Wytches, tome 1 de Scott Snyder, Jock et Matt Hollingsworth

Présentation de l’éditeur : À travers la planète, siècle après siècle, des femmes et des hommes suspectés de sorcellerie furent brûlés vifs, noyés, pendus, torturés, emprisonnés, persécutés, assassinés. Si aucun de ces malheureux n’a jamais été sorciers ou sorcières, ils sont cependant morts en protégeant un terrible secret : celui de l’existence des véritables sorcières. Des entités ancestrales, sauvages et insatiables pour quiconque pactisera avec elles. De nos jours, après un épisode tragique durant lequel leur fille Sailor fut victime de harcèlement, la famille Rooks choisit de déménager et de se reconstruire en paix, loin de cette pénible expérience. Leur proximité avec la forêt environnante va cependant les exposer à un mal plus ancien que l’humanité…

Une palette de tableaux sous mes yeux.

On peut dire d’une œuvre qu’elle est un peu déviante, un peu batcave, un peu horrifique. Bref, un peu. Vous vous souvenez de l’accueil de la première saison de American Horror Story en série télévisée ? Et bien ce comics vous fera le même effet. Chaque plan, chaque image donne plus qu’une simple histoire. C’est un tableau entier

C’est comme si l’auteur avait voulu faire un mélange entre Lovecraft, Salem, le projet Blairwitch et tant d’autres encore parce que je pense que je ne possède pas toutes les références. Comme vous voyez ci dessus, tous les graphismes concernant la forêt sont sombres, froids et inquiétants. Et lorsqu’on se tourne vers l’héroïne, on tombe sur un grain qui fait penser à une vieille pellicule, comme s’il y avait du sépia dedans

Le jeu des couches est absolument époustouflant !

Un graphisme qui sert une intrigue bien complexe.

En effet, c’est comme une histoire de conspiration. Une gamine a été atteinte de harcèlement moral à l’école. Ses parents prennent le plis de déménager. Mais voilà, ils habitent près d’une forêt où il se passe des choses étranges depuis des années et tous les habitants semblent être tenus au secret. La forêt se joue de ses sens mais aussi de son moral, puisque toute sorte de culpabilité en devient exacerbée. On est vite tenu en haleine et on se demande sans arrêt en qui on peut faire confiance, même dans la propre famille de la gamine.

Bien entendu, tout explose à la fin de ce tome et on n’a qu’une hâte, c’est d’avoir la suite, tout simplement. C’est tellement recherché, on en a tellement que ce soit par la vue ou par l’intrigue qu’on a du mal à ressortir de cette expérience délicieuse, quoique dérangeante tout de même un petit peu. Rendez vous donc au prochain tome 😉

The Preacher #1 : Gone to Texas by Garth Ennis and Steve Dillon

Présentation de l’éditeur : A première vue, le révérend Jesse Custer n’a rien de spécial : c’est le pasteur d’une petite ville qui perd lentement ses ouailles et sa foi. Mais il va avoir la preuve irréfutable que Dieu existe vraiment… et qu’Il est un sacré salopard. En un instant, la vie de Jesse bascule à jamais… et il n’aima de cesse de comprendre pourquoi. Accompagné de Tulip, une ex à la gâchette facile, et de Cassidy, un vampire irlandais, le révérend Custer entreprend un voyage qui l’emmènera des tréfonds du Texas jusqu’à une New York amère, et au-delà. Il veut réclamer des réponses au Seigneur tout puissant, mais celles-ci devront être durement gagnées… car le Ciel a envoyé quelque chose d’effroyable à ses trousses. (Contient Preacher #1-7)

Un comics à 300 à l’heure

Waouw. En terme de récit, je pense que je n’ai pas eu de choses aussi sanglantes, aussi rapides, aussi fun que depuis la saga du Boubon Kid ! Sachant qu’en prime, j’avais l’image ! Que dire de ce premier volume ? Premier essai pour moi via l’application Comixology qui m’a permise d’avoir une vue centrée sur certaines cases. Cela fait une expérience de lecture réellement différente et optimisée. De plus, cela m’a permis d’emporter ce comics partout vu qu’il était sur mon téléphone portable. Ensuite, c’était de la VO et croyez moi, après The Preacher, je suis en mesure de proposer une gamme de jurons à caractère religieux impressionnant (la vie est faite de joie simple).

