Le Petit Prince d’Antoine de Saint Exupéry

Présentation de l’éditeur : J’ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement, jusqu’à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans. Quelque chose s’était cassé dans mon moteur. Et comme je n’avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C’était pour moi une question de vie ou de mort. J’avais à peine de l’eau à boire pour huit jours. Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J’étais bien plus isolé qu’un naufragé sur un radeau au milieu de l’océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m’a réveillé. Elle disait : …  » S’il vous plaît… dessine-moi un mouton ! « 
– Hein!
– Dessine-moi un mouton…
J’ai sauté sur mes pieds comme si j’avais été frappé par la foudre. J’ai bien frotté mes yeux. J’ai bien regardé. Et j’ai vu un petit bonhomme tout à fait extraordinaire qui me considérait gravement.

Quand votre coeur rate un battement le temps d’un livre….

Le Petit Prince est réellement le livre qui a marqué mon enfance. Dessine un mouton est pour moi aussi une petite phrase un peu mantra chez moi qui est dite à chaque fois que je dois imaginer ou réaliser quelque chose en pure créativité. On peut dire ainsi que c’est un des livres qui a profondément marqué mon enfance et qui continue à me marquer aujourd’hui. Et pourquoi? Certains diront que ce n’est qu’un conte, voire un conte philosophique mais ce petit livre avec ses aquarelles assez naïve. De plus, il commence un peu à vieillir ce Petit Prince. Il a plus de 60 ans maintenant, en effet.

Mais voilà. C’est un livre qui parle du coeur. C’est un livre qui a inspiré énormément d’autres histoires. Il fait parti des incontournables du genre et mes enfants commençant à grandir, il fallait au moins une petite édition à leur âge, la mienne étant toujours dans ma chambre chez mes parents (et je pense qu’elle ne bougera pas, tant ce livre m’évoque l’enfance).

Le Petit Prince, c’est chaque petit enfant en nous confronté au monde des adultes.

Déjà quand j’étais petite, ce n’était pas facile parce que les parents, ils ont toujours des choses à faire, du temps qui file, des obligations et des idées assez terre à terre. Or, quand on est enfant, on a envie de prendre son temps, on a envie d’imaginer des tas de choses, même si on ne peut pas forcément les réaliser. En ce moment, je le vois avec mes monstres qui dessinent des machines ou qui imaginent des décorations que ce soit pour la chambre ou pour la maison tout entière.

Et quand je vois le monde avec mon expérience d’adulte, je vois toujours ce décalage entre mes obligations quotidiennes et mon âme d’enfant qui a toujours envie de créer, de s’amuser et de s’émerveiller. Et encore, j’ai eu de la chance d’avoir des parents qui sont de grands enfants. Aussi, ils ont toujours développé ma sensibilité, ils ont toujours laissé de la place pour tout ce qui se passait dans ma tête. Et c’est aussi ce que j’ai envie de préserver pour mes enfants maintenant.

Le Petit Prince montre aussi que les enfants sont sérieux.

Ce qui rend attachant ce Petit Prince c’est que c’est un enfant, certes, mais on se rend compte que les enfants ont aussi des sentiments de grands. Ainsi, lorsqu’un enfant se sent seul, lorsqu’il perd une amitié, lorsqu’il est déçu par une personne, il souffre autant voire plus que les adultes. Idem pour les bons sentiments comme la découverte de l’amitié, comme la découverte de l’amour.

L’important, ce n’est pas de préserver ses sentiments. L’important, c’est de les avoir éprouvé. Mais lorsque nous sommes adultes, lorsque nous avons des enfants, il faut savoir tout simplement soutenir cet enfant – qu’il soit en nous ou à côté de nous – pour traverser ce moment.

