Zola a très bien su faire ce récit. En effet, il n’a pas voulu intégrer trop de politique là dedans, il a laissé son écriture à la portée des habitants de l’immeuble.

Pour se faire, il nous prend un membre des Rougon Macquart et l’installe dans cette adresse. On va pouvoir se faire un portrait de chaque habitant, de chaque étage mais aussi de la cohorte des domestiques. Chacun a sa petite histoire, chacun a ses petits problèmes. Les gens se regroupent en étages, en clans.

C’est un véritable microcosmes que nous avons là. C’est un bouillon de personnes qui est très harmonieux. on a l’impression de suivre, une danse, des plans panoramiques des étages, des petites scénettes de théâtre. Emile Zola maîtrise très bien son sujet et on sent qu’il s’est amusé à l’écrire.

Emile Zola nous montre par là l’hypocrisie de la bourgeoisie à son époque.

Dans cet immeuble, donc, nous avons en majorité des bourgeois mais ils ne sont pas richissimes. Pourtant, pour le couple que nous suivons, le but ultime est de marier les deux filles et de caser le fils qui est attardé. A noter que nous retrouverons Séraphin et une de ses sœurs dans la Terre (et j’adore quand l’auteur nous fait ces clins d’oeil). Ainsi, cette famille pingre, filousse et autres font des pieds et des mains pour recevoir du beau monde et marier leurs filles.

Emile Zola nous dépeint une société à la morale complètement décadente. on a l’impression que notre héros couche avec tout l’immeuble, que les filles sont prêtes à entacher leur vertu pour se fiancer et leurs parents à mentir sur la dot pour sceller le contrat.

On note là dedans la classe ouvrière qui elle semble au moins honnête même si elle n’est pas très vertueuse non plus. Mais l’auteur ne s’attarde pas là dessus pour vraiment nous recentrer sur son microcosme.

Le ventre de Paris d’Emile Zola

Présentation de l’éditeur : C’est dans les Halles centrales de Paris récemment construites par Baltard que Zola situe le troisième épisode des Rougon Macquart.
Après  » la course aux millions  » décrite dans la Curée, ce sera la fête breughelienne du Ventre de Paris, sa foule fiévreuse, tourbillonnante et bigarrée, ses amoncellements de victuailles, ses flamboiements de couleurs, ses odeurs puissantes de fermes, de jardins et de marées. Florent, arrêté par erreur après le coup d’Etat du 2 décembre 1851, s’est évadé du bagne de Cayenne après 7 ans d’épreuves.
Il retrouve à Paris son demi-frère qui, marié à la belle Lisa Macquart fait prospérer l’opulente charcuterie Quenu Gradelle. Mais la place de Florent est-elle à leurs côtés ? A-t-il renoncé à ses rêves de justice ? Car si l’Empire a su procurer au  » ventre boutiquier, au ventre de l’honnête moyenne,… le consentement large et solide de la bête broyant le foin au râtelier « , il n’a guère contenté les affamés.

Le ventre de Paris nous montre l’univers des Halles à Paris

Le marché des poissons et une charcuterie. Voici notre décors pour ce nouvel opus des Rougon Macquart. Nous nous attardons sur la vie de Florent qui est un ancien bagnard. Il revient sur la Paris chez son frère qui a épousé une Mouret. Ce sont les parents de Pauline, l’héroïne de la Joie de Vivre.

Nous verrons ces deux milieux : le poisson et la viande qui contient ses rivalités, ses alliances. C’est tout l’envers du décors que vous avez là. Nous avançons donc dans le récit avec des yeux émerveillés je dois dire. Tout simplement car j’aime beaucoup passer à l’envers du décors.

C’est toute une critique de ceux qui veulent faire des révolutions sans fin.

Je vous disais donc qu’on suivait les parents de Pauline, un couple de charcutiers qui a réussi à bien s’intégrer dans le milieu parisien. Leur boutique est assez prospère (comme dans tout début des Rougon Macquart mais ensuite cela se gâte) C’est notre couple témoin qui montre à quel point lorsqu’on travaille et qu’on s’intègre dans le quartier, la vie peut être simple mais heureuse.

Florent, lui est un révolté. Il a été emprisonné par hasard après une émeute. Il dit haut ses opinions politiques et se targue de tout savoir. C’est un révolutionnaire qui est là pour remuer les émois et provoquer le chaos. Il reproche des choses au gouvernement mais il ne pense pas au sang versé à chaque révolution. C’est un inadapté social qui ne se contente que d’émeutes alors que son frère fait tout pour le rendre heureux.