Quant à l’histoire ? C’est très simple. Jesse est un pasteur qu’on aimerait avoir de temps en temps. Il fume, il boit, il va partout en sillonnant les routes à la recherche de Dieu. Il est accompagné de son ex qui est tueuse à gage et d’un vampire. Comment vous dire que tous les ingrédients de ce comics promettaient une lecture plus qu’agréable ?

Des planches magnifiques !

En dehors du fait que l’agencement de tout ce chaos est magnifique et que l’intrigue roxe du poney (mais pour cela, vous devrez en lire un peu plus, bandes de canailloux), il apparaît que nous avons avons des planches qui représentent chaque issue. Et croyez moi, si je le pouvais, je tapisserai ma chambre de chacune d’entre elles. Le jeu des couleurs est splendide ! la coup de crayon est superbe. La colorisation est parfaite ! Rarement j’ai été emballée par tout ceci.

C’est donc un triple bonus pour moi. Tout d’abord parce qu’une lecture VO en comics s’est rarement aussi bien passée, et pourtant on n’était pas loin des 400 pages. Ensuite parce que l’histoire était géniale. J’ai eu le souffle coupé pour chaque rebondissement et j’ai vraiment envie de savoir si Jesse retrouvera Dieu, enfin de compte. Enfin, tous les personnages secondaires ont une réelle contenance et c’est un vrai plaisir. Et le fin du fin, l’expérience de Comixology. Je pense que je passerai de plus en plus par ce canal. 

The Lunar Chronicles # 4 : Winter by Marissa Meyer

Présentation de l’éditeur : La Princesse Winter est admirée par le peuple lunaire pour sa grâce et sa gentillesse. Malgré les cicatrices qui marquent son visage, on dit que sa beauté dépasse de loin celle de sa belle-mère, la Reine Levana. Winter déteste Levana et sait que cette dernière n’approuverait pas ses sentiments pour son ami d’enfance, le séduisant garde Jacin. Mais la jeune fille n’est pas aussi faible que le croit la reine et cela fait des années qu’elle a entrepris de contrecarrer les plans de sa belle-mère. Avec Cinder et leurs alliés, Winter pourrait même avoir le pouvoir de commencer une révolution et gagner une guerre qui sévit depuis trop longtemps. Est-ce que Cinder, Scarlet, Cress et Winter seront à la hauteur pour battre Levana et enfin trouver la paix qu’elles méritent?

Un final digne de la saga !

Alors ? Par où on commence ? Je trouve rarement qu’un tome final soit aussi bon voire meilleur que les autres tomes. Mais déjà, je ne peux pas choisir du tout entre les quatre tomes de la saga. Mais ce quatrième tome est juste superbe. C’est un grand  final de cette quadrilogie autours de réécritures de contes. Aussi, pour ce final, on s’intéresse cette fois ci à Blanche Neige, alias Winter.

L’auteur nous a déjà régalé en faisant constamment référence au conte de Blanche Neige et c’est avec brio parce transposer un conte dans roman de SF, c’est sportif tout de même. Surtout que nous voyons bien que c’est une référence au conte mais c’est tellement bien intégré au récit qu’on ne peut que sourire et attendre la prochaine allusion.

Winter, une princesse qui aurait pu être si parfaite.

Mais elle l’est. N’en doutez pas une seule seconde ! Winter est la belle fille de la Reine Levana (la méchante reine). Sa belle mère ne supportant pas qu’une personne soit plus belle qu’elle : elle s’est mutilée le visage et en porte des cicatrices. Mais cette jeune fille est tellement gentille et aimée du peuple que tout le monde la trouve magnifique. De plus, Winter n’utilise pas son don lunaire pour influencer les gens. Aussi, son esprit en est durement affecté et elle en perd la raison. Autrement dit, l’épisode de la forêt dans le dessin animé, elle le voit tout le temps en fait 😀

Cette princesse reste courageuse et n’espère qu’une seule chose, c’est de pouvoir être assez parfaite pour l’homme qu’elle aime. Elle aspire à ce que les gens  vivent en paix et en sécurité. Et c’est ce qui la rend touchante car elle peut se retrouver dans la pire des situations… Et bien, elle sautille comme Blanche Neige en fait . Et c’est très drôle.