La Peste d’Albert Camus

Présentation de l’éditeur : Oran est victime de la peste. Les autorités de la ville décident de fermer ses portes pour éviter la propagation de l’épidémie. Dès lors, la population s’organise pour faire face au fléau, qui de jour en jour prend des proportions monstrueuses. Six personnages vont agir, chacun à leur manière, face à la peste. Le docteur Rieux et Tarrou vont s’investir pleinement dans l’organisation sanitaire de la ville. Rambert, un journaliste de passage à Oran, voudra d’abord quitter la ville par tous les moyens, puis pris de compassion rejoindra Rieux et Tarrou dans leur lutte. Grand, employé à la mairie, participera également à cet effort. Cottard quant à lui profitera de la détresse de la ville pour mettre sur pied un marché noir.Après près de dix mois de quarantaine, la ville d’Oran ouvre à nouveau ses portes. Rieux apprend par télégramme la mort de son épouse, Rambert retrouve la sienne, et Cottard sera arrêté par la police.

Nous sommes ici dans un véritable journal intime de la Peste

Oui, je sais, avec mon phrasé habituel, on se demande un peu ce que je voulais dire. Mais l’intention est là. Ce livre parle d’une épidémie de Peste qui s’est déroulée à Oran dans les années 40. Elle a duré quelques mois, presque un an. Au début, on pense que l’on va suivre l’année de quelques protagonistes pendant la Peste mais pas que. La maladie, ici, est personnifiée à l’extrême, par le jeu de style de l’auteur, ce qui fait qu’on a l’impression qu’elle est là, telle une présence malfaisante qui a ses réactions propres face aux réactions des habitants d’Oran et qui a un réel cycle de vie.

Ainsi, nous observerons les réactions de la maladie : lorsqu’elle s’étend, lorsqu’elle s’essouffle. On voit les différentes batailles que font les docteurs Rieux et Tarrou contre elle, mais aussi les différents stratagèmes politiques (je pense à la mairie) pour gérer ses effets. Enfin, certaines personnes vont agir « avec la Peste » et d’autres « contre la Peste ». Et pour finir, nous verrons les différents mouvements de la maladie tout d’abord au nombre de morts, mais aussi au mouvement des rats dans la ville.

Une véritable analogie avec la guerre

Camus ne s’en cache pas et d’ailleurs, tout le monde en parle, et surtout, c’est pour cela aussi qu’on lit ce roman. La maladie est la personnification de la guerre, ce qui nous est montré avec une multitude d’indices. Alors pourquoi en parler alors que tout le monde en parle ? Bien entendu, le fait de ne pas en parler dans une chronique, je me sentirai un peu… Voilà quoi. Je dois en être à ma cinquième lecture de la Peste, j’adore relire les Camus. Si je ne parle pas d’un de ses thèmes dans un livre, surtout un qui se voit gros comme une maison, et bien, je n’apprécierai pas ma chronique.

La force de cette analogie dans cette œuvre, selon moi, ce n’est pas tant les indices matériels donnés : l’année 1940, la quarantaine, le marché noir, le parcage des habitants dans certains lieux publics (rappelons que la rafle du Vel d’hiv est vraiment frais dans la mémoire de l’auteur) et le rationnement de la nourriture et des soins. C’est surtout cette véritable étude comportementale d’Albert Camus sur les gens en temps de guerre, transposée sur une épidémie de Peste.

Et bien, au bout de 5 lectures, j’en apprécie encore chaque mois et j’en reste surtout encore sous le choc. Là se trouve la force de cette auteur. Alors après, devez vous le lire ou non? J’ai envie de vous dire oui parce que c’est un de mes livres chouchous, que je tringballe depuis mon adolescence, il fait partie d’un des livres qui m’a fait aimer la littérature et les classiques. Alors, faites attention aussi que le vocabulaire a un tout petit peu vieilli. Mais en même temps, si vous lisez un classique, je me dis que vous vous y attendez aussi. Donc que vous dire à part qu’il est court et que donc, si vous ne l’aimez pas, ou vous me le posez dans un coin ou vous le finissez vite. Dans tous les cas, c’est une oeuvre incontournable à découvrir. De toute urgence.

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