La fortune des Rougon d’Emile Zola

Présentation de l’éditeur : Issus de la paysannerie enrichie, les Rougon portent en eux l’avidité du pouvoir et de l’argent. Une des branches de la famille, les Macquart, sera marquée par l’hérédité de l’alcoolisme, du vice et de la folie. Le coup d’Etat du 2 décembre 1851 entraîne les Rougon dans la conquête de Plassans, la capitale provençale du roman. La haine de l’empereur pousse Silvère, petit-fils de la matriarche, et Miette, sa femme, dans l’insurrection républicaine. De ces passions et de ces fureurs naîtront cent personnages, et celui, aux mille visages anonymes, de la foule et de la collectivité qui préfigure le XXe siècle.

L’origine de la famille des Rougon Macquart enfin sous nos yeux.

La fortune des Rougon est le premier volet de cette immense saga. Nous verrons l’enfance d’Aristide, d’Eugène et de Pascal, ces trois personnages majeurs dans la lignée des Rougon. On peut observer ainsi que leur attrait du pouvoir et de l’argent provient bien de deux personnes : Pierre, le calculateur et le roublard et Félicité, la pingre qui œuvre dans l’ombre.

Comme qui dirait l’autre, l’origine du mal est là ! Nous voyons Adélaïde de plus en plus folle, les Macquart se faire rouler de plus en plus, les Rougon œuvrer eux pour leur bonne fortune. Comme toujours, tout commence par un acte de friponnerie, par un secret. Comme toujours, nous verrons l’enfance de nos héros futurs et nous comprendrons plus les réactions de nos trois garçons. Aristide et Eugène ont hérité de leurs deux parents. Mais de qui a hérité Pascal ??? Sûrement d’Adélaïde d’ailleurs.

En dehors de l’histoire des Rougon, nous voyons le déroulement d’une Révolution.

Deux camps s’offrent à nous. Les Républicains représentés par la jeunesse pauvre et incarnés par Silvère et Miette. Ils sont pleins d’espoir mais ne savent pas vraiment pourquoi ils se battent. Ce n’est pas la faute d’être plein de bonne volonté mais ils sont désorganisés, pas assez instruits et sans réel appui politique à l’instar de l’autre camps qui se bat beaucoup moins bien mais qui sont beaucoup plus influents. Ils incarnent la riche bourgeoisie si prometteuse. A noter toutefois que les Aristocrates s’enfuient bien vite.

C’est ce contexte sanglant qui va nous servir de base car nous verrons les combats avec Sivère et Miette. mais nous verrons aussi les débats de salon avec la maison des Rougon. Et rien que cela, cela vaut la peine d’être lu ^^ 

La Joie de Vivre d’Emile Zola

Présentation de l’éditeur : Près d’Arromanches, dans la maison du bord de mer où ils se sont retirés après avoir cédé leur commerce de bois, les Chanteau ont recueilli Pauline, leur petite cousine de dix ans qui vient de perdre son père.
Sa présence est d’abord un surcroît de bonheur dans le foyer puis, autour de l’enfant qui grandit, les crises de goutte paralysent peu à peu l’oncle Chanteau, la santé mentale de son fils Lazare se dégrade, l’héritage de Pauline fond dans les mains de ses tuteurs, et le village lui-même est rongé par la mer. En 1884, lorsqu’il fait paraître ce roman largement autobiographique, le douzième des Rougon-Macquart, c’est pour une part ironiquement que Zola l’intitule La Joie de vivre.
Car en dépit de la bonté rayonnante de Pauline qui incarne cette joie, c’est l’émiettement des êtres et des choses que le livre raconte. Après Au Bonheur des Dames, grande fresque du commerce moderne, c’est un roman psychologique que l’écrivain propose à ses lecteurs, un roman de la douleur où les êtres sont taraudés par la peur de la mort face à une mer destructrice.

Ceux qui ont tout pour être heureux ne le sont pas

La Joie de vivre, c’est l’histoire des Chanteau. La mère et le père possèdent une rente correcte, une maison au bord de mer et une situation dans la commune. Ils ont des amis, un fils aimant, un chat, un chien, une servante, et enfin une nièce qu’ils recueillent et qui est un amour. Certes, il y a la goutte du père dont tout le monde pense que c’est encombrant mais ce n’est pas insurmontable.