En bref : l’humour, le suspense, le récit, tout ceci est bien présent et c’est un régal à la lecture. Mon seul regret est que cela se termine tellement la saga est de qualité. Personne n’est épargné, personne n’est laissé de côté. C’est ce qui m’a charmé. Et je pense que ma compagnonne de saga : The Chouille l’a adoré aussi. Un must have dans sa bibliothèque !

Vicious by V.E. Schwab

Présentation de l’éditeur (traduction personnelle) : Victor et Eli sont des amis d’université – brillants, arrogants, garçons solitaires qui ont reconnus  la même acuité et la même ambition chez l’un comme chez l’autre. Dans leur dernière année, ils ont fait une recherche commune sur l’adrénaline, les expériences de mort imminentes et similairement, les évènements supernaturels révèlent une intriguante possibilité : en effet, sous de bonnes conditions, quelqu’un peut se découvrir des capacités surnaturelles. Mais quand ils décident d’appliquer leurs théories, quelque chose tourne mal. Dix ans plus tard, Victor s’échappe de prison, déterminé à retrouver son vieil ami, aidé par une jeune fille qui a des capacités un peu spéciales. Dans le même temps, Eli s’est donné pour mission d’éradiquer toutes personne aux pouvoirs supernaturels, aidé d’une étrange femme à la volonté implacable. Armés de terribles pouvoirs des deux côtés, guidés par de mauvais souvenirs et des ressentiments, ces deux groupes vont mener un combat épique. Mais qui restera en vie à la fin ?

De la fantasy urbaine comme on aime en avoir !

Et oui, des éléments de fantasy comme les super pouvoirs, dans un environnement d’actualité, c’est de la Fantasy Urbaine. Donc les histoires de super héros qui combattent des super vilains, c’est de la fantasy urbaine (vous voyez comme je veux vous inculquer des choses en cataloguant de manière très subtile de la fantasy ?). Et déjà qu’avec Shades of magic, j’avais adoré l’écriture, même en VO (de toutes façons, ses romans ne sont pas traduit, éditeurs, si vous me lisez, pitié écoutez mes prières), mais alors avec Vicious. Déjà ce titre, cela vous donne un petit air sadique mais cet histoire de deux savants fous qui de meilleurs amis deviennent les pires ennemis. Là c’est plus du rêve que Miss Schwab nous donne. C’est de l’orgasme littéraire !

Parce que tout y est ! l’intrigue où on se demande franchement où est le passé, le présent, ce qui est bien, ce qui est mal. Le mélange des genres parce que sérieux, Victor n’est pas un preux chevalier. Je me suis demandé pendant la moitié du roman si je ne suivais pas le Super vilain. Après il y a eu débat. L’humour. Parce que les vannes qu’ils s’envoient sont magistrales. Le rythme. Bordel je me demande si une petite adaptation cinématographique…. Et aussi l’univers. Mais oui ! C’est un univers digne d’un Sanderson que nous avons là.

Victor ou Eli ?

Je ne suis pas sûre de pouvoir alimenter deux teams correctement car les deux personnages sont complexes. Eli est le gars qui veut faire sa thèse sur les Meta Humains. Et il en veut le gars. Même qu’il est prêt à faire des expériences animales, humaines. Même un ficus lui suffirait. Victor est le bon pote qui s’aventure trop dans ces recherches. C’est lui qui veut aussi comprendre comment fonctionnement les pouvoirs et comment les avoir (faut pas se leurrer).

Bref, les deux font des conneries. L’un paye, l’autre s’en échappe. Et quand Victor sort de prison dix ans plus tard, il voit les fruits de ses recherches. Et il agit en conséquence. Et même pourquoi pas se sacrifier ou sacrifier d’autres personnes.

Mon conseil ? Si vous commencez ce livre, réservez votre soirée. Et passez un excellent moment.