Mais voilà, la mère est aigrie car elle aurait voulu plus d’argent et cela l’obsède et la ronge. La brave Pauline lui donne tout ce qu’elle a mais cela ne suffit pas à la faire aimer. Le père a la goutte mais ne se soigne pas, aussi a-t-il de plus en plus mal. Quant au fils Lazare, non seulement il est pourri gâté donc il devient un puits sans fond, mais il devient de plus en plus fou, devenant ainsi inconstant et dépressif, alors qu’il a une femme douce qu’il aime.

Alors que celle qui ne l’est pas fait tout pour l’être.

L’histoire de Pauline est touchante car cette fille puis femme cherche le bonheur malgré tous les malheurs du monde sur les épaules. En effet, ses parents meurent, elle atterrit dans un  trou perdu, s’occupe de son oncle, supporte sa tante, finance son cousin, se fait voler son fiance et loupe une place en or. Si on pensait que le destin s’acharnait sur personne, vous ne connaissez pas Pauline.

Et pourtant, cette nana, elle a toujours le sourire aux lèvres, profite de chaque instant de la vie. Elle fait tout ce qu’elle peut pour faire le bien autours d’elle. Elle sourit toujours et se dévoue aux autres. En se débarrassant de son avidité héréditaire de l’argent, elle trouve un équilibre, et un bonheur sans pareil dans la dévotion aux autres, malgré justement toutes ces tristesses qui l’assaillent. C’est une vraie leçon de vie en regardant celle qui devient solide comme un roc.

Et pourtant, on ne peut s’empêcher de penser que Pauline serait tout de même vraiment heureuse si elle pensait à elle parfois car sa vie devient une succession d’actes manqués.

La Bête Humaine d’Emile Zola

Présentation de l’éditeur : Le sang exécrable des Rougon-Macquart court dans les veines de Jacques Lantier, fils de Gervaise et héritier d’une lignée maudite. Lantier a assisté au meurtre d’un notable par le chef de gare du Havre. Pour se protéger, la femme de ce dernier, Séverine, le séduit et devient sa maîtresse. Auprès d’elle, et dans les vapeurs de sa chère Lison, sa locomotive, Jacques pense pouvoir conjurer ses pulsions meurtrières, résister à  » la hèle enragée qu’il sent en lui  » à la seule vue de la nudité d’une femme.

Dans ce tome, nous explorons l’amour de la machine

Jacques Lantier est un mécanicien dans le monde ferroviaire et il s’occupe plus particulièrement d’une locomotive appelée la Lison. Avec la Bête Humaine, Emile Zola profite de nous dépeindre le monde des chemins de fer. Nous avons bien entendu tout le groupe qui s’occupe des trajets des trains, les mécaniciens et les conducteurs. Cela nous fait déjà un beau petit monde hiérarchisé même dans la ville. Ainsi, les logements sont attribués en fonction de son rang dans la Compagnie. C’est une micro société dans la société elle-même, un monde à part. En parallèle, nous avons aussi tous ceux qui s’occupent des barrages et des aiguillages qui font signe aux trains car leur maison est tout aussi isolée.

Ce petit monde est donc organisé en fonction des machines et nous nous concentrons quasiment que sur la Lison, la locomotive de Jacques. Cette machine est personnalisée à l’extrême, au point que, grâce au talent de l’auteur, nous suivons les humeurs de la locomotive. En effet, lorsqu’elle est de bonne humeur, le trajet se fait sans encombre, légèrement. Mais lorsque la Lison n’est pas d’humeur, cela se répercute sur Jacques qui argumente avec elle, peste ou supplie.

Ainsi, c’est cette relation homme-machine qui demeure unique, exclusive, magnifique quelque part. Et c’est cette relation que nous montre l’auteur pour mettre en avant les relations compliquées et bestiales des humains.

Mais c’est aussi et surtout une réflexion sur les instincts animaux.

Car oui, ici, les relations entre les hommes paraissent de plus en plus animales. Nous avons tout d’abord Jacques qui est le résultat d’une mauvaise combinaison génétique. C’est le fruit des gènes viciés des Rougon-Macquart. Cette tare se montre ici par les envies de meurtre à chaque fois qu’il voit une femme nue. Cette pulsion ne peut être calmée qu’à proximité de la Lison, sa belle locomotive qui semble être la personne la plus compréhensible au monde.

Et puis nous avons Séverine, l’image même de la femme manipulatrice. Nous découvrons qu’elle a eu des relations quasi incestueuses avec un vieil homme pour avoir une part d’héritage. Pour l’obtenir, elle pousse son mari à l’assassiner. Puis lorsque celui ci dépense l’argent, elle utilise les pulsions de Jacques pour éliminer ce gêneur.

Par cette histoire, Emile Zola nous montre encore une fois la bestialité des gens mais aussi ce cycle infernal que donne la branche des Macquart. Un roman qui, encore une fois, nous montre une partie de la société française du XIX° siècle.

L’Assommoir d’Emile Zola

Présentation de l’éditeur : Qu’est-ce qui nous fascine dans la vie « simple et tranquille » de Gervaise Macquart ? Pourquoi le destin de cette petite blanchisseuse montée de Provence à Paris nous touche-t-il tant aujourd’hui encore? Que nous disent les exclus du quartier de la Goutte-d’Or version Second Empire? L’existence douloureuse de Gervaise est avant tout une passion où s’expriment une intense volonté de vivre, une générosité sans faille, un sens aigu de l’intimité comme de la fête. Et tant pis si, la fatalité aidant, divers « assommoirs » – un accident de travail, l’alcool, les « autres », la faim – ont finalement raison d’elle et des siens. Gervaise aura parcouru une glorieuse trajectoire dans sa déchéance même. Relisons L’Assommoir, cette « passion de Gervaise », cet étonnant chef-d’oeuvre, avec des yeux neufs.

Gervaise ou la jalousie des voisins.
L’histoire de Gervaise est avant tout une histoire de jalousie. Tout débute avec Lantier qui la laisse tomber comme une vieille chaussette et la laisse dans le dénuement avec ses enfants. Mais Gervaise est courageuse, travaille deux fois plus et trouve même l’amour. Là on peut dire qu’elle a tout pour être heureuse mais les voisins et la famille sont là pour la dénigrer et pour l’empêcher de réussir.
Car ce qu’il y a de plus tragique dans l’histoire de Gervaise, c’est qu’à chaque moment de bonheur passé, il semble que le double de malheur lui arrive. Et à chaque double malheur, une dizaine de personnes viennent pour l’enfoncer un peu plus. C’est la provinciale qui ne peut réussir dans les quartiers parisiens. C’est la méchanceté des autres qui ne veulent pas que les travailleurs réussissent sans eux.
En dehors de ce destin tragique, l’analyse de la spirale de l’alcool
L’alcoolisme. Un fléau qui préoccupe beaucoup Emile Zola car c’est un fléau qui empoisonne le milieu ouvrier, si cher à son coeur. Zola fera ce qu’il fait de mieux : il va nous montrer la vérité toute nue : comment on tombe dans l’alcool pour oublier une vie de malchances. Comment l’alcool peut détruire un travail, un foyer, une famille….
L’alcool va détruire Coupeau, l’amour de la vie de Gervaise. Il va l’entraîner dans sa chute, corrompre Nana… Cette fresque de la décadence, cette spirale vers l’enfer va amener une famille d’ouvriers exemplaire à faire le spires choses, à devenir pire que des animaux.

La conquête de Plassans d’Emile Zola

Présentation de l’éditeur : Elle sanglotait.
L’abbé Faujas avait redressé sa haute taille, il s’approcha de Marthe, laissa tomber sur elle son mépris de la femme. – Ah ! misérable chaire ! dit-il. Je comptais que vous seriez raisonnable, que jamais vous n’en viendriez à cette honte de dire tout haut ces ordures… Oui, c’est l’éternelle lutte du mal contres les volontés fortes. Vous êtes la tentation d’en bas, la lâcheté, la chute finale. Le prêtre n’a pas d’autre adversaire que vous, et l’on devrait vous chasser des églises, comme impures et maudites.
– Je vous aime, Ovide, balbutia-t-elle encore ; je vous aime, secourez-moi.

L’observation de la bonne société de Plassans

Il n’y a pas à dire, mais on parle énormément de Plassans dans toute la saga des Rougon Macquart. A en croire l’auteur, c’est l’Endroit In de tout le Second Empire. Dès qu’un personnage important passe, il y fait référence. Forcément, en voyant le titre, je me suis dit qu’on allait s’intéresser à Aristide et à ses débuts. Et bien non ! Cela m’apprendra à oublier mes synopsis.