A darker Shade of Magic by V.E. Schwab

Présentation de l’éditeur (traduction personnelle) : Kell est l’un des derniers Voyageurs, des magiciens avec la rare capacité de traverser des univers parallèles, et il peut choisir dans quel monde il aime vivre. Il y a le Londres Gris, sale et ennuyeux, sans magie, mené par le roi Georges fou. Ensuite, il y a le Londres Rouge, où la vie et la magie sont vénérés et la dynastie Maresh dirige un Empire Florissant. Il y a le Londres Blanc qui est régi par qui a tué celui qui est sur le trône, un endroit où les gens se battent pour contrôler la magie, usant la cité jusque dans ses os. Et puis, avant, il y’avait un Londres Noir, dont plus personne ne parle. Officiellement, Kell est le Voyageur Rouge, l’ambassadeur personnel et le fils adoptif du Londres Rouge, transportant des correspondances mensuelles entre les différentes royautés de chaque Londres. De manière non officielle, Kell est un mercenaire, aidant les gens qui peuvent payer pour de petits artefacts d’un monde qu’ils n’ont jamais vu. C’est un hobby dangereux et cela va lui causer sa perte. Voyageant dans le Londres Gris, Kell va tomber sur Delilah Bard, une pickpocket avec de grandes aspirations qui tout d’abord la détroussé, puis l’a sauvé d’un dangereux ennemi et ensuite l’a forcé de l’emmener vers un autre monde pour une nouvelle aventure. Mais la magie est un élément instable et dangereux, qui peut vous trahir à chaque tournant. Pour sauver tous les mondes, Kell et Lila vont d’abord devoir rester en vie et ensuite déjouer tous les tours qu’on leur joue.


Du bonheur de lire parfois en VO et de la rage de ne pouvoir le partager en VF.

Alors, si une maison d’édition que j’aime et qui m’aime traine dans le coin, ça c’est franchement à traduire et à publier. Victoria Schwab a une écriture ma-gi-que. C’est un régal lorsqu’on lit un peu dans la langue de Shakespeare, de lire ce roman. Elle nous tient par la main (et vous fait évoluer un peu votre vocabulaire, je ne vous le cache pas, il y a du level). C’est un livre magnifique et il me donne réellement envie de lire très vite le second tome.

Je ne pourrai plus vous dire comment j’ai eu vent de ce livre, sûrement en regardant des chaines anglaises ou américaines, ou en parlant à celles qui les regardent. Sincèrement, je ne me souviens plus. Et en prime, je l’ai acheté et en prime, je l’ai laissé trainé dans ma PAL pendant plus de six mois. Et j’ai loupé des choses du coup. Heureusement, vacances en Bretagne sans distraction télévisuelles et autres : j’ai pu en profiter dans le camping le soir et sur la plage dans la journée. Du coup, en deux jours je l’ai dévoré

Cet univers Londonnien était féérique.

Je trouve l’idée de base de créer des Londres parallèles qui sont reliés par ces Voyageurs sublime. Et en plus, l’intrigue est géniale, j’ai eu du mal à trouver le méchant (ce qui est un gage de qualité, croyez moi, je lis pleins de thriller donc mon esprit est bien rôdé). J’ai ri, j’ai pleuré, je me suis inquiété et il faut savoir que la lecture en VO ne vous empêchera pas de vous immerger totalement.

Comme je vous le disais plus haut, l’écriture est totalement féérique. Mais on n’a pas encore parlé des héros. Déjà, un bon héros, pur et dur : Kell. Il vend du rêve celui là. Droit, loyal mais un peu filou quand même. Finalement, il sera vite rejoint par Lila qui sera loin d’être une potiche. Ses rêves de liberté nous portent entièrement et c’est juste une Jack Sparrow qui s’ignore. Enfin, l’univers, c’est juste fou. Et j’ai eu du mal à quitter les différents Londres.

An Ember in the ashes de Sabaa Tahir

#1

Présentation de l’éditeur : Je vais te dire ce que je dis à chaque esclave qui arrive à Blackcliff : la Résistance a tenté de pénétrer dans l’école un nombre incalculable de fois. Si tu travailles pour elle, si tu contactes ses membres, et même si tu y songes, je le saurai et je t’écraserai. » Autrefois l’Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l’empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d’écrire s’expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une esclave, et Elias, un soldat d’élite, vont tout tenter pour retrouver la liberté… et sauver ceux qu’ils aiment.

Un roman mêlant originalité et un peu de classique.

Et oui, je lis les versions anglaises quand les françaises sortent maintenant. Ce qui vous donne une idée du retard que j’ai dans mes lectures VO. Mais passons. Quand j’ai vu l’engouement qu’à eu la youtubosphère anglophone pour An Ember in the ashes, je savais qu’il fallait que je tente le truc. Sans compter la couverture qui était à damner. C’était obligé que je le lise. Même si je l’ai lu lentement pour le coup.

Et donc, l’originalité ici, c’est d’avoir un modèle type Rome antique. Avec un système d’esclavagisme, et un Empire qui est régi par l’armée. Tout ceci dans un univers dystopique, sous un roman young adult. Et pourtant, ce n’est pas du tout edulcoré comme on peut le voir souvent. C’est un roman sombre, dur et cruel. Et nous avons enfin l’alternance de points de vue entre les deux personnages principaux, un issu de la classe militaire, et l’autre issue de la classe pauvre.

Et bien c’était plus que pas mal

Certes, je n’ai pas eu de coup de coeur, parce qu’il y’avait eu des choses que j’ai deviné, que je ne suis pas pour les triangles amoureux, toussa toussa. Mais c’était vachement bien. Vraiment. J’ai été très agréablement surprise par la tournure du récit, par la gestion des personnages, par les dialogues très justes. C’était un régal de lire ce premier tome et j’ai été plus que ravie de faire trainer un peu ma lecture.

A coup sûr, les plus jeunes adoreront car ce roman apporte une belle nouveauté au paysage habituel dans ce type de littérature. C’est agréable de voir de nouveau codes en matière de fantasy (même si nous voyons déjà ce type là en littérature adulte). L’histoire d’amour ne prend absolument pas le pas sur l’intrigue ce qui est du petit lait à lire. J’ai vraiment hâte que le second tome soit entre mes mains, que je connaisse la suite de l’histoire 🙂

Burial Rites / A la grâce des hommes d’Hannah Kent

Présentation de l’éditeur : Dans le nord de l’Islande, en 1829, Agnes Magnúsdóttir est condamnée à mort pour l’assassinat de son amant, Natan Ketilsson. En attendant que la sentence soit exécutée, Agnes Magnúsdóttir est placée en résidence surveillée à Kornsá, dans la ferme de l’agent de sécurité du canton, Jon Jonsson, avec sa femme et leurs deux filles. Horrifiées à l’idée d’héberger une criminelle, les membres de la famille évitent tout contact avec Agnes, qui leur inspire autant de peur que de dégoût. Seul Totti, le jeune révérend que la meurtrière a choisi comme guide spirituel pour la préparer à sa fin prochaine, tente de la comprendre. Alors que les mois passent, contraints de partager le quotidien, de travailler côte à côte cette terre gelée et hostile, le fermier et les siens se laissent peu à peu apprivoiser par la condamnée. Encouragée par le pasteur, Agnes livre le récit de sa vie, de son amour pour Natan, et des semaines qui ont conduit au drame, laissant entrevoir une vérité qui n’est pas forcément celle que tous pensaient connaître. Inspiré de la véritable histoire d’Agnes Magnúsdóttir, la dernière femme condamnée à mort en Islande, A la grâce des hommes est un roman sur la vérité, celle que nous croyons savoir et celle à laquelle nous voulons croire.

Quand l’envie de lire du contemporain vient…..

C’est exactement cela. J’avais vu ce livre en VO, j’ai découvert je pense au moment de mes recherches pour la Chronique qu’il y’avait une version VF et depuis longtemps (comme quoi des fois hein?). Bref. J’avais envie de contemporain. Mais pas genre de la romance mièvre à la française, j’avais besoin d’un truc  un peu plus costaud comme les Beignets de Tomates Vertes par exemple. Cela dit, je n’avais pas envie de lire un Fannie Flag non plus.

Et donc, comme vous l’avez deviné, je suis extrêmement fatiguée en ce moment, en me cherchant pour mes lectures du midi. Car oui, ceci est un livre papier que j’ai pris au boulot (et c’était sportif car j’ai toujours un de mes collègues qui veut me parler de foot. Tous les midis. Genre). Bref, j’ai pris celui là parce que le titre m’avait happée. Et puis c’est un roman écrit par une Australienne mais à la Nordique. C’est inspiré de faits réels. Y’a pas de romance mièvre. Qu’est ce qui pouvait me retenir de le lire, franchement ?

Hannah Kent a réussi à nous transporter en Islande et au XIX° siècle.

Ce roman se situe en Islande, au XIX°siècle et en hiver. Alors laissez moi vous dire que si vous êtes claustrophobe, facilement déprimé ou en Islande en plein hiver (au choix), évitez ce roman. Car Hannah Kent, dans sa narration, dans ses prises de position envers les personnages, dans son alternance de points de vue, arrive à vous faire littéralement voyager, dans l’espace et dans le temps. C’est à un point qu’on pourrait en ressentir les odeurs. Et j’avoue que rien que pour cela, le roman vaut le coup.