Religion ? On va parler prêtrise et choses croustillantes? Non, cela sera dans la faute à l’Abbée Mouret. Ici, on parlera politique et religion en regardant la bonne société de la ville. Celle-ci parle de politique, puisqu’elle s’en occupe, du moins les homme. Mais les femmes s’occupent de religion car pour être à la mode, il faut être dévote et s’occuper de charité.

Aussi, Emile Zola va nous montrer l’ascension d’un homme d’Eglise et sa main mise sur le secteur politique, non pas via les homme,s mais via les femmes. En somme, il va nous montrer les péchés de l’Eglise, voire sa perversion (et elle est immense).

Une confusion des sentiments assez révélatrice.

Et oui. Ces femmes délaissées par leur mari, en faisant leurs œuvres ont un sentiment d’importance e tout ce qu’elles n’ont pas de leur mariage, elles l’ont via l’homme d’Eglise. On se bat pour aller à confesse, pour apporter des choses à la paroisse et pour avoir le privilège de se balader avec lui pour chuchoter des projets paroissiaux.

Malheureusement, cette relation n’est pas équilibrée car le prêtre veut recevoir sans donner, provoquant des tensions, jalousies et rumeurs. Ainsi, cette ferveur religieuse se transforme en une espèce de frustration sexuelle malsaine, une perversion imite inavouable. Et l’auteur le montre bien car on parle beaucoup plus des relations des femmes, des gratifications qu’elles peuvent recevoir que de l’action en elle-même du peuple malheureux.

Ainsi, une fresque comme toujours dérangeante, mais en même temps il faut avouer deux choses. La première, c’est qu’on adore cela tellement Emile Zola le décrit bien. La seconde, et ce sera la plus difficile à admettre, c’est que l’auteur pointe un projecteur sur la réalité.

Le Docteur Pascal d’Emile Zola

Présentation de l’éditeurA Plassans, berceau provençal de sa famille, tandis que le Second Empire est tombé depuis deux ans, Pascal Rougon vit auprès de sa nièce Clotilde qu’il a élevée et qu’il adore. Ce sont moins ses patients qui l’occupent que ses recherches médicales, largement tournées vers l’hérédité, et l’histoire des Rougon-Macquart dont il a constitué l’arbre généalogique. Mais ces papiers, sa vieille mère voudrait les voir détruits pour qu’enfin disparaisse toute trace de la honteuse naissance de la famille, et Clotilde commence par prêter la main au complot. Récit de la chute de l’Empire et de la guerre, La Débâcle marquait la première fin du cycle des Rougon-Macquart. En 1893, Le Docteur Pascal constitue la seconde, puisque ici se conclut l’histoire de la famille.

Le Docteur Plassans est le roman qui réunit toute la famille des Rougon Macquart.

En effet, nous sommes en présence de l’ultime tome de la série des Rouhon Macquart. Et pour clore cette saga, Emile Zola va prendre un médecin, Pascal, qui étudie son arbre généalogique de manière scientifique. Dans le même temps, il a élevé sa cousine Clothilde dont il va tomber amoureux.

Mais ici, nous aurons un condensé de la saga familiale puisqu’en reprenant ses notes, Pascal nous fera le lien entre tous ses romans. Nous prendrons ainsi un peu de recul face à ces histoires, ces tranches de vie. De plus, nous observerons à la loupe les différentes tares de la famille. C’est quasiment une analyse génétique que nous avons là, une véritable étude de l’hérédité.

J’ai tendance à identifier Emile Zola lui même au Docteur.

En effet, lorsqu’on voit la passion de Pascal pour son histoire familiale, la manière dont il s’efforce les caractéristiques de chacun, on ne peut que penser à l’auteur et à ce qu’il a dû endurer pour écrire cette vingtaine de romans, les attaques qu’il a dû subir aussi, et surtout ce que ses proches ont dû ressentir face à cette passion dévorante.

Toutefois, Emile Zola, qui au départ à voulu que Pascal soit différent de sa famille, le pousse à être comme les autres : malade, parfois incestueux et surtout malheureux. Mais en même temps, à ne pas vivre pleinement sa vie, en renonçant à tout pour les autres, ne passe-t-on pas à côté de l’essentiel ?

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