En effet, Hannah Kent a cette justesse des personnages, cette justesse des dialogues. La pression monte en crescendo tout le long du livre et c’est juste magique. Je n’ai pas d’autres mots pour décrire tout ceci. C’est un grand roman nordique même s’il n’est pas écrit par une nordique. Et je pense que rien que cet exercice vaut le coup de lire ce roman.

Agnes va bouleverser vos vies.

Agnes, dont je tairais le nom de famille parce que c’est compliqué à écrire, va être exécutée pour meurtre. Mais comme c’est un petit hameau et qu’il n’y a pas de prison, elle va atterrir dans une petite ferme en attendant la date de son décès. La famille qui va être obligée de la recueillir va être terrifiée de l’avoir sous son toit, fantasmant sur une meurtrière qui va les égorger pendant la nuit. Agnès, elle, n’a plus aucun espoir et est dans un état dépressif avancé. Toutefois, elle travaille pour cette famille, et au fur et à mesure des semaines, cette famille va se rendre compte qu’ils ont déjà rencontré Agnès. Il va y avoir une humanisation de la meurtrière. Des liens vont se créer, Agnès va raconter son histoire et on peut dire que la vie renaît, jusqu’à l’exécution de cette femme.

Et c’est cette humanisation qui va vous bouleverser, qui va vous retourner. Car du mal absolu, on passe à une femme qui a été réduite à ôter la vie de quelqu’un par la force des choses. Et pourtant, on ne pourra pas aller contre le jugement. On ne pourra plus rien faire et c’est ce qui va rendre triste beaucoup de monde car cette famille va apprendre à Agnès à vivre heureuse tout simplement.

En bref, un roman à lire absolument. Ne serait ce que pour le flot d’émotions qu’il va déverser en vous.

Poisoned Apples : Poems for you my pretty by Christine Heppermann

Présentation de l’éditeur (traduction personnelle) : Chaque petite fille a une phase princesse, qu’elle veuille devenir Blanche Neige ou Cendrillon, Belle ou Arielle. Mais lorsqu’elle grandit, elle se rend compte que la vie n’est pas un conte de fée. Christine Heppermann, au travers de ses poèmes, met en corrélation conte de fée et vie d’une adolescente moderne. C’est un livre puissant et provoquant à mettre dans les mains de toutes les femmes. La cruauté ne vient pas seulement des belles mères mais surtout de nous même. Ce sont des pressions, des jugements det des critiques. Nos doutes et nos confiances. Mais il y a aussi les amis, les soeurs et le pouvoir de chaque mot qu’il ou elle pourront nous dire. En utilisant le biais des contes de fée, l’auteur découvre comment les jeunes filles apprennent à penser par elles même, à accepter leurs corps mais aussi leurs amis. 

Mais que dire  ?

A part vous dire que passer mon petit déjeuner à lire ces poèmes, que j’ai ri, que j’ai presque pleuré, que je suis passée par une gamme d’émotions incroyable, et tout ceci avec des poèmes. Que la plume de l’auteure est juste, qu’elle vous retournera dans tous les sens et tout ceci pour vous armer dans ce mondes de brutes. Non, je n’avais pas envie de sortir de chez moi, j’avais envie de rester avec mon livre, parce que lui était sympa.

Alors, amoureux des poèmes, et qui plus est, amoureux de la VO. Procurez vous ce livre de suite. Parce qu’à travers ce background de contes de fée, c’est la vie réelle dans toute sa cruauté qui est observée et analysée. Certes ce livre vous évade mais il vous met résolument les pieds sur terre !

Et c’est ainsi que vous voyez la naissance d’un livre de chevet, car déjà face aux petits moments du quotidien, je me suis rappelée un des poèmes et j’ai souri parfois franchement, parfois jaune. En effet, j’aurai tellement aimé l’avoir adolescente. Il aurait été mon compagnon de route, mon confident.

Je n’écris rien non pas parce que je n’ai rien à en dire, c’est que je veux que vous gardiez la primeur de ces poèmes. Je n’écris rien non pas parce que je ne ressens rien, mais parce que ce recueil est complet, que je le donnerai aussi à ma fille et que je pense sincèrement que c’est un diamant brut. Alors, allez y, foncez 🙂

The archived by Victoria Schwab

Présentation de l’éditeur ( traduction personnelle) : Imaginez un lieu où tous les souvenirs de nos êtres chers sont « stockés » comme des livres. Chaque  corps est une histoire à raconter, un livre que seulement les libraires pourront lire. Les morts sont appelés les Histoires et la réalité où ils sont est appelées l’Archive. Da a formé Mackenzie Bishop il y’a des années quand elle avait 12 ans. Celle-ci était effrayée mais déterminée à prouver sa valeur. Maintenant, Da est mort et Mac a grandi dans son enseignement : elle est devenue une gardienne dont la tâche est d’empêcher les Histoires violentes de s’échapper des Archives. A cause de sa tâche, elle doit mentir aux gens qu’elle aime et elle a constamment peur de mourir. Devenir un gardien n’est pas seulement dangereux, c’est un rappel constant de ce qu’elle a perdu. La mort de Da était déjà assez difficile mais maintenant, son petit frère est décédé aussi. Mac commence à se poser des questions sur la différence entre vivre et mourir, dormir et marcher. Dans les Archives, les morts ne doivent jamais être dérangés. Mais depuis quelques temps, quelqu’un s’amusent à altérer les Histoires, effaçant les chapitres les plus importants. Avant que Mac puisse résoudre l’énigme, les Archives sont en train de s’effondrer.


Un livre qui commence lentement.

J’avoue que la première moitié du livre, on ne savait pas trop où on allait avec la Ptitelfe. Oui, autant tout vous dire de suite, c’est à cause d’elle que j’ai acheté le livre (à la suite d’une conversation très tard le soir qui a abouti sur une commande) mais qui pensait aussi que c’était bien qu’on le lise. Nous commençons donc le petit bazard, je me dis que la traduction va être finger in the noze car c’est du jeunesse. Mais que Nenni ! L’auteur a en effet un univers si complexe que nous nous sommes arrêtées sur des mots pour en réfléchir sur le sens profond. Alors oui, cela prend du temps, mais j’avoue que quelque part, nous nous sommes réellement mis dans la peau de traductrices pour mieux apprécier ces passages.

Alors oui, la première partie est longue. Il y a la présentation des personnages, des sauts de puce dans le passé et un temps fou (mais nécessaire) pour nous montrer comment se porte Mac. Quel est son état d’esprit aussi. Et cela n’est pas facile car cette adolescente se bat sur plusieurs fronts : elle a une mère qui tente d’oublier par tous les moyens son fils cadet qui vient de mourir. Pour alléger sa peine. Elle ouvre une espèce de coffee shop et tout le monde met la main à la pâte en déménageant dans un vieil immeuble. Qui dit vieil immeuble dit beaucoup d’Histoires que Mac va tenter d’apprivoiser au travers de son métier clandestin : Gardienne d’Archive. Ainsi, elle doit faire face à la volonté de sa mère d’oublier la mort alors qu’elle doit préserver la mémoire de ces morts. Vous voyez un peu le bins ?

On se prend vite d’amitié pour cette héroïne qui se ronge littéralement de ne pouvoir rien dire à ses parents, de devoir constamment leur mentir. Elle doit aussi prendre beaucoup sur elle pour que ses parents puissent faire leur deuil, elle le sien et continuer sa mission. Plus on avance et plus on se sent seuls avec elle. C’est un peu comme si un poids se mettait sur nos épaules.

Dans un second temps, tout s’enchaîne

Et puis, passé et présent se mélangeant, l’intrigue évoluant bien, l’ambiance étant posée (et c’était franchement utile), ce roman devient un vrai page turner. On est loin de l’usine à question, on fonce, on veut découvrir qui met à sac les Archives et on a la hargne. Parce qu’on veut que Mac s’en sorte et qu’on sent qu’elle est sur la sellette constamment, parce qu’elle risque sa vie alors que c’est presque une gosse et que ce n’est pas non plus une super héroïne.

Bref, ce roman vous happe dans tous les sens du terme. Malheureusement, je ne suis pas sûre de l’avoir lu au bon moment. Je suis passée à côté de certaines choses uniquement parce que j’étais fatiguée. Mais heureusement, ma copinaute était là, et certes, on l’a laissé traînouiller  longtemps celui là. Mais quelque part, cela nous a fait du bien.

Pour l’avis de Ptitelfe, vous cliquez

Aristotle and Dante discover the Secrets of the Universe by Benjamin Alire Saenz

Présentation de l’éditeur (traduction personnelle) :Aristote est un ado en colère parce que son frère est en prison. Dante est un je-sais-tout qui a un regard inhabituel sur le monde. Lorsque ces deux là se rencontrent à la piscine, ils semblent n’avoir rien en commun. Mais alors que les deux solitaires commencent à passer du temps ensemble, ils découvrent qu’ils partagent une amitié particulière, le genre qui change toute une vie. Et c’est à travers cette amitié qu’Ari et Dante vont apprendre les plus importantes vérités sur eux même et sur le genre de personnes qu’ils voudront être plus tard

Quand ma femme me dit de lire un truc ….

Et oui, Aristotle and Dante, c’est typiquement le genre de livre que je n’achète… Pas. Mais c’était sans compter Ptitelfe qui avait décidé que je le lise lors de notre dernier SWAP (on se demande qui porte la culotte entre nous deux) avec un mot à peine discret genre : tu le lis très vite ou tu décèdes de ta vraie mort tu vois. Donc, forcément, je me suis dit que je n’allais pas la faire mariner plus longtemps (forcément avec un message par semaine qui me demande si je l’ai lu, je ne vous dis pas l’augmentation de la fréquence pendant la lecture).

Bref, des histoires d’adolescents, je ne cours pas après. Mais non je ne dirai pas que c’était avant parce que je ne courrais toujours pas après. Par contre, la plume de Benjamin Alire Saenz, j’apprécie énormément, surtout en anglais. C’est un régal à lire car ce sont des phrases courtes et surtout ce mec a une notion du dialogue qui est époustouflante. C’est vrai ! Nombre de fois où lorsqu’on lit une discussion dans un bouquin, cela sonne faux. On a envie de contacter l’auteur en leur disant qu’on parle pas comme ça chez nous. Là, j’ai eu l’impression de me voir 15 ans en arrière avec mon meilleur ami lorsqu’on discutait de notre voix éraillée et j’ai eu aussi l’impression de revivre certaines discussions actuelles avec certaines personnes qui me poussent à lire des livres (voyez de qui je veux parler?).

Aristotle and Dante, des ados comme on les aime.

Car oui, ce sont des Good Boys. Ils sont cultivés, ils aiment lire, faire du sport. Ils veulent se trouver un boulot et être bien dans leur famille. Aristotle est le petit dernier de sa famille. Son père a fait la guerre et depuis se referme comme une huître. Ses deux soeurs sont déjà mariées et son frère est en prison. Mais il n’en sait pas plus, du coup, cela le perturbe et il aimerait entamer un dialogue avec ses parents pour dénouer ces secrets.

Dante, lui, c’est Dante. Il aimerait passer son temps avec Ari, faire des bêtises de son âge, avoir du bordel dans sa chambre et trouver un sens à sa vie en ayant une peur bleue de décevoir ses parents.

Enfin, quant aux parents, que ce soient des deux côtés. Et bien, ce sont deux familles avec leurs qualités et leurs défauts. Mais ce sont deux monstres d’amour pour leurs adolescents. J’ai d’ailleurs pris des notes pour les miens dans 7 à 8 ans (autant prendre le bon modèle quand c’est possible).

De la découverte des secrets de l’univers.

Cela vous intrigue, n’est ce pas ? Et bien moi aussi. Et pourtant, je me suis laissée entièrement portée par le récit. De cette plume fluide de l’auteur, de tout ce qui en a découlé. Les émotions glissent en nous, nous frôlent sans pour autant nous malmener. Ce n’est pas forcément un livre qui va vous changer la vie, c’est un livre qui parle de tout le monde, d’une histoire en particulier qu’on est contente de vivre, de lire tout au long des pages.

Ce livre, c’est une caresse, une bouffée d’oxygène pendant ma pause du midi car j’ai énormément ri avec ces deux p’tits gars. Ils m’ont fait beaucoup sourire aussi. Quelque part, je pense, j’ai aussi jeté un regard affectueux sur mes 15 ans, mes certitudes, mes doutes et sur mes découvertes du secrets de l’univers. Car soyez en sûrs, j’en découvre encore certains aujourd’hui.

Pour voir la chronique de celle qui porte (encore) la culotte (mais promis, un jour, je vais me rebeller. Mais pas aujourd’hui, aujourd’hui on a lecture commune), c’est par